Mac DeMarco – This Old Dog

Mac DeMarco – crédit photo : Coley Brown

Difficile de ne pas faire la comparaison facile entre l’évolution de la musique de Mac DeMarco et l’évolution du personnage. La tâche la plus ardue au moment d’évoquer un nouvel album de Vernor Winfield McBriare Smith IV est de ne pas se laisser aller à s’essayer à une rapide analyse psycho-sociologique du mec, d’en rester purement et simplement à la musique et de ne pas se laisser influencer par tout l’univers créé autour de lui dans la sphère digitale.

Tout doucement en train de se mythifier auprès des amateurs d’indie et de Lo-Fi, cette version 2017 du Dude Lebowski échappe à toutes les descriptions, évite tous les clichés de par une attitude « Keep it Simple » ultra-revendiquée et une pleine conscience de ce qui plaît chez lui : un mix entre un Johnny Knoxville farceur, authentique et imprévisible et un Jack Johnson que tout le monde aime. Il sait aussi ce qu’il n’est pas, impossible de le voir faire du Dylan, de voir quelconque soupçon de politisation dans ses couplets, inconcevable de voir chez lui des accents moralisateurs. Pas de prétention non plus sur ses facultés à jouer tous les instrumentaux sur tous ses disques. Le pape du chill vole au dessus de ces futilités, et tout le monde adore ça.

La voix forcée et les arrangements un peu douteux de « Rock&Roll Night Club » ont, au fur et à mesure, via « 2 », laissé place à l’album plus catchy étant « Salad Days » pour arriver avec « This Old Dog » comme étant l’aboutissement (provisoire?) de sa balade musicale.  Au fil de cette évolution, on perçoit clairement les constantes indéboulonnables : une rythmique aussi relaxante et envoutante qu’aboutie, une voix douce et légère qui chante les aventures personnelles qui peuvent pratiquement s’appliquer à tout être normalement constitué. Ses paroles de Teenagers se sont transformées en thématiques beaucoup plus classiques : la famille (Sister), les amours (Baby you’re out), les ruptures (One Another, For the first time), la relation avec son père (My Old Man) et le passage à l’état adulte (Dreams from Yesterday).

Ce qui pourrait sembler très banal et fort douteux chez tout autre artiste paraît comme naturel et attirant pour le Canadien. On a beau vouloir en faire un meme d’internet, un clown de service, un fainéant ultime, une caricature de la jeunesse actuelle, un buveur de pintes et un fumeur de cigarettes, le nouveau chouchou de Captured Tracks endosse avec brio chacun de ces costumes, pour s’en défaire aussitôt, ne laissant à personne ni le temps, ni l’occasion de s’en plaindre.

Au Pukkelpop en août et en novembre à l’AB, n’hésitez pas à aller voir votre futur nouveau meilleur pote se dandiner sur scène.