Mountain Bike – Too Sorry For Any Sorrow

Mountain Bike – crédit photo : Boris Görtz

Aborder une chronique de Mountain Bike est un plaisir. On ne cause pas ici d’un groupe (pré) formaté. Mais bien d’une bande de potes que la passion de la musique rassemble. Tels de bons brasseurs, les quatre garçons ont pris le temps de nous concocter une deuxième recette après le premier album éponyme. Le brassin est testé à de multiples reprises à Rumes. C’est là que Stefano, Étienne, Aurélien & Charles-Antoine ont pris leur quartier pour enregistrer les dix titres de Too Sorry For Any Sorrow. Le résultat est un équilibre judicieux entre rock garage, surf rock et pop brillante aux notes 90’s. Il faut créditer le groupe d’une affection pour des artistes variés comme Jay Reatard, Pavement, Graham Coxon, Mac DeMarco ou les Fountains of Wayne. Et cela s’entend sur cet album où Mountain Bike a soigné le son. Le « home made » dans la production obtient une mention « pro ». On prend du plaisir à écouter des tracks comme Future Son, This Lonely Place, You’d Better Let Go et l’efficace Good For Nothing.

A cette heure, les garçons ne pensent qu’à défendre sur scène ce second opus abouti. Leurs racines musicales assumées, c’est à travers toute la Belgique que Mountain Bike viendra présenter Too Sorry For Any Sorrow. Notons d’ores et déjà des dates : le samedi 25 mars au Reflektor à Liège, le 6 mai aux Aralunaires à Arlon, le 20 mai au Cirque Royal de Bruxelles & le 22 au Het Depot de Leuven.

Mountaine Bike nous a accordé un interview. C’est Étienne qui s’y colle. On remercie en passant Humpty Dumpty et This Side Up.

Quelles sont vos attentes avec la sortie de ce deuxième album?

Un 2ème album c’est l’occasion pour nous de s’affirmer en tant que musiciens, de montrer une autre facette de notre groupe. J’espère qu’on pourra tourner, faire pleins de concerts et surtout qu’il permettra de sortir un 3ème!

This Lonely Place ou Good For Nothing, par exemple, témoignent d’un sens de la mélodie et d’un équilibre chant/guitares/basse/batterie. Quel est le parcours de Mountain Bike pour en arriver à Too Sorry For Any Sorrow? Quelles sont les influences et les racines musicales de chaque membre?

Cet album a été fait à la campagne à Rumes (Tournaisis), enregistré par Aurélien. On y a tous mis nos tripes. On a pris le temps de se tromper, de se poser les bonnes questions, de prendre des directions artistiques au fur et à mesure des différents processus d’enregistrement des chansons. Pour ce qui est de la composition, il y a des morceaux comme Good For Nothing, par exemple, qui sont écrits depuis près de 3 ans, on les a rodés en concerts, fignolés en répétition. D’autres comme An Escape Plan ont été composés en 2 répètes, enregistrés en 24h et arrangés en 1 après-midi. On a fait attention à laisser chaque morceau se fabriquer naturellement sans trop d’artifices en fait. Après l’enregistrement, Aurélien a accompagné Staff Verbeeck au mixage. Et je pense que nos influences 90’s se sont bien révélées. Quand on s’est réécouté, on a pensé à Pavement, Daniel Johnston, par exemple, Aurélien aime bien faire sonner ses guitares à la manière de Graham Coxon. Pour Charles, je crois qu’il aime beaucoup les batteries qui sonnent comme sur l’album Harvest de Neil Young, ou comme celle de Ringo Starr. Mais dans l’ensemble, c’est vraiment un mélange de plein d’influences. Les basses de Stefano semblent plus épurées qu’auparavant, elles sonnent plus à la Ramones pour les morceaux un peu rudes. Et en même temps très mélodiques sur les morceaux calmes un peu comme Colin Greenwood de Radiohead. Pour ma part, je reste un grand fan d’Ok Computer. J’ai tendance à le voir partout. Par ailleurs, on retrouve toujours une bonne dose de garage à la Jay Reatard. Ça nous permet de garder une ligne assez mélodique sur des morceaux punk. En gros, ce que l’on a enregistré et mixé, on a tout travaillé de sorte que cela serve chaque morceau. Les influences viennent à l’esprit quand on réécoute les tracks.

Quelle est l’origine de l’art-work avec le mouton?

C’est Charles-Antoine qui avait trouvé cette photo de Laurent Grenier. On a eu beaucoup de mal à choisir. Heureusement, Boris Görtz nous a aidé à rassembler toute ces idées. On s’est arrêté sur un « close-up » de l’œil de ce magnifique mouton des Fagnes. Il rassemble à la fois la douceur de la laine et la puanteur de l’animal, ce qui nous ressemble un peu ! Au-delà de la rigolade, on voulait s’approprier cette image. Il y a un côté « Black Sheep », celui qui fait comme il a envie de faire. Et en même temps on voulait que l’image invite à rentrer dans cet album. L’oeil en général a un côté « miroir de l’âme ». Ça ne permet pas d’accéder à une autre dimension (hélas). Mais d’aller voir ce qui se passe dans cet album plus personnel que le précédent.

On vous sent aussi à l’aise dans l’exercice de création que sur scène. D’où vient ce détachement qui vous caractérise?

Merci ça fait plaisir de se l’entendre dire! Je ne pense pas qu’on le fasse exprès. En tout cas, il n’y pas de préméditations. C’est juste très naturel en fait. On se laisse le temps de tester nos optimismes, nos scepticismes, nos joies et nos chagrins, même si c’est dur parfois. Je pense que c’est très libérateur comme exercice. Autant sur scène on peut se permettre d’expulser beaucoup de ce qui relève de l’instinctif. Autant en session, on se cherche, on s’écoute et on trouve un moyen de canaliser tout ça! On aime bien se retrouver, c’est un vrai groupe de copains à la base. Il y a des valeurs, beaucoup d’amour et ça ça n’a pas de prix!

Good For Nothing sent bon le track percutant pour terminer en beauté un set live. Comment allez-vous aborder la scène avec ce second album?

Avec beaucoup d’envie!!! On n’a pas beaucoup joué l’an dernier, après 3 années et plus de 150 concerts ce qui nous frustre beaucoup! C’est un album qu’on a envie de défendre, avec des morceaux parfois plus calmes que sur le 1er album. Ce sont des morceaux qu’on aime beaucoup. Et un peu à l’image de Good For Nothing, on aime bien les sets en crescendo, en faisant monter la sauce au max!!!

Comment voient Stefano & Etienne la scène rock belge? Avez-vous des attaches ou relations avec certains groupes?

C’est qu’avec Stefano on a pas mal baroudé. On est arrivé en 2009 avec Warm Toy Machine, un groupe avec lequel on s’est débrouillé pour tourner en France, en Allemagne et en Italie. On a aussi  organisé beaucoup de concerts dans la scène garage. Ça nous a permis de rencontrer de nombreux groupe, comme Ty Segall qui est venu dormir à la maison mais aussi Thee Marvin Gays. C’est comme ça qu’on a rencontré Charles-Antoine! Ensuite avec Mountain Bike, on a eu la chance de se rapprocher de la scène flamande avec Double Veteran, The Glücks ou Alpha Wale. On a joué et vu l’ascension des jeunes Equal Idiots. En même temps Bruxelles est une ville de mélanges musicaux. On aime beaucoup les BRNS, Moaning Cities ou encore Italian Boyfriends. C’est un pays qui regorge de chouettes musiciens!!!

Que peut-on vous souhaiter pour 2017?

Qu’on se voit en vrai dans les festivals belges cet été!!!