Future Old People Are Wizards – M

Pour ma première expérience de chroniqueur, j’ai décidé de m’attaquer à un dossier assez sérieux. Un gros chantier… Je dirais même un mur de briques qui traverse le paysage musical belge en terrassant nos pauvres petites perceptions de la réalité. Un mur nommé « Future Old People Are Wizards« .

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Il est tard, je suis dans ma voiture et je décide de me garer au calme dans un coin de campagne paisible. Sans avoir de réels aprioris, je glisse « M » dans le lecteur de ma petite voiture. Le voyage commence…

« Man with Fuzz » –  Après 1 minutes 30 de pureté, ambiance énigmatique à la Brian Eno (influence présente tout au long de l’album), ce qui devait arriver arriva, la foudre me tombe dessus. Rythmiquement, c’est un vrai délice. Je pense à Queens of the Stone Age mais aussi à Mars Red Sky et à Ghost … certainement grâce à la voix très religieuse de Stijn Vanmarsenille ( Drums are For Parades). Je ne peux pas uniquement parler à travers d’influences, la musique de FOPAW ( c’est l’abréviation pour les gens cools) est beaucoup trop personnelle.

Dés les premières secondes, je titube et trébuche dans leur univers… Je me retrouve allongé dans une forêt inconnue, perdu dans le noir. Après quelques secondes, j’aperçois la cime des arbres…  autour de moi, des étranges silhouettes humanoïdes habillées de longues toges. Leurs visages sont cachés par de grandes capuches…

 » Man with Bricks » –  Ma gorge se noue. Je comprends vite qu’il s’agit de sorcellerie. Je suis au centre d’un rituel ésotérique très étrange. Un homme en capuche brandit son sceptre, je m’écroule (01:54)  et tombe dans un trou sans fond…

Les sonorités des claviers de Nele Van Gussem surprennent. Entre 70’s et les années 2050, impossible de définir une époque précise.

« Man with Attitude » -… Je suis par terre, je ne sais pas bouger, des visions indescriptibles aux couleurs vives traversent mon esprit (00:59). Je sens une présence qui me secoue sans ménagement. Je me réveille d’une longue apnée (03:20). Je prends la seule et unique route qui se présente à moi. Le sable tourbillonne et m’empêche de voir l’horizon.

Je veux voir cette tuerie en live !!!

« Man With Flute » – Au bout de la route, une pyramide gigantesque. sur les marches de la pyramide,  des gens en habits traditionnels égyptiens dansent comme des serpents à sonnette. Sans leur prêter plus attention, je passe la porte du monument.

Sans être le morceau le plus représentatif de l’album, « Man with Flute » est un morceau très efficace qui peut se prêter au jeu de la danse.

« Man with Tits » – Plusieurs portes se présentent à moi dans ce hall gigantesque. Je dois faire un choix… Serait-il plus sage de s’arrêter là ? Non après tout, la passion me force à aller plus loin. Mon intuition me suggère d’ouvrir cette porte sur laquelle un oeil est gravé (03:07) Je rentre dans un ascenseur, les portes se referment et je sens la cabine descendre… de nouveau cette impression de tomber… Les sons s’estompent au loin.

Man with Tits est le morceau plus spirituel de l’album. Prenez un siège et détendez-vous.

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« Mankind » – Je suis accroché tête en bas par les pieds, un mage égyptien assis sur son trône me dévisage. Son regard inquisiteur me vampirise… Je ferme les yeux pour éviter tout contact. Je l’entends rigoler, mes yeux se rouvrent de par eux même, la corde se rompt, je tombe à ses pieds…

Morceau à l’ambiance burlesque rempli de clowns psychopathes qui ne faiblit à aucun moment. Les refrains très stoner apportent un très joli contraste.

« New Man » – … Je me relève, tente de lui allonger une droite, mon poing passe à travers le bonhomme… Mes bras ne me répondent plus. Une certaine violence s’empare de moi… J’essaie de terrasser l’homme. Tous mes coups sont vains, se perdant dans le vide à chaque fois… Le sorcier s’adresse alors et moi. Je n’arrive pas à entendre ses paroles, ses lèvres bougent sans bruit…

New man sonne comme une lutte schizophrénique pas spécialement nécessaire. Petite perte d’intensité avant de reprendre sur l’énorme…

« One Man’s Opinion » – … Je me fais magistralement expulsé de la pièce. Je me retrouve en train de voler, dans un ciel rouge parsemé d’étoiles noires… Suis-je en train de me faner, de partir progressivement vers l’autre côté ? Je m’endors lentement…

(02:49)…Je me réveille dans ma voiture et je reste attentif sur les dernières secondes de cet effrayant et très excitant périple…

De par leur côté épique, hypnotisant et intemporel, FOPAW rappelle Tame Impala et Boards of Canada. A l’image de Meshuggah, certaines ambiances m’ont spirituellement bousculé…

« M » nous embarque dans un voyage fantastique à l’imagerie très forte. Avec cet album, le trio gantois concrétise son style indescriptible perdu entre stoner, ambiant et pop. FOPAW a toutes les caractéristiques pour devenir un groupe underground reconnu. Cependant, la force de leur univers me fait dire qu’ils peuvent espérer viser plus haut… Pourquoi pas une renommée internationale ?

Actuellement, aucune date n’est annoncée pour 2017… en espérant que ce problème soit rapidement résolu.

Les titres forts : Man with Fuzz, Man with Bricks, Man with Attitude, Man with Tits et One Man’s Opinion.

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« M » :

* Composé par Future Old People are Wizards

* Enregistré et conçu par Sébastien Omerson au Number Nine Studio à Gand

* Voix enregistrées par Ian Clément au Studio Donderling à Gand et par Sébastien Omerson au Number Nine Studio à Gand

* Mixé par Wolf Vanwymeersch et Stijn Vanmarsenille

* Dessin par PiotPolak

* Design par Tim Broothaers.

Concernant la production (par Noé Chalon) : Production très intéressante. De nombreuses techniques d’enregistrements vintage sont utilisées pour apporter à « M » une patte très Lo-Fi. La compression pompe comme une presse hydraulique. Les synthétiseurs baveux s’intègrent parfaitement à la room ténébreuse qui propulse « M » bien loin du standard de certaines grosses productions actuelles.