Liverpool Music Week 2016

Le Liverpool Music Week est sans doute l’une des dates les plus importantes de l’année à Liverpool en ce qui concerne la musique en indoor, avec le Liverpool Psyche Festival. Plus fort encore, c’est le plus grand festival hivernal du Royaume-Uni. Dans la ville, on ne peut sinon principalement citer que le LIMF et Liverpool Sound City en extérieur pour lui faire concurrence qualitativement.

De ceux-cités, le LMW16 qui fêtait sa douzième édition n’a d’ailleurs aucun égal sur son concept : Pendant pratiquement 2 semaines, chaque jour nous offre un nouveau concert et dans différents lieux de Liverpool. L’occasion parfaite de découvrir les lieux de musique de la ville. Des petites salles jusqu’aux plus grandes, des plus ordinaires aux plus belles.

LMW16 Line-upEn terme de programmation, nous avions cette année John Carpenter, Warpaint, Dinosaur Jr, Cat’s Eyes et divers autres groupes plus intimes et locaux mais déjà très respectés : Clinic, GoGoPenguin (album et concerts encensés), She Drew The Gun (récompense à Glastonbury du titre d’artiste émergente) et bien d’autres. En tout, une dizaine d’artistes + une cinquantaine lors des différentes soirées de clôture. Le prix ? 50£. Si cela ne vous saute pas encore aux yeux que le rapport qualité/prix est incroyable, en voici une démonstration : Le seul concert de John Carpenter sur Paris coûtait plus de 60€.

Alors, le sentiment étrange résidait dans le fait que les festivaliers ayant choisi de prendre le Pass ne semblait pas bien nombreux (à comptabiliser en petite centaine, je pense). Pour environ 50 000 “festivaliers” (non unique, c-a-d que je compte pour 6) sur autant de dates, chaque concert nous a mis dans un vrai confort. Mais c’était probablement prévu ainsi puisque le choix des salles est resté le même depuis le début. A l’exception de Carpenter et Warpaint, nombreuses dates se seront effectuées devant des centaines de personnes.

L’honneur d’ouvrir le festival mercredi 26 octobre était réservé à Warpaint, au Grand Central Dome. Déjà le plus beau lieu de toutes ces journées. Initialement, je n’ai jamais particulièrement été intéressé par ce quatuor féminin. Pourtant ce concert d’une maîtrise parfaite m’a largement convaincu.

Je suis resté bien plus sur la réserve pour le concert du lendemain dans la petite salle du Arts Club avec Dinosaur Jr. Déjà d’un ennui total il y’a 5 ans à Dour, rien n’a beaucoup changé. On essaye toujours de passer outre la communication existence, considérant que cela fait partie intégrante de la personnalité du groupe. Néanmoins, cette atmosphère morne n’aide vraiment pas, en plus d’un son que j’estime trop fort. Plus agressif encore, la première partie Sheer Attack s’était montre plus entreprenante avec un chanteur déchaîné, allant jusqu’à jouer un morceau au milieu de la foule.

Le plus attendu des artistes était sans doute John Carpenter, grand spécialiste des bandes originales de film d’horreur, dont le premier album studio est sorti l’an dernier. Plus de 45 minutes de queue pour rentrer dans l’Olympia. Le lieu a une architecture superbe en intérieur mais reste vétuste de l’extérieur. Je déteste les films d’horreur mais cette musique d’ambiance était bonne. Le spectacle continuait avec des clips issues de différents extraits des films. Autant dire que j’avais rarement vu des images aussi glauques ou horrifiantes. Mais ça venait parfaitement compléter la musique. Je n’étais pas le public visé par ce concert. En connaisseur, le reste de la foule aura su encore mieux apprécier.

Pas de Clean Cut Kid le lendemain puisque j’avais porté mon choix sur le VEVO Halloween. On reprend donc le lundi au LEAF : On trouve un restaurant au rez de chaussée, et la salle à l’étage. Dans cette salle, c’est l’artiste locale She Drew The Gun qui prendra place. Je comprends vite sa distinction par Glastonbury. Son univers dépasse la musique. Les paroles sont engagées, les transitions se font sous forme de poème. J’ai beau raté une bonne partie des mots, je ressens la portée émotionnelle de son langage. Un langage qui va jusqu’à s’exprimer à travers un mini comic-book de son univers. Vous ne serez pas surpris d’en entendre bientôt plus parler. Et pour couronner le tout, son album de 2016 était vendu seulement 5£. On aime les artistes quand tout se déroule aussi généreusement du début à la fin.

Mercredi, un autre artiste local au LEAF : Louis Berry. Par son histoire et vécu, notamment celui d’avoir grandi en « city council », Louis Berry ne raconte que des histoires authentiques de sa vie (la mort, des crimes, le père accro à l’héroïne, etc), et écrite de ses propres mains. Il ne saurait donc apprécier une comparaison avec Jake Bugg, qui co-écrit ses morceaux (à lire en anglais ici). Il est de toute façon beaucoup plus percutant sur scène, que ce soit par sa voix ou son énergie dans lesquelles on retrouve un peu de Miles Kane. Malgré ces histoires, ce véritable scouser (natif de Kirkby) ne manque pas d’un humour permanent mais bien incompréhensible pour moi avec l’accent. Shew Drew The Gun et ce dernier ont beau être parmi les plus petits artistes du festival, leur popularité locale rendait l’ambiance excellente. Pour des concerts mémorables.

Le lendemain allait voir ce petit lieu se transformer de façon encore plus intimiste avec des chaises et tables disséminées dans la salle pour une centaine de personnes maximum. Le groupe ? Cat’s Eyes, duo mixte composé du leader de The Horrors et Rachel Zeffira. Très grosse surprise. Concert sombre et lumineux à la fois. Varié et majestueux. Les vocalises de la chanteuse (parfois sur un morceau entier) donnent des frissons. Une touche fréquente d’humour entre eux, et avec nous. 3 chansons écrites par R.Zeffira sur des ex, parfois avec Faris Badwan à la guitare, parfois toute seule et au piano. Une reprise des Beatles avec Because : “Tous les artistes qui viennent jouer à Liverpool font une reprise des Beatles, non ?”. Et en conclusion une autre reprise, celle de Girls Just Want To Have Fun de Cindy Lauper. A la prochaine occasion, groupe obligatoirement à revoir.

Pour bien terminer ce festival, une Closing Party était organisée à travers 4 différentes salles pour une quasi cinquantaine d’artistes. Mon choix s’est immédiatement porté sur l’Invisible Wind Factory avec Clinic. La salle se trouve proche des docks de Bramley-Moore. Des quelques groupes véritablement inconnues, je retiens simplement The A/V Society. Un petit set de 20 minutes avec pour fond un thriller vidéo fait maison autour d’une course-poursuite, dont la conclusion finale se passe sur scène. Plutôt fun.  Clinic, dans leur accoutumance ordinaire (avec des masques chirurgicales), feront plutôt dans l’envoutant.

En conclusion, le type de festival qu’on adore, qui te fait visiter une ville avec une quasi dizaine de soirée en restant très accessible financièrement. Et c’est sans compter les soirées secondaires (mais accessible seulement contre quelques livres) chaque soir. Le choix est donc plus large que la dizaine d’headliners inclus dans le Pass dont j’ai pu parler. Le LMW est une excellente date pour partir en vacances sur Liverpool. Les annonces pour 2017 sont à surveiller.

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