Neighbourhood Festival @ Manchester

Photos en bas d’article.

Si la ville de Manchester n’a pas grand chose à offrir aux touristes, elle regorge en revanche de salles, clubs, pubs pour la musique. Le Neighbourhood Festival est la parfaite occasion pour s’en rendre compte. Ce nouveau festival tenant sur une journée (de 13h à 23h) utilise pas moins de 11 lieux de musique tous à proximité les uns des autres.

Les deux principaux lieux sont l’Albert Hall et l’O2 Ritz, qui pouvaient rapidement se retrouver complet puisque les artistes les plus « connus » y passaient. Mais cela reste un festival indépendant à seulement 33£ la journée pour plus de 100 artistes. A ma connaissance, ce sont pour la plupart des artistes qui n’ont pas encore d’album. De ce fait, les sets duraient toujours 30 minutes. A l’exception des têtes d’affiches qui n’étaient rien de plus que White Lies ou Blossoms. Je verrai ces derniers à un autre festival mais en tout cas ça semble devenir un gros succès ici.

J’ai laissé tomber ces deux scènes pour y préférer le Gorilla, Sound Control et The Deaf Institute.

Plan NBHD

Ma journée débute en douceur par deux artistes féminines en solo : Rae Morris et Mahalia au Gorilla. Dans un premier temps, on apprécie de voir que la salle est déjà pleine à 13h pour les premiers artistes. On constate une vraie excitation tout au long de la journée autour des groupes.

La première citée, au piano et au chant bien articulé,  a quand même atteint la 9ème position des charts UK en 2015 pour son album Unguarded. Ce qui explique peut-être qu’on soit déjà autour des 300 et qu’elle puisse jouer dans un silence très respectueux.

Mahalia est moins expérimentée, mais n’en garde pas moins ses aises sur scène malgré un public un peu plus bruyant. Elle parle beaucoup comme elle aime nous le répéter en rigolant, pour expliquer l’origine des titres (sa première histoire d’amour à 12 ans, les études à 17 ans, les réseaux sociaux, etc). Un processus créatif (par le parlé-chanté, et même A capella sur un morceau) qui semble originellement aussi présent dans les morceaux (Back Up Plan).  Le refrain de son dernier morceau sera même repris par la foule. Joli succès.

 

Direction le Sound Control après ces deux premiers concerts pour Milly PYE, Inheaven et The Rythm Method. Ce lieu se compose à priori d’un restaurant, et de deux scènes. C’est assez vaste à s’y perdre quelques secondes mais l’endroit est en tout cas sympathique.

Milly Pye est accompagnée d’un groupe, mais c’est pourtant quand elle accompagnait son chant de sa guitare qu’elle m’a semblé un peu plus à l’aise. Un sentiment peut-être trompeur du fait que la scène en sous-sol était petite, et pas idéale pour bouger sur scène. L’ambiance était un peu plus terne mais ce son du coup plus pêchu grâce aux accompagnements à la guitare et batterie permet de bien varier ce set.

On aura une toute autre ambiance à l’étage supérieur avec Inheaven, entre shoegaze, grunge et dream-pop. Le groupe influencé par Nirvana et Sonic Youth peut se payer le petit luxe d’être considéré par Julian Casablancas (The Strokes) comme son nouveau groupe préféré (cf. les Inrocks). Les références sont placées. Le public est jeune mais très motivé. C’est l’occasion de voir quelques « circle pit » ou « pogos ». Écoutez Tangerine et Baby’s Alright.

La journée avance et les bonnes surprises se succèdent (sauf la mauvaise nouvelle de l’annulation d’Alice Jemima que j’attendais avec impatience). On change de style avec The Rhythm Method. Ce genre de particularités qu’on ne pourrait associer à rien d’autres que des britanniques. Quelques beats dansants par le claviériste (comparable à Alexis Taylor d’Hot Chip), du slam et du rap mais sans vraiment en être. Ça a pas l’air fou comme ça mais c’était assez cool, et quelques groupes de festivalières étaient à fond derrière les paroles.

 

Après un petit break « déjeuner », en route pour le Deaf Institute. Club avec un mur d’enceintes en guise de décoration, et des places assises.

Jazz Purple, originaire de Manchester, pourrait satisfaire les fans de Rap & Rnb moderne, avec l’utilisation de l’autotune. Il est en plus de cela accompagné d’un batteur. Le groupe Cabbage prendra la suite. On va très simplement les comparer à la Fat White Family. Ce même mélange de punk-rock, d’alcool, d’exhibitionnisme. C’est imprévisible. Même le clip ci-dessous. Les photos en bas d’article seront également parlantes avec des musiciens qui grimpent sur les autres, qui sautent dans le public. A voir quand l’occasion se présente.

Betsy ressemble à une pop-star. Un look opulent (elle semble déjà grande mais doit bien gagner 15cm avec ses talons), une voix forte. J’ai pensé à Gwen Stefani en la voyant et l’écoutant. Mes recherches m’amènent d’ailleurs à un tweet où elle en fait l’une de ses chanteuses favorites avec Cher. Mon impression doit être la bonne. Son style et attitude est déjà trouvé et lui assure une bonne présence sur scène. A titre personnel, cela passe bien une fois mais ce n’est pas ce que je pourrais supporter d’écouter répétitivement. Pourtant je lui imagine bien un titre qui inonderait les radios :

 

Il ne me reste plus que Clean Cut Kid à voir avant le couvre-feu de 23h. Je ne vais y rester que la moitié du set. Une pop bon public qui ne marque pas l’esprit.

 

En conclusion, le concept de ce festival est génial. 33£, 11 lieux de concert « voisins », + de 100 groupes. Je ne connaissais pas grand chose avant de venir mais j’ai apprécié chaque groupe vu un peu au hasard. Un très bon plan.

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