En mode festival découverte à Arlon!

C’est en deux temps que nous allons évoquer l’excellent festival des Aralunaires 2016 qui se déroulera dans le chef lieux de la Province de Luxembourg la semaine prochaine. On a profité de la conférence de presse pour glaner quelques mots auprès de Sébastien Cuvelier. Cet arlonais d’origine s’occupe de nous concocter chaque année une affiche avec comme thème central l’exploration musicale sous forme de multiples découvertes. Il fait partie d’une équipe motivée et remplie d’idées!

Conférence de presse des Aralunaires à l'Entrepôt - mars 2016 - source : facebook Aralunaires

Conférence de presse des Aralunaires à l’Entrepôt – mars 2016 – source : facebook Aralunaires

Quel est le ton (musical) donné à cette huitième édition des Aralunaires?

Sébastien Cuvelier : comme toujours, la priorité est à la découverte et la qualité, sans limite de style. Naturellement, on se tourne vers des artistes indépendants, originaux, sortant des sentiers battus. Des artistes qu’on aime. On veut partager des coups de coeur qu’on ne peut souvent pas résumer à un seul style, comme André Bratten, Girls Names, Mansfield.TYA ou STUFF. par exemple.

As-tu rencontré des difficultés pour concocter cette nouvelle affiche?

Ce n’est jamais facile de faire l’affiche car beaucoup d’éléments entrent en jeu : les dates, les disponibilités des artistes, les exclusivités d’autres lieux de concerts, les envies des agents et des managers, et le cachet bien sûr. On est un petit festival dans une petite ville, avec un petit budget. Ce ne sont pas des avantages. Mais on tente de compenser par l’originalité des lieux, la qualité de l’affiche et l’accueil des groupes. Tout cela contribue à construire une réputation. Et c’est grâce à cela qu’on peut attirer certains artistes parfois plus facilement aujourd’hui qu’il y a 5-6 ans. On nous propose énormément de choses, pas forcément toujours ce qu’on veut. Mais les agents nous connaissent bien maintenant et comprennent de mieux en mieux notre style. Ceci dit on a eu pas mal de déceptions cette année. Trois artistes qu’on voulait vraiment avoir à l’affiche, ont dû annuler pour diverses raisons. C’était compliqué de les remplacer qualitativement mais on y est arrivé je pense, et ça nous laisse des options pour l’année prochaine.

Les Aralunaires sentent souvent bien quelle formation pourrait exploser dans l’année qui suit? As-tu une idée d’un groupe qui peut suivre les traces de BRNS par exemple?

Pour moi la star en devenir est Ala.ni. On en parle depuis longtemps entre nous et on a vraiment fait le forcing pour l’avoir, alors qu’elle n’était pas du tout connue. Par le passé on a eu quelques stars avant qu’ils soient stars, mais on est aussi passé à deux doigts de trois artistes qui ont explosé par la suite. Et on ne voulait pas avoir le même regret. Ulrika Spacek va bien marcher aussi je pense. Ils sont encore très jeunes et très marqués par leurs influences. Je sens que leur prochain album va être encore meilleur que celui-ci. Au niveau belge, j’aime beaucoup La Jungle. Je pense qu’ils ont un coup à jouer. Mais bon le talent ne fait pas tout. Si on regarde BRNS, la façon dont le groupe a été géré a beaucoup contribué à son développement aussi. Ça a été fait de manière intelligente, sans les brûler. Le Colisée (qui joue le dimanche avec Fortune Collective) a le même manager que BRNS et est dans le même sillon.

A quoi penses-tu quand tu composes une affiche pour les Aralunaires?

A beaucoup de choses. Je commence par faire une liste, Annie et Khalid font de même. On mélange tout ça puis on met des priorités, souvent des artistes qu’on a vus et qui nous ont beaucoup plu. Ensuite on sonde, puis selon les premières réponses on affine ou on part dans une autre direction. Ce qui est compliqué, c’est de bien balancer les styles, à la fois sur l’ensemble de l’affiche et par jour, tout en restant cohérent qualitativement. Il en faut pour tout le monde et on ne veut pas trop frustrer l’amateur de musique qui doit faire des choix. Alors je m’imagine comme membre du public, puis j’imagine des connaissances qui n’ont pas forcément les mêmes goûts que moi. Au moment de confirmer, il faut être certain de son choix, car on bloque une date pour de bon. Il ne faut pas avoir de regret pour la suite. Cette date bloquée devient à la fois une contrainte et une base de travail pour le reste. Il faut quelques têtes d’affiche aussi, ce qui est souvent le plus compliqué parce qu’on monte dans des niveaux de cachets parfois hallucinants… Mais au final on trouve toujours 😉

L'affiche de cette huitième édition

L’affiche de cette huitième édition