LNZNDRF « S/t » (4AD)

Et vlan, encore une collaboration. Après Jesu/Sun Kil Moon, Boris/Merzbow, Sunn O)))/le monde entier ou encore David/Jonathan, c’est au tour de membres de deux fleurons de l’indie rock (à savoir The National et Beirut) de s’associer pour un nouveau projet nommé LNZNDRF (qualifié d' »expérimental » dans les milieux autorisés). Calmons tout de suite les ardeurs du musicologue avide de défrichage de nouveaux territoires : à part de nombreuses vagues de guitares dissonantes qui pourraient faire grimacer le novice non averti, la musique proposée ici est aussi expérimentale que Patrick Bruel reprenant Barbara. Par contre, tudieu! cet opus est de première bourre. Si Scott et Bryan Devendorf (The National) et Ben Lanz (Beirut) n’inventent pas la roue. Ils la font joliment tourner et assister au spectacle donne un délicieux vertige. Pourtant, dés les premières minutes de « Future You » (morceau d’introduction fleuve et instrumental sur un beat kraut/motorik), on pouvait craindre un album fade façon Tortoise ou Trans Am (mais sans la saveur ni l’énergie de ces derniers). On se détrompe vite. L’auditeur se laisse emporter par de surprenantes montées émotionnelles au fur et à mesure des morceaux sur un mode post-punk crépusculaire à la Motorama ou Interpol avec une fougue et une ardeur rarement entendue. Il n’y a qu’à entendre les parfaits « Beneath The Black Sea » ou « Mt Storm » dont les refrains sont de parfaites pistes de décollage avec des couplets façon « je m’amuse à vocaliser sur la deuxième face du Low de Bowie« . Avec ce romantisme froid palpable dans la voix du chanteur et ces guitares tantôt menaçantes, tantôt sonars d’amour de couples de dauphins copulant dans une marée noire, LNZNDRF nous offre en fait, faute de nouveautés, un parfait condensé du meilleur de la musique froide de la fin des années 70 (Kraftwerk, Joy Division, la trilogie berlinoise de Bowie) en 41 minutes, 8 morceaux et pas une seule faute de goût.

LNZNDRF sous le label 4AD

LNZNDRF sous le label 4AD