C DUNCAN « Architect » (Fat Cat)

c-duncan

La tâche du chroniqueur de disques est parfois ardue. Surtout lorsqu’il est confronté à ce genre de produit. Entendons-nous bien : ce premier album du compositeur C Duncan, tout droit sorti d’une académie de composition musicale (cette aberration) est de la belle ouvrage. Finement exécuté, habilement composé tout seul chez lui. Policé, calculé pour que rien ne dépasse du cadre, du bon travail d’artisan qui aurait réussi à créer dans son atelier une jolie table en bon bois brut. Justement, tout le problème est là : comment critiquer un meuble? « Il y a quatre pieds, c’est du chêne, elle a l’air solide. J’ai pu déposer des objets dessus, tout va bien, elle ne s’est pas écroulée et, euh, oh, j’avais pas vu le tiroir, pratique pour ranger des couverts, etc., etc ».. La fonction d’une garde-robe est rarement autre chose que d’y entreposer des vêtements.. Pourtant, en choisissant de s’aventurer du côté de l’indie folk boisé chanté par des harmonies chorales angéliques façon Fleet Foxes, le tout sur des rythmes légèrement synthétiques donnant une coloration dream pop à l’ensemble. C Duncan avait devant lui un terrain propice à l’émotion et aux mélodies qui auraient pu charmer l’oreille, ou tout du moins transmettre à l’auditeur attentif un semblant de vécu ou d’authenticité. En lieu et place, il nous offre ici un album professionnel mais froid, distant, manquant d’âme et aussi palpitant à survoler qu’un travail de fin d’étude. A part corriger l’orthographe.. Encore une fois, le côté fonctionnel et utilitaire est là : remplir le silence par de la jolie musique de fond. L’amateur de Katie Melua sait ce qu’il lui reste à faire. Les autres se diront que la musique n’est décidément pas faite pour s’asseoir dessus. De l’indie folk pour ascenseur, quelqu’un?

C Duncan se produira au Witloof Bar du Botanique (Bruxelles) le 23 Novembre.

Christopher Duncan, originaire de Glasgow