novembre 03

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BOOGARINS « Manual » (Other Music)

manual

On en tient un! Un bon album psyché à l’ancienne. Sans que cela ne sonne moisi ou rétrograde. Un truc frais mais pourtant vintage, référencé, avec une finesse et un talent de composition qui renvoie davantage à la période 65-66 qu’aux lourds parangons du heavy-psych façon Cream. A cette époque, Jimi Hendrix reprend encore du Little Richard dans les clubs, les 13th Floor Elevators viennent de gober leur premier acide et Pink Floyd n’est qu’une petite référence british blues. Tout est encore possible, vierge, sans codes ni obligations de dépasser à tout prix le dernier chef d’oeuvre à coups d’effets sonores assommants. Or donc, les Boogarins. Un groupe de Gioiania au Brésil, influencé par la tropicalia et Os Mutantes, et cela s’entend. Ces références sud-américaines apportent clairement un plus, une chaleur à d’excellentes compositions. En effet, sur ce deuxième album, leur force est de privilégier l’écriture au détriment de tout cache-misère tape-à-l’oeil propre aux formations voulant absolument nous transmettre leur dernier bad trip sous LSD. Ici, tout n’est que dentelle tissée par des amateurs de garage, un ouvrage plus compliqué qu’il n’y parait, dont les motifs se découvrent au fil des écoutes. Leur pop exotique est contrebalancée par des effets lysergiques, parfait équilibre entre chansons bien charpentées et terrains plus aventureux, créant ainsi un petit conapt chaleureux autour de l’auditeur. Les amateurs de vitesse ou de grand huit devront faire un effort de concentration, les autres, adeptes du deuxième coffret Nuggets (compilation essentielle regroupant des groupes psyché-garage du monde entier estampillés sixties) se loveront dans ce petit bijou sans prétention ciselé par des chamans qui préfèrent la subtile alchimie au bourrage de peyotl. En gros, des gens qui nous veulent du bien.

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Le quatuor brésilien : Boogarins

Exclu : une nouvelle vidéo pour le track 6000 Dias