octobre 25

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MERCURY REV « The Light In You » (Bella Union)

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Alors eux, ça fait franchement plaisir d’avoir de leurs nouvelles. C’est qu’ils sont toujours parvenus à nous coller un sourire niais sur la face et à nous redonner espoir. C’est comme un bon vieux Walt Disney des années cinquante, plein de bons sentiments et de mélodies chantées en chœur par des biches et des petits oiseaux. On retrouve son esprit d’enfant et son innocence. On tanne les parents pour un week-end à Walibi et on fonce droit vers l’attraction de Cendrillon en prenant bien soin de ne pas remarquer que ce sont des automates ou des employés qui portent des baskets sous leurs costumes. C’est un peu le sentiment que procure Mercury Rev, groupe psyché où la guimauve a remplacé le LSD, depuis l’adulé « Deserter’s Songs » paru en 1998 : l’impression de se retrouver au Pays des Bisounours, avec ses orchestrations luxuriantes, ses mélodies mélancolico-exaltées et son chanteur euphorique. Mais une euphorie retrouvée avec de nombreuses séances d’électrochocs et un traitement intense sous valium dans un hôpital psychiatrique obscur (hôpital fréquenté aussi par Grandaddy, Flaming Lips ou Neutral Milk Hotel). En gros, c’est joli Blanche-Neige, mais il ne faut pas oublier la sorcière tapie armée de sa pomme empoisonnée. C’est ce qui fait le charme de cette musique dite neo-psychedelia : on se force à garder le sourire et l’espoir quitte à en faire trop, mais on sait que la partie est foutue d’avance et que les médicaments n’ont qu’un effet temporaire. Le subtil dosage joie intense/dépression profonde. Sur ce nouvel album après sept années d’absence, on retrouve donc la bande à Jonathan Donahue qui nous envoie ici une jolie carte postale à ses admirateurs. Ces derniers avaient bien besoin d’être rassurés avec un « Snowflake Midnight » assez brouillon et décevant. Ici, le groupe a resserré les boulons et se sont enfin concentré sur quelques refrains bien charpentés. Si les dégoulinades de violons sont bien présentes, elles se mettent au service de chansons plus directes (The Queen Of Swans, You’ve Gone With So Little For So Long) trouvant ainsi le juste équilibre entre grandiloquence et indie pop. Tout n’est malheureusement pas de ce niveau, comme en témoignent les grotesques incartades en terres R’n’B de Sunflower ou Rainy Day Record. Mais lorsque le groupe ose explorer sa face sombre et urbaine (l’hypnotique Central Park East), on entre en lévitation. En résumé, si Mercury Rev est loin de nous livrer ici un chef d’œuvre, il nous permet d’assister au très touchant spectacle de sa revigoration en direct, et voir ainsi leurs ailes repousser nous donne envie de savoir où elles vont les emmener pour leur prochain voyage.

Mercury Rev se produira au Botanique de Bruxelles le 8 novembre prochain.

Mercury Rev, un retour inattendu!

Mercury Rev, un retour inattendu!