JULIA HOLTER « Have You In My Wilderness » (Domino)

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Fée ou sorcière? A quoi peut-on s’attendre avant d’attaquer l’écoute d’un album catégorisé « art rock » au féminin? On garde en mémoire les nombreux essais d’artistes comme Kate Bush, Tori Amos ou plus récemment St Vincent ou Fiona Apple, avec cette manie de fuir la facilité et de compliquer à tout prix leur musique, rendant ardue la tâche du pauvre auditeur qui peine à retrouver ses repères. On parle en général d’albums « intéressants » ou « adulés par la critique » avant de s’empresser de les ranger sur une étagère pour ne plus que rarement les ressortir. C’est pas faute d’avoir essayé d’apprécier, on peut en parler en société sans pour autant passer pour le dernier des crétins resté bloqué sur Björk. Le syndrome Yoko Ono, toujours… Julia Holter, qui sort ici son quatrième album, balaie les craintes et dose intelligemment complexité sophistiquée et charme évident, froideur intello et émotion pure. « Have You In My Wilderness » ressemble à ces cathédrales dont l’architecture compliquée ne dissimule en rien la beauté et l’ambiance solennelle du lieu. L’impression d’assister à une cérémonie religieuse juste devant l’autel est palpable, effet résonnant en prime. On peut parler de dream pop baroque, avec des mélodies célestes chantées par une voix angélique, des choeurs tourbillonnants (Lucette Stranded On The Island), sur des nappes de cordes envoutantes (How Long) et d’un piano omniprésent. Tout cela provoque des montées liturgiques assez intenses (Silhouette) quand un saxophone ne vient pas troubler le tout par un solo inventif (Sea Calls Me Home). Le charme est immédiat, et ravira autant l’auditeur aventureux que l’amateur de beaux paysages. On l’aura compris, Julia Holter est une sirène dont le chant ne provoquera aucun naufrage mais mènera le navigateur tout droit au paradis.

Julia Holter se produira à l’AB Club de Bruxelles le 17 novembre et au Biekorf de Bruges le 18 novembre. Elle sera également à Paris la veille de la date bruxelloise au New Morning.

Julia Holter - crédit photo : Tonje Thilesen

Julia Holter – crédit photo : Tonje Thilesen