septembre 04

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FIDLAR « Too » (Wichita)

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Au XXIème siècle, les raisons qu’ont les jeunes punks de se révolter sont bien différentes qu’en 1977. A cette époque, on prenait les guitares pour crier sa rage contre le chômage, la misère sociale et Margaret Thatcher avec les Clash ou les Sex Pistols. Aujourd’hui, ce sont davantage les bières éventées, les rampes de skate trop dures à l’atterrissage ou les rails de cocaïne coupées au détergent qui servent de thèmes aux groupes en colère. Et en colère, le quatuor de Californie l’est assurément. Nous l’avions bien remarqué à l’époque de leur furieux premier album en 2013, qui mêlait garage rock façon Hives et skate punk jouée à une vitesse surcaféinée. Avec une production crade comme une rue de Los Angeles jonchées de seringues et de cannettes vides, leur musique demeure bien loin des clichés Green Day/Blink 182 inhérents au genre. Aucun risque de parler d’album de la maturité pour ce second opus tant le propos est le même. Par contre, l’urgence qui les caractérise est ici transcendée par une volonté de briser les barrières des genres et d’aller voir plus loin. C’est simple: aucun morceau ne ressemble à un autre. Le spectre s’élargit: on saute de la power pop à des riffs sabbathiens en passant par des harmonies vocales sixties et des ballades lacrymales avec violons. Et tonnerre de chien! L’énergie est bien présente, voire même davantage. On ne s’attendait pas à un tel niveau de déflagration sonore. Le tout s’enchaîne à un tel rythme effréné que l’auditeur a peine à reprendre son souffle. En alliant pains dans la tronche et nuances plus subtiles (nombreux changements de styles et de tempos, petits interludes inventifs), Fidlar nous livre ici un chef-d’oeuvre de dosage entre électrochocs et compositions ultimes. Une claque.

Fidlar se produira à l’AB Club (Bruxelles) le 22 Novembre.

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