Dimanche (St Vincent, Courtney Barnett, Etc) @ Green Man, Wales

« BIGGEST DINNER PARTY EVER »

Le Green Man Festival est l’un des rares festivals dont le directeur est une femme (pour certitude la seule aux UK), sa directrice Fiona Stewart la seule femme à avoir remporté un prix dans cet univers masculin. Est-ce pour cette raison que ce dimanche nous retrouverons beaucoup de femmes sur scène ? Peut-être un peu. Globalement, le festival essaye de défendre du mieux possible (ce n’est pour autant pas simple) les artistes féminines (cf. les affiches revues par The Guardian). Et la directrice ne se cache pas non plus de vouloir attirer le public féminin en festival (cf. l’interview avec The Wales Onlines). Sa vision et conception du festival est intéressante. Elle dénote toutes les particularités et le charme unique du festival gallois où la recherche de l’originalité est constante, sans jamais verser dans l’élitisme.

Aparté terminé, cette journée va donc être très féminine pour moi : St Vincent est tête d’affiche. La nouvelle idole britannique Courtney Barnett est pas loin derrière. Et plein d’autres, dont je vais parler ci-dessous :

Tout d’abord, c’est Aurora qui prend place sur la reposante scène Walled Garden. Elle va facilement capter la foule et la rendre heureuse, malgré une météo décourageante depuis le début de la nuit. J’en avais longuement parlé après les Vieilles Charrues et le coup de coeur est confirmé. Sa voix, sa gestuelle avec des mains qui suivent chaque rythme de la musique, son style vestimentaire chic « Downton Abbey ». Une danse toujours aussi irrésistible à la toute fin. Notre attention est forcément retenue par la jeune norvégienne (encore « merci la scandinavie »). Comme vendredi avec Natalie Prass, c’est sous le son de sa voix que la météo va revenir au beau fixe. On pleure souvent l’annonce de la pluie en festival, pourtant elle offre souvent des bons souvenirs.

Cameron AG

Cameron AG

Il y’a de quoi passer un bon moment avec les inconnus Cameron AG sur la Rising Stage. Le leader est au piano + chant tandis que ses 2 autres musiciens l’accompagnent en guitare + batterie. Une voix là encore séduisante pour un concert qui n’est pas sans rappeler quelques classieux moments avec Ben Kweller.

Matthew E. White

Matthew E. White

En parlant de classe, on a Matthew E. White qui joue sur la Mountain Stage. Il est évidemment talentueux, sa musique gospel/soul pleine de richesses y compris dans les paroles mais je ne suis pas encore un grand fan. Je dois faire l’effort d’écouter un peu mieux ses albums, je pense pouvoir être séduit. Avec des titres comme Rock & Roll is Cold, aucune raison m’en empêche.

Du coup, j’ai quand même passé un peu plus de temps sur le set de Waxahatchee. C’est parfois punk et saturé, parfois folk et délicat : Des humeurs changeantes comme Cat Power qui forment un set efficace. Avec des titres que j’ai l’impression d’avoir toujours connus (Under A Rock).

Waxahatchee

Il n’est que 17h, cette journée a déjà très bien commencé. Impossible qu’il en soit autrement avec Son Lux. « Un mix surprenant entre électro, voix au registre lyrique (opéra ou chorale) » comme nous vous le décrivions il y’a un an. Un groupe qui s’éclate sur scène, qui prend également le temps de nous donner quelques conseils (rester au concert de Sylvan Esso qu’ils ont découvert en festival et adoré).

The Antlers

The Antlers

Sylvan Esso

Sylvan Esso

Sans souvenir marquant, j’ai ensuite profité d’un bout de The Antlers et de Sylvan Esso (duo américain pop-électro) justement. Si le premier groupe ne m’a juste fait ni chaud ni froid, j’ai eu plus de mal à apprécier ces derniers et je semblais bien être le seul dans ce cas.

Je me tourne vers The Staves. Trois soeurs produites par Justin Vernon de Bon Iver, et fans de Laura Marling. Voilà pour les quelques références. Alors forcément c’est doux et mélodieux, comme la majorité de la programmation du festival de toute manière. La particularité et le charme tient particulièrement ici du chant en harmonie. D’autres soeurs sont bien connues pour cela, celles de First Aid Kit.

PSB

PSB

The Staves passe assez bien dans le paysage reposant de Brecon Beacons. Si bien que je me suis refusé d’aller en avance au concert de Public Service Broadcasting sous la seconde scène principale. Une erreur. Le groupe est très populaire au Royaume-Uni (et un peu partout désormais). C’est l’une des rares fois où l’accès à la Far Out sera très compliqué pour ne pas dire quasiment impossible. On rentre à peine à l’intérieur. Et je dois donc me contenter de les voir de loin, sans pouvoir profiter parfaitement de la scénographie avec les clips qui accompagnent chaque titre (cf. nos 3 vidéos).

Les interactions avec les festivaliers sous la forme d’une voix enregistrée font à chaque fois bon effet sur le public. Nul doute que parmi les groupes encore assez jeunes, PSB est parmi les plus intéressants. On a jamais vu des groupes mélanger aussi bien la musique, le cinéma et l’Histoire. La méthode employée par le groupe est généralement l’utilisation d’archives ou slogans politiques et militaires, que ce soit en images ou en musique (samples fréquents). Dans leur dernier album (The Race For Space), ils s’intéressent à la course à l’espace entre l’URSS et les USA pendant la Guerre froide. Les façons et raisons de s’intéresser au groupe sont donc nombreuses et variées. Aucune excuse. Et je l’ai bien senti sous le chapiteau.

Pendant The Staves

« Attention chéri(e), ça va poutrer »

(par Courtney Barnett et St Vincent)

Courtney BarnettAyant retenu mon erreur de tout à l’heure, je vais me contenter de deux titres de Father John Misty (déjà vu et séduit une semaine plus tôt à la RDR) pour arriver une dizaine de minutes avant le concert de l’australienne Courtney Barnett. Ce n’est pas que je sois fan, je n’ai pas vraiment aimé l’album et son timbre de voix. Je n’étais pas encore de ceux séduit par le côté (faussement) désinvolte (mais réfléchi) de sa musique. Ni par son cynisme et ironie dans un album au titre déjà assez parlant : Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit. (mon anglais n’est pas bon. CQFD)

Mais impossible de quitter Green Man sans m’être fait mon avis live sur la nouvelle icone féminine du rock. Qui en plus, semble très discrète sur le territoire français. Alors, profitons-en… Et bien ce fut une grosse surprise pour moi ! Énergique, Rock’n’Roll, Intense. Un don de soi pendant une heure. Et maintenant, je peux réécouter l’album et dire que j’adore ça. L’an dernier, Royksopp & Robyn m’avait un peu fait cet effet : C’était « moué » jusqu’au concert. Depuis c’est l’EP que je peux écouter 5 fois consécutivement. Ça n’ira pas jusque-là pour l’australienne mais c’est l’un des gros coups de coeur du week-end.

St VincentD’une artiste qui crève la scène à une autre : St Vincent. Headliner, ça peut surprendre mais Annie Clark ne porte pas le costume trop grand. Comme à chaque fois, c’est que de l’amour. On salue la perf’ surtout que sa musique est loin d’être la plus accessible. Même si ça peut ne pas plaire entièrement, le concert chorégraphié de bout en bout est déjà bien de quoi garder toute l’attention sur elle. A chaque show sa spéciale : Un passage sur les premiers rangs et le don (temporaire) de sa guitare.

Le festival se termine… Enfin pas tout à fait. La tradition veut que le Green Man soit brûlé. Un rituel suivi de près par tous les festivaliers. Le Pukkelpop avait offert un énorme show l’an dernier (canons à confettis pour de nombreux concerts, pyrotechnie et feu d’artifice, etc) mais ce n’était peut-être rien comparé au final du Green Man. Ça en met plein la vue, mais c’est surtout très beau. Pour se faire une petite idée, la fin (le feu d’artifice) est visible ici.