Vendredi (Atomic Bomb!, Natalie Prass, Etc) @ Green Man, Wales

Le camping

7h30 du matin, je me réveille dans ma zone de camping. Un camping qui, depuis ma position, était calme. A savoir également que le terrain de camping est bien espacé. Cependant, je n’ai vu aucun service (pour se nourrir, etc) à l’intérieur. C’est sans doute explicable du fait que le festival ouvre vers 11h et que le camping est presque intégré à celui-ci (faire un A/R n’est pas vraiment un problème). On trouve évidemment des douches (et robinets), c’est ici que je me dirige. On se retrouve avec 12 douches par sexe dans mon camping réservé aux festivaliers avec tente. A cette heure-ci, ce n’est pas un problème et ne le sera pas non plus le lendemain. Difficile de comparer aux autres festivals car c’est quelque chose qui découle aussi d’un hasard ou de la chance (il n’était que 7h30) mais c’est la première fois en festival que je ne me retrouvais pas devant une file d’attente décourageante (Pukkelpop) ou des douches payantes et/ou avec eau froide (Dour). Sans trop m’avancer je peux dire que c’est satisfaisant. Un peu moins lorsque le lundi matin les douches n’ouvriront jamais (sans être prévenu) avant une journée de trajet en bus et train.

Vers 11 heures du matin je me dirige dans le festival pour assister aux premiers concerts. Mais j’ai surtout hâte de découvrir la réelle atmosphère du Green Man puisque la journée de la veille n’était qu’un premier amuse-bouche avec une seule scène en activité.

La scène des nouveaux talents

Après la présentation hier du chapiteau de la Far Out hier et ses deux énormes écrans géants, ce jeudi va également me faire assister à des concerts sur la Rising Stage. Cette scène très intimiste permet tout simplement de découvrir des nouveaux artistes qui ont eu la chance d’avoir été choisi par le festival, comme Seren The Heron. Une jeune artiste folk qui a été Artiste du Mois sur la BBC. Sous le toit de cette scène, on retrouve généralement une vingtaine de festivaliers. Les concerts se vivent assis et/ou allongés sur l’herbe, mais d’autres festivaliers, plus ou moins nombreux selon les cas, se trouvent parfois à l’extérieur comme en témoigne la photo ci-dessous. Rising Stage

Le jardin des sciences

A proximité, on retrouve une aire destinée à des activités à caractère plutôt scientifique ou écologique avec des démos, du stand-up, des ateliers (via la participation de l’Université de Cardiff, Londres et d’instituts de recherche, etc). Le nom est assez parlant : L’Einstein’s Garden. Le thème change à priori d’une année sur l’autre. Je m’y suis rarement arrêté mais le journal The Guardian en a écrit un article assez captivant. Selon eux, on pouvait donc parler avec des experts de la recherche contre le cancer, voir les effets de la cigarette sur le corps, et même pratiquer la taxidermie à un atelier. Pour qui est curieux et anglophone, il est possible de passer l’intégralité de son festival ici sans jamais se lasser. Pour en (sa)voir un peu plus, rattraper les tweets du compte @EinsteinsGarden peut également être une bonne idée.

Vous comprenez de plus en plus pourquoi ce festival est unique, et accueille un public familial, varié bien qu’avant tout britannique. C’est aussi une des raisons qui doit expliquer pourquoi la circulation au sein du festival est aussi simple. Il y’a tellement de façons différentes de porter de l’intérêt au festival ! Et je me rends compte en écrivant ses lignes que le gros magazine vendu 7£ n’avait probablement pas pour unique objectif de nous donner des informations sur les groupes proposés sur les 4 jours. Mais aussi sur le millier d’activités annexes aux concerts…

La plus belle : The Mountain Stage

Bill Ryder Jones

Bill Ryder-Jones

Très majoritairement, mon intérêt sera porté par alternance sur la Mountain Stage (Scène principale) et la Far Out. C’est au concert de Bill Ryder-Jones que je vais assister en premier sur la grande scène. Indubitablement cool, l’ex-guitariste de The Coral a simplement besoin d’encore un peu de travail en live pour enchaîner de façon plus limpide les titres et ne pas finir un peu pressé par le temps. Rien d’anormal, son troisième album West Kirby County Primary ne sort qu’en novembre. Et ça pourrait être quelque chose à suivre, une pop avec tout juste ce qu’il faut d’agressivité. Enfin déjà, je pourrais commencer par écouter les précédents albums.

Pour en revenir à la Mountain Stage, elle est totalement à part dans l’univers des festivals. Je suis intraitable sur la qualité des scènes principales en festival. Par exemple, je ne considère quasiment plus celle de Rock en Seine comme une expérience live : On ne peut en garder qu’un concert (un vrai groupe headliner comme NIN ou Kasabian) par édition. Celle du festival de Dour n’a pas beaucoup plus d’âme malgré sa taille humaine. Et celle des Charrues est dépendante de l’ambiance (qui peut être formidable) mise par les festivaliers.

Hors, ici, la Mountain Stage est peut-être ma scène favorite en festival ! Mieux, mes trois scènes favorites se trouvent peut-être bien ici, au Green Man Festival. Pourquoi ? L’ambiance n’est peut-être pas la plus traditionnelle (aucune folie) mais on y trouve une atmosphère incroyable. Des générations qui se confondent comme nulle part ailleurs avec le même respect pour la musique : Grands-parents, parents, enfants. Et puisqu’on a exclusivement des artistes pop, folk ou soul, la relative quiétude du public n’est pas un problème. Généralement, on retrouve les familles loin de la scène. Comme le terrain est montant, la vue est toujours bonne. On y pose sa chaise, parfois une petite tente, on s’y promène avec la poussette, etc.

Et puis si la vue est bonne, c’est surtout que derrière on a le paysage avec les collines de Brecon Beacons. Ainsi, c’est bien la première fois pour des artistes que j’apprécie que je me posais cette question : Et si j’étais pas mieux loin de la scène, à me laisser bercer par la musique devant ce paysage somptueux ? Et quand je l’ai fait, je n’étais pas déçu du voyage. Une question qui peut aussi se poser car la scène, qui ne parait pas spécialement grande, est très facilement accessible et jamais encombrée. On a aucune difficulté à se trouver un petit espace pour se poser, ou à se retrouver dans les premiers rangs. Bon, ce n’est pas totalement illogique non plus puisque le festival ne peut pas concurrencer les grands festivals sur les têtes d’affiches.

Moutain Stage Large

Natalie Prass nous amène le soleil.

Je ne me pose pas la question lorsque c’est Natalie Prass sur scène. Les premiers rangs comme une évidence. Ma nouvelle artiste préférée de 2015, mon album préféré de 2015 et accessoirement aussi mon clip préféré de 2015 (cette sucrerie de Bird Of Prey..). Et puis elle est craquante, non ? Oui, tout ça à la fois. Mais comme je m’évertue à rester objectif, on va reconnaître que le live ne fait pas mieux que sur album (et un peu agaçante à toujours retenir ses lunettes de tomber). Malgré tout difficile de ne pas craquer puisque les chansons sont à l’origine déjà si douces..

On a eu quelques moments adorables, et elle est d’ailleurs très détendue sur scène. Mais un peu moins lorsqu’elle se fait attaquer par une abeille attirée par sa robe à fleurs. Dans un festival qui a bien eu du mal à nous apporter un ciel bleu, sa voix va même nous apporter par deux reprises le soleil. Un joli moment. Elle aussi semble se plaire puisqu’elle va dépasser de 5 à 10 minutes la durée prévue de son set. Un set donc d’environ 50 minutes plus long que la durée de son unique album éponyme. Enfin bref, je peux l’écouter inlassablement (tous les jours quasiment depuis sa sortie) comme Daughter et plus récemment Woman’s Hour.

(oui, toutes les photos se ressemblent. Mais je l’aime.)

Villagers

Villagers

La suite se fera avec un petit bout de Viet Cong, qui peine à convaincre en live. Disons qu’on sent le potentiel pour faire quelque chose qui marque les esprits. Mais ce n’est pas le cas. Mais je ne veux pas rater une minute de Villagers. Justement le groupe dont je ne suis pas assez fan mais que j’aime quand même beaucoup pour rester loin de la scène et profiter du paysage en arrière-plan. Et quoi de mieux que la si harmonieuse musique de Villagers pour cela ? Ça magnifie le concert. Le leader irlandais Conor O’Brien comme la majorité des artistes ne manquera pas de « féliciter » la paisibilité du lieu, et de faire aussi allusion aux problèmes que peut parfois rencontrer son pays actuellement.

Green Man standard

Calexico

Calexico

Dans un genre qui fait encore plus voyager, et qui n’a probablement jamais été aussi bien à sa place que dans ce lieu, c’est Calexico. Voilà le genre de moment unique que Green Man peut nous offrir, probablement davantage encore qu’au Théatre antique de Fourvière. Le public est conquis, et participe avec les deux fondateurs du groupe aux derniers morceaux. Ce n’est pas la petite pluie survenue sur la fin qui n’enlèverait la magie à tout cela.

Atomic Bomb

Atomic Bomb! Music of William Onyeabor

L’événement du jour, c’est pourtant de retrouver Atomic Bomb ! Music of William Onyeabor. Depuis le Pukkelpop (première date du groupe), le projet a un peu gagné en popularité. Après le concert donné en Belgique j’avais été forcé de craquer pour la discographie intégrale du nigérian. Un indispensable à avoir dans sa collection. Le public est conquis. L’orchestre, toujours composé de membres d’Hot Chip, LCD Soundsystem, Sinkane ou Beastie Boys s’éclate sur scène comme aucun autre groupe ce week-end. L’une des danseuses africaines viendra se mettre en avant dans une battle de danse euphorique au centre de la scène. Une énergie aussi belle qu’hilarante. Tandis que Money Mark (Beastie Boys) finira par danser en sautant ou skatant sur son piano. On ne sait plus vraiment ce qu’il fait, et lui non plus. Un concert hommage qui n’a résisté à personne. Le bonheur. Amis parisiens, ne les ratez pas le 11 Septembre à la Villette. Et pour les autres, le concert sera à visionner ici.

Hot Chip

La foule devant Hot Chip

Ce qui peut sembler étonnant, c’est que c’est le chanteur d’Hot Chip qui se charge de la majorité du chant d’Atomic Bomb. Or, le concert d’Hot Chip qui a suivi m’a bien prouvé que dans cette configuration j’ai bien du mal à adhérer à sa voix. Bref, le public les attendait pourtant énormément mais de mon côté je n’arrive pas à bouger un pied.

Le chanteur de MEW

Mew

Le clash Hot Chip vs Mew n’a vite plus été un crève-coeur. Après 20 minutes ennuyantes avec les anglais, j’ai été assister à l’intégralité du set (1h15) des danois. Et c’était beaucoup mieux ! Le leader n’a pas besoin d’en faire beaucoup pour nous séduire. Une tenue sobre mais chic, une mobilité et interaction très réduite sur scène. Mais on sent immédiatement la concentration et l’implication sur la partie vocale. Jonas Bjerre a une voix soyeuse, qui fait ses meilleures preuves dans les aigus. Charmant. Sur ces frissons se termine la seconde journée du Green Man. A demain.