Jeudi (Leftfield, Dan Deacon, etc) @ Green Man, Wales

PRÉSENTATION DU FESTIVAL

Vue Brecon BeaconsCette année suite à la déception de la programmation du Pukkelpop j’ai décidé de me rendre au Green Man Festival. Pour le présenter brièvement : C’est un festival de musique indépendante, majoritairement pop et folk, sur 4 jours qui se tient dans les collines de Brecon Beacons ( 1 347 km2 ) au Pays de Galles. Pour bien comprendre le « indépendant » ici (terme utilisé pour la Route du Rock), il s’agit ici réellement d’un festival sans aucun partenaire commercial, sponsor et donc sans aucune publicité. Un cadre somptueux où se déroule près de 150 concerts répartis sur 5 scènes. Pour autant, le festival reste de taille moyenne (20 000 festivaliers par jour maximum) pour le confort de tous, car il pourrait sinon facilement atteindre les 30 000.

C’est également un festival « familial », et là non plus on ne triche pas sur le terme : On y trouve un très grand nombre de familles et d’enfants (dès la dizaine de mois!), ainsi que de spectacles pour eux. Bien qu’évidemment impossible à comptabiliser personnellement, selon wikipedia on recensait plus de 1000 spectacles en 2013 dans le festival. C’est donc dans ce lieu que j’ai décidé de me rendre cette année. Je vais vous proposer un live-report des 4 jours. Du fait qu’il est difficile d’obtenir des informations en français je vais également détailler au maximum le cadre et l’organisation du festival afin je l’espère vous donner envie de vous y rendre. Car je peux déjà vous spoiler : Oui, ça en vaut la peine !

Greenman

Arrivée sur le site : Organisation et Coût du festival

Avec un retard d’une trentaine de minutes, j’arrive sur le site du Green Man avec le bus National Express. Cette compagnie vend des Pass pour le festival + bus A/R depuis la majorité des grandes villes du R-U. Cela m’a ainsi coûté 195£ depuis Cardiff (et un bus A/R Londres -> Cardiff se procure pour une quinzaine d’euros). L’entrée sur le site permet déjà de constater que la fouille n’existe pas : Vous rentrez avec ce que vous voulez dans le camping, et dans le festival (chariot pour les enfants, tente, bouteille en verre, canette, etc). Et il vaut mieux compter dessus puisque tout est plus cher ici, comme le reste de la vie quand on met les pieds au Royaume-Uni.

Par exemple, à 5£ vous ne trouvez que des nouilles sans supplément ou des churros. Les prix sont majoritairement dans les 6 et 7£ (burgers, etc) mais peuvent atteindre dans les 14£ pour des offres familiales. La qualité et quantité est généralement présente de ce que j’en ai vu. De plus, les stands et les choix sont nombreux et variés. Preuve en est avec l’alcool et les bières où le bar The Courtyard propose jusqu’à 108 choix différents (ce n’est pas une faute de frappe !). Pour le sans alcool, on respecte davantage les prix avec 2£ maximum les 50cl. Comme pour le reste, le festival ne dépend d’aucune marque (de soda) célèbre : On les trouvera alors uniquement dans des stands de nourriture locaux et artisanaux. Enfin, à la limite de l'(in)acceptable : La programmation/timetable est payante (petit carnet 1£ et 1,50£ avec tour de cou. 7£ le gros et beau magazine détaillé) ou sinon affichée au mieux très aléatoirement, alors merci Clashfinder. Pour finir par quelques mots sur le camping, rien d’extraordinaire. Les conditions sont les mêmes qu’ailleurs.

Des activités de loisirs pour les enfants,

du bien-être pour les adultes.

Bottes de foin
Manèges de GreenmanGreenman, c’est aussi un festival familial où de nombreuses activités sont pratiquées pour les plus jeunes : Au delà des stands habituels des festivals (vente de vinyles, vêtements, stands de maquillage, manèges, etc) on a aussi un petit baby-foot, des stands pour dessiner, des diabolos, hulla-oop, jeu de crocket, kubb, etc. On peut rajouter à cela diverses petites scènes artistiques, comiques, de danse, etc qui les font participer. L’une des activités les plus prisées est la plus simple : Jouer dans les bottes de foin. Et pour ceux qui seraient proches de la « pédophobie », les enfants aussi nombreux sont-ils ne sont à aucun moment un gêne pour le plaisir du festivalier traditionnel que je suis (j’ai entendu un enfant crier/pleurer en 4 jours).

Nature NurtureLes adultes peuvent eux s’adonner à des activités de bien-être payantes (yoga, massage, thérapie) dans le coin « Nature Nurture »  qui est à l’écart de nos lieux de passages. Ou gratuitement, profiter des films diffusés sous le chapiteau du Cinedrome (pour enfants le matin), des spectacles humoristiques ainsi que des débats (parfois avec des artistes musiciens du festival) proposés sous les chapiteaux Last Laugh et Talking Shop.

Début des festivités du Jeudi

Far Out
Entrée et tente installée en moins de 10 minutes chrono, je me presse sous le chapiteau du Far Out, seule scène utilisée ce jeudi. C’est la galloise Gwenno (du  groupe The Pipettes) qui a l’honneur de débuter la journée pour un court set de 30 minutes. Gwenno est une artiste qui défend notamment sa langue maternelle avec une forte conviction et s’évertue de protéger sa langue. Ainsi, en plus de chanter en gallois, elle animera une conférence le lendemain sur ce sujet de l’héritage culturel.

Gwenno

Gwenno

Pour ce qui est de la musique, la rayonnante Gwenno nous invite immédiatement à danser. Des mélodies planeuses, rêveuses et véritablement addictives retranscrites de son premier album solo Y Didd Olaf (Le dernier jour). Un album inspiré d’un roman (du même nom) de science-fiction gallois des années 70. Le speech ? Les hommes sont clonés par des robots. L’auteur est d’ailleurs à l’origine d’un groupe de pression défendant le droit de parler le gallois au quotidien. Des convictions donc proches de l’intérêt porté par la musicienne sur sa langue maternelle. En tout cas on retrouve cette ambiance rétro et expérimentale dans les compositions au synthétiseur. Avec des thèmes assez importants sur la société, politique et la culture généralement liés au contrôle (des machines, des hommes, etc sur nous). Mais est-ce important puisque le chant est en gallois ? Quoi qu’il en soit, déjà un moment fortement agréable mais bien trop court pour moi qui suis arrivé en cours de set. Notons sans vous surprendre que le festival est lui intégralement en anglais.

Peter BroderickC’est ensuite Peter Broderick qui prend place pour un set assez haché. Pour cause, il est seul sur scène et peut jouer plusieurs instruments dans un même morceau. Même si il s’enregistre parfois au chant avec une pédale de loop, ça laisse un sentiment de vide. Il sera le seul des 4 jours à utiliser le piano que le festival lui a spécialement affrété. Les quelques extraits studio écoutés me semblent pourtant plaisants.

Le festival débutera vraiment avec Dan Deacon qui précise d’emblée que la plus grosse fête c’est aujourd’hui. Comme à son habitude, l’introduction pour motiver les festivaliers est réussi. Il ne tarde pas à faire rire tout le monde, en comparant le lieu (cf. La colline derrière la scène principale) à la plus célèbre scène du Roi Lion. Et ce concert à la fête de la naissance de Simba. Avant d’imaginer que cette nuit le lion pourrait bien descendre de la colline pour venir manger un enfant.

Dan DeaconSans reprendre depuis le début, puisque nous vous parlions de Dan Deacon une semaine plus tôt, je vais souligner les différences : Ce concert fut un bon patchwork de l’ambiance du GM Festival. Sur les morceaux à haute intensité, l’ambiance m’a paru légère (bien plus qu’à la Route du Rock), c’était un constat visible chez moi. Le fait que ce soit en ouverture ou bien de l’avoir vu 4 jours auparavant ont pu atténuer (un peu) l’excitation ?

Qu’importe, le concert a en revanche été réussi là où tout avait échoué à la RDR : Les battles. Tout le monde s’est joyeusement pris au jeu avec des battles de dance 1 vs 1 au milieu de la foule pendant tout un morceau. Puis sur un autre en ayant divisé la foule en 2 et où chaque clan devait imiter les mouvements de son « leader ». Au final, c’était donc complémentaire du concert donné à la RDR. Cela n’en finit pas moins avec le tarif maison Dan Deacon : L’un des 3 meilleurs concerts du festival.

Leftfield, l’excellente surprise.

LeftfieldMais prime à l’inconnu, c’est Leftfield qui va retenir l’attention. Groupe électro des années 90 (trois albums en 1995, 1999 et 2015) visiblement très attendu : 80% de la foule répondait en mouvement à la musique. Moi compris. Typiquement le genre qu’il m’est impossible d’apprécier sur album avant d’avoir un déclic en live. La première partie fut particulièrement excellente, restant sur des standards electro rythmés et jouissifs. Ensuite quelques featurings ont gâché un peu ça. Tout d’abord en mélangeant l’électro au reggae, puis avec de la soul. Forcément le rythme s’en trouve cassé et ralenti. C’était déjà mieux avec le dernier feat. hip-hop. Et encore mieux lorsque Channy Leaneagh (Poliça) collabore sur une chanson, mais elle n’était malheureusement pas présente ce soir. Ce qui n’a pas empêché de la voir à travers un clip.

Les visuels justement, parlons-en : Ils utilisent principalement des formes géométriques simples mais d’un bon goût évident qui donne un réel cachet au show, ce qui change des images kitschs usés et plus franchement amusantes que j’ai parfois vu chez des groupes (The Shoes). On a aussi le droit à un clip sous une forme similaire à Wu Lyf, sur fond de grève et rébellion. Ce concert était l’occasion d’apprécier la qualité des 2 écrans géants sous le chapiteau : Ils sont chacun aussi large que la scène elle-même ! Tout aussi appréciable, ils ne semblent formés qu’en une unique partie. Une qualité impressionnante qu’on retrouve également au Cinedrome. C’est presque incompréhensible d’avoir cet investissement sous un chapiteau pourtant déjà pas très grand. En tout cas le festivalier est dans un confort optimal sous cette scène.. Et nous parlerons des autres, dont la principale à la vue imprenable, sur les prochains jours du festival.