HOOTON TENNIS CLUB « Highest Point In Cliff Town » (Heavenly)

Grosse déprime aujourd’hui. Pas envie de mettre un nez dehors. Envie de voir personne. On sombre, on rumine sur du black metal dépressif ou du folk crépusculaire d’avant-guerre, seules musiques qui peuvent nous apporter un semblant de réconfort, histoire de nous enfermer davantage dans notre bulle et de nous complaire dans notre cafard. Car il n’y a rien de plus agaçant qu’un soi-disant ami qui frappe à votre porte pour vous sortir de votre léthargie et vous forcer à admirer comme il fait beau dehors et comme le soleil brille. Rien à battre, aujourd’hui on tiendra bon. Et pourtant. La sonnette retentit. On jette un œil par la fenêtre, par simple curiosité : ils sont quatre. Plutôt jeunes et souriants, pas l’air prise de tête. Ils ont l’air d’insister, qui plus est. On entrouvre la porte, bonjour, oui, c’est pour quoi? Tiens donc, un des quatre qui prend la parole et qui se présente comme le chanteur du quatuor à l’accent et la voix de Damon Albarn. Ça fait son petit effet. Il me dit que son groupe vient de Liverpool, qu’ils font de la pop et que ça ne me prendra qu’un peu de mon temps, à peine 37 minutes, ne vous inquiétez pas. Bah, entrez, faites comme chez vous, faites pas gaffe au désordre, servez-vous une bière si vous avez l’age légal. Et jouez-moi votre truc, qu’on en finisse. Les deux guitares et la basse sont branchées, le batteur prend place. Premier morceau. Un sourcil se lève. Tiens, amusant : on jurerait entendre le Blur de Modern Life Is Rubbish. Mais version lo-fi. Bon, bon.. Continuez. Oh, surprise, un petit changement de rythme comme sur le premier morceau de Crooked Rain, Crooked Rain, la deuxième petite merveille de Pavement, avec la simplicité garage en plus (Up In The Air). Au fur et à mesure que le répertoire se déroule, composé de chansons pop courtes et légères, on se laisse vaguement entraîner par ces mélodies déjà entendues mille fois, mais qui s’insinuent dans le cerveau de manière entêtante. C’est qu’ils savent créer des singles 60’s parfaits en plus (Kathleen Sat On The Arm Of Her Favourite Chair) et c’est carrément aux oubliés Cotton Mather qu’on pense. Une ballade? En voilà une, et une bien torchée (…And Then Camilla Drew Fourteen Dots On Her Knee). Par moment, on augmente les guitares et un mur de son est érigé façon Noel Gallagher sans l’emphase (Standing Knees). On commence à marquer le tempo avec sa tignasse et on ne s’en rend même pas compte. Fini, déjà? On n’a pas vu le temps passer. OK les gars, merci d’être passé, à la revoyure. Là, le téléphone vibre. Salut, salut, oui ça va un peu mieux. Comment se fait-il? Bah, figure-toi qu’un jeune groupe est parvenu à me rendre le sourire avec son premier album. Et pourtant, ce n’était pas gagné.

Le quatuor anglais de Hooton Tennis Club (source : facebook)

Le quatuor anglais de Hooton Tennis Club (source : facebook)

Hooton Tennis Club sera en Belgique le 11 septembre au beursschouwburg & à Paris le 22 septembre à La Mécanique Ondulatoire.