Kaiser Chiefs, Die Antwoord, Birth Of Joy @ La Nuit de l’Erdre

Kaiser Chiefs

Pour la dernière des deux journées du festival La Nuit de l’Erdre (à Nort-sur-Erdre), se produisait Kaiser Chiefs, Die Antwoord et Birth Of Joy. Pour ne citer que ceux qui nous intéressaient ce soir.

Comme il s’agissait d’une première pour nous dans ce petit festival, on va d’abord commencer par un bref petit point sur l’organisation : En capacité, tout d’abord, on se retrouve avec un festival peut-être deux fois plus petit que Beauregard, et avec également le même format : Alternance des groupes sur les 2 scènes du festival. Autant dire que ce sont de très bonnes conditions, avec des tarifs encore plus accessibles (à partir d’1,20€ les galettes/crèpes et la boisson sans alcool). Pour l’autre excellent point qui va servir de transition à la partie qui nous intéresse le plus : Ici, les groupes non headliners jouaient généralement 1h10. Soit 20 minutes supplémentaires aux autres festivals en général, un luxe.

Ricky WilsonUn luxe qui ne se refuse pas, d’autant plus quand Kaiser Chiefs joue en ouverture sur la Main Stage. C’est assez surprenant, bien qu’avec le recul il faut avouer que les originaires de Leeds ont perdu de leur popularité (au moins chez nous) à force d’enchaîner les mauvais albums. Vous êtes-vous déjà intéressé par The Future Is Medievial (2011) ou Education, Education, Education & War (2014) ? Non. Et c’est plutôt logique puisque c’est simplement sans intérêt. Ce dernier album s’est (malgré tout?) placé à la 64ème place des meilleurs ventes en 2014 au UK. Pour comparaison, on retrouve Kasabian (headliner à Rock en Seine) 27ème.  Dans tout les cas, on reste bien loin des premiers albums (Employment 4ème en 2005, Yours Truly, Angry Mob 7ème en 2007) qui leur ont valu quelques Brit Awards.

Pour autant, Kaiser Chiefs conserve une excellente réputation en live en bonne partie grâce au leader Ricky Wilson. Et c’est bien pour quoi je suis ici. Je n’ai pas pu revoir le groupe depuis le Main Square Festival et j’avais grand-hâte.  Ils vont évidemment jouer la majorité des tubes de leur répertoire (Ruby, I Predict A Riot) immédiatement efficace pour le public (avec également une reprise de The Who). On ne regardera pas la setlist en détail puisque cela fait 8 ans que plus personne ne les écoute à l’exception des concerts. Et je suis bien incapable de reconnaître la majorité des titres. Ne nous méprenons pas, c’était quand même musicalement très bon du début à la fin.

Ricky WilsonMais on va surtout s’intéresser au show Ricky Wilson. Il a comme à son habitude mis toute son énergie et sa bonne humeur dans ce concert, en faisant tout ce qu’il fallait pour faire réagir le public. Un public malgré tout un brin timide qui a davantage réagit qu’agit. Mais encore une fois, ce n’est pas étonnant puisqu’ils n’ont sorti aucun tube, etc depuis quelques années. Mais convaincre un public sur l’instant, ce n’est pas vraiment un problème pour Ricky Wilson. Il a profité des nombreux refrains « accessibles » ou connus pour haranguer la foule, la faire chanter et crier. Il a joué le temps d’un titre avec une caméraman, avant de tenter de gober le moustique qui se tenait sur la vitre. Plus tard, il est lui-même passé cameraman. Et il a évidemment passé la majorité de son temps à courir à gauche et à droite de la scène. Parfois, ces artistes peuvent s’installer dans une routine (The National ?) ou surjouer terriblement (The Hives) mais ce n’est pas l’impression laissé par les Kaiser Chiefs. On a le sentiment que ces situations n’étaient et ne sont pas prévues à l’avance. Ce qui confère une réelle authenticité dans l’énergie de Ricky. Bonus : Il n’est pas trop bavard.

Les anglais ont été parfait, sauf sur quelques transitions trop longues entre deux morceaux. Il ne reste plus pour eux qu’à retrouver la lumière par des bons albums, plutôt qu’en étant jury de The Voice UK.

Le concert des Kaiser terminé, on a peur que le temps se fasse long jusqu’à celui des néerlandais de Birth Of Joy (4h sépare les deux groupes). Pendant ce temps, Lilly Wood & The Prick va, sans impressionner ou me procurer des émotions, délivrer une pop agréable. Ensuite, c’est à Chinese Man de se produire. Je n’aime pas du tout.

Et c’est alors l’heure des headliners Die Antwoord. Je ne connais pas vraiment ce groupe mais le WTF permanent des sud-africains me donnait envie de voir ça. Mieux, j’étais préparé psychologiquement à apprécier ce « délire ». En réalité, le rap white-trash du duo ne représente pas vraiment d’intérêt, même pour le fun.

Musicalement, on va vite passer. Ils ne font que crier, il n’y a aucun rythme, aucun temps-mort. Mais ça je savais un peu. Pour le côté décalé, c’est finalement assez cul-cul / provoc’. Ça montre ses fesses, ça baisse le pantalon, ça porte des costumes Pikachu ou des masques. Et ça gueule, encore et toujours. Le grand écran sur la scène n’offre pas grand chose de bien différent et se contente d’afficher quelques clips. Le public est pourtant assez euphorique. Définitivement un phénomène étrange et difficilement compréhensible.

Birth Of JoyHeureusement, notre soirée va se finir sur Birth Of Joy. C’est la troisième fois (avant ma quatrième au Green Man Festival) que j’ai l’occasion de les voir. C’est toujours le même bonheur. Un bonheur partagé, puisqu’à une horaire encore une fois parfaite pour eux (01h), on retrouve une bonne fanbase dans les premiers rangs. C’est d’ailleurs un peu étonnant mais réjouissant de voir ce si bon groupe jouer à chaque fois devant un public passionné.

Pendant une heure 10, les mélodies nous hypnotisent. On rentre en transe, on pogote (ndlr : ce mot est très moche) sans limite (mais en respectant le rythme de la musique). Le groupe se joue de nous en faisant durer les solos tortueux avant de nous faire exploser, à sa guise.

Et si on l’écrivait enfin ? Birth Of Joy est l’un des meilleurs groupes de la scène actuelle. Sur album, et sur scène. De mon côté, ils rejoignent définitivement le cercle très fermé de mes 10 meilleurs artistes/groupes en concert, avec Dan Deacon, The Eels, Robyn, Sigur Ros (et dont même Blur ne font pas partie). Pour vivre ça depuis chez vous, écoutez l’album live enregistré à l’UBU de Rennes ! Un bien joli cadeau.

Birth Of Joy