DEATH AND VANILLA – To Where The Wild Things Are (Fire Records)

To Where artworkOn peut aisément craindre toute musique provenant de Suède. En effet, l’esprit obtus se dira face au duo (chanteuse/bidouilleur de synthés) qu’il a de nouveau affaire à des fabricants de bande-son lounge coincés au stade oh-so-chic de Burt Bacharach meets The United States Of America (groupe référence ultime auteur d’un bon disque à la fin des 60’s) perdus sur une compil pop-groovy sponsorisée par Les Inrocks (ou alors à des black-metalleux scandinaves, ce qui serait plus étonnant). Il n’en est (presque) rien. Dès le premier titre de ce troisième album, le malentendu se dissipe: loin de proposer des morceaux coincés du sphincter, Marleen Nilsson et Anders Hansson élargissent le propos et nous font voyager vers des contrées kraut Broadcast-style sous un ciel peuplé de nuages dreampop à la My Bloody Valentine d’où parviennent à percer des rayons de soleil indés mélodiques, voire yéyés sixties, ce que confirment quelques petites nappes de guitares acoustiques et de minuscules orchestrations à la Jim O’Rourke, nous prouvant que nous avons bien affaire ici à des êtres humains, et doués d’un cœur : une certaine mélancolie suinte par tous les pores de cette musique, évitant le syndrome yéyé-pop sautillant évoqué plus haut. Parfait équilibre entre légèreté et gravité (ce dernier aspect plus marqué sur la fin de l’album, notamment sur un magnifique Moogskogen tout en menace), cet album agréable se termine sur un morceau commençant par des chants d’oiseaux qui nous dit que dans la galaxie, entre les satellites et les cabines pressurisées vidées de toute humanité, il existe une bulle oxygénée peuplée de papillons, d’abeilles et d’un couple de musiciens qui prennent du bon temps tout en étant témoins du tumultes de la guerre des étoiles. Recommandé!

https://deathandvanillamusic.bandcamp.com/album/to-where-the-wild-things-are