PAON aux anges!

Auteur d’un agréable premier album et bien encadré par leur manager Simon Vanrie, PAON est venu ce vendredi premier mai aux Aralunaires à Arlon. C’était l’occasion de les écouter en live mais dans une formule unique. C’est dans le cadre de l’église St-Donat que l’oiseau coloré venait à se produire. On a profité pour poser quelques questions dans la sacristie aux membres du groupe bruxellois.

Comment est venue l’idée de CELEBRATION, show éphémère, pour cette septième édition des Aralunaires?

Aurélio, chant & clavier : il y a quelques mois, notre manager nous a dit que Les Aralunaires voulait nous faire jouer dans une église pour un concert particulier. Les organisateurs du festival souhaitaient nous programmer hors d’une scène classique et nous pousser le plus loin possible avec le lieu comme thème. On a directement pensé à une chorale, aux bougies et à une petite mise en scène sympa. Mais avec la sortie de l’album, on a douté. On s’est dit que c’était peut-être trop tôt pour se lancer dans ce projet. Puis finalement, il était bête de passer à côté de cette opportunité. Nous avons trouvé des choristes qui habitent sur Arlon. Elles se sont portées volontaires. Nous sommes arrivés tôt à St-Donat pour répéter avec les filles (vu que nous ne les connaissions pas) et effectuer la mise en place. C’était l’inconnu. Mais depuis les répétitions, ce ne sont que des bonnes surprises. Les filles sont fabuleuses car elles chantent bien. Elles n’ont pas l’habitude de chanter ensemble. Cela donne un aspect « moins propre » que si nous avions eu à faire à une vraie chorale. Ce côté fébrile palpable colle parfaitement à nos morceaux.

Répétition du groupe avec les choristes à St-Donat - source : Les Aralunaires

Répétition du groupe avec les choristes à St-Donat – source : Les Aralunaires

Léo, batterie : cela fonctionne parfaitement.. Un chœur imposant, des réverbes.. Il y a un spectre sonore ample dans cette église!

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Après l’écoute de l’album et vous suivant régulièrement, on sent une grande liberté au sein du projet PAON? D’où provient cette autonomie?

Léo : on a surtout envie de s’amuser au sein de PAON. Nous avançons sans avoir un but à atteindre ou quelque chose de prévu. On expérimente plein de choses.

Aurélio : le projet, à la base, est né de cette envie là et de la frustration de ne pas pouvoir aller là où on voulait avec nos projets respectifs (Lucy Lucy! & The Tellers). Nous avions déjà une image qui nous collait à la peau. Et on en avait marre d’être stigmatisé. Du coup quand on a commencé PAON, la volonté était d’aller là où on on ne nous attendait pas. Nous arrivons encore actuellement à nous étonner nous-même. C’est ce qui nous intéresse. Le concert de ce soir dans une église est un bel exemple. Nous n’avons pas peur de nous mettre en danger. Jouer avec la chorale tout à l’heure nous procure des émotions, des sensations musicales. Cela transcende car on sent tout le monde sur la même longueur d’onde. Pour atteindre ce genre d’émotion, il ne faut pas avoir peur de se surprendre.

Avez-vous ressenti les mêmes émotions en rentrant en studio pour coucher l’album?

Léo : c’était également ces sentiments pour l’album. Mais on a travaillé avec Nicolas Quéré, producteur. Nous n’avions pas envie de nous planter et aller droit dans le mur. Il nous fallait quelqu’un pour nous cadrer, pour « choper » les bonnes idées car nous sommes tous très forts différents. Ce médiateur a permis d’accorder nos violons et cela nous a fait du bien.

Quel est le regard que vous portez sur l’album?

Léo : j’ai un peu du mal à être objectif sur ce que je fais. Mais j’ai un bon ressenti et je m’étonne à l’écouter de temps en temps. Pourtant j’écoute rarement ma musique sauf quand c’est en phase de travail. C’est très positif dans l’ensemble. Je suis content de là où nous sommes arrivés malgré le côté fastidieux du studio.

Avez-vous déjà des intentions pour la suite, de nouvelles compositions?

Aurélio : on essaye actuellement de profiter pleinement après la période de travail et la sortie du LP. Mais nous avons des projets en tête. Cela reste au stade des idées actuellement. Nous voudrions nous tester sur des morceaux « garage » avec un son plus brut. D’ailleurs en studio, nous avons calmé le jeu en choisissant un mode plus pondéré car les morceaux étaient up tempo initialement. Mais on a tous les quatre dans le futur l’envie de créer quelque chose de brut. Sur scène et hormis ce soir dans l’église, on retrouve cette énergie.

Comment vous situez-vous ou comment percevez-vous la scène belge?

Aurélio : la scène belge est une dimension difficile à comprendre quand on est sur place en Belgique. Mais en France ou à l’étranger, on saisit mieux l’intérêt que l’on porte à notre musique. Plus particulièrement en France, le public vient nous écouter sans même connaitre les artistes. Comme si le fait d’être belge était un gage de qualité. Quand on prend du recul, il y a vraiment une scène belge. Mais nous, habitant à Bruxelles et étant baignés dedans, on a difficile de mettre tout le monde dans le même sac.

Léo : on apprécie par exemple les Robbing Millions ou Le Colisée. C’est une scène très indé qui émerge et ce de plus en plus.

Jérémy, basse & guitare : je pense qu’on est moins sur une vague commerciale en Belgique. Les groupes qui émergent ont envie de se faire plaisir comme nous, sans vouloir plaire à certaines radios. Et cela fonctionne!

Où vous voyez-vous dans deux ans?

Aurélio : on s’est tous fixé comme objectif PAON. Nos groupes sur le côté ne sont pas la priorité. Les side-projects (Blondy Brownie, Sonnfjord ou Jeremy Walch) sont une manière de se régénérer. En tout cas, cette question est difficile. On a galéré pour cet album. C’était une étape, intense au niveau du travail, avec des hauts et des bas. Mais l’expérience en valait le coup. Et là, on a juste envie d’en profiter sur scène, de s’amuser, se libérer. On a les morceaux bien en main et on les joue sans réfléchir. On relancera le processus de création quand on le sentira. Au bon moment..

Chronique Du Son remercie PAON pour le temps consacré, Sandra Conrod & Loïc Warin pour les crédits photo.