avril 20

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D.U.C et Booba, ça vaut quoi ?

D.U.C, le nouvel album de Booba est sorti il y a quelques jours. D’ores et déjà adulé de tous, B2o reste « le roi du rap français » (notez mes gros guillemets)…
Incontesté par les médias, le Duc de Boulogne semble faire l’unanimité. Après Futur, qui détient toujours les records des ventes digitales en France, D.U.C, son 7e album ne semble pas déroger la règle. Dès lors, je m’interroge : Vous avez fumé quoi, les gars ? Depuis quand un mec qui fait l’apologie de la violence et de la femme-objet est un POÈTE ? Faudrait peut-être revoir ta définition du terme, Les Inrocks.

« Elle à cul d’jument, j’la veux. J’vais lui mettre doucement, au calme. Bang Bang dans sa schneck’zer, étincelles dans sa rondelle » + « j’me lave le pénis à l’eau bénite. J’vais rentrer au pays marier 4 grognaces qui m’obéissent » =  poésie ? Veuillez m’excuser, j’ai vomi sur mes chaussures.

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Tour rapide sur ce nouvel opus où les thèmes tournent en rond et finissent par s’essouffler :

  • Égocentrisme pathologique. «Ma carrière est incroyable. Si j’vais en Enfer, je paie le voyage »
  • Oseille, pactole, money. Les valeurs sures exploitées à (presque) chaque titre. « J’fais trop d’oseille, mon négro, j’fais trop d’oseille. Je vais devoir changer de coffre. Rien à foutre de ma Rolls »
  • Vulgarité à souhait. Izi, j’avais l’embarras du choix. Extrait choisi :  « j’te la mets dans le uc’zer en cas de ragnagna »
  • Allusions à la couleur de peau. Histoire de se plaindre un peu quand même « Si j’étais plus clair de peau, je serai président de la République ». Au pire, Obama peut te donner quelques conseils gros.

Faut se rendre à l’évidence, passer son quotidien à se faire dorer la pilule à Miami, ça assagit et on en est presque content ! Il faudra m’expliquer pourquoi on s’acharne à faire la promotion d’autant de haine lorsque l’on a tout pour être heureux. A 40 ans, est-il encore vraiment sage de faire des métagores pour adolescents ? Prôner l’individualisme et la violence, n’est-il pas un comportement puéril ? Une remise en question serait peut-être utile, surtout lorsque l’on est papa. A moins que quelqu’un ose sortir un « Je vais tellement t’enculer, tu vas détester le sexe » à Luna (sa fille) dans quelques années ce qui sera peut-être suffisant pour une prise de conscience sur la brutalité de ses propos.

Je suis convaincue de la facette businessman. En même temps, peu d’artistes peuvent se permettre de tâter autant de terrains différents. Avoir son propre label, sa marque de vêtements et quelques années de carrière au compteur, je reconnais que c’est bluffant. Allez, encore un petit effort et peut-être qu’au prochain album, je pourrais enfin me dire que Booba a une forme de talent pour manier les mots de la langue française. En attendant, ce dit talent est vraiment bien dissimulé sous toutes ces grossièretés.