février 01

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Baden Baden brille de mille feux!

 Nous avions quitté Baden Baden en 2012 sur l’intensité de Last Song. Ce titre clôturait un premier LP combinant des chansons françaises de qualité et d’autres morceaux en anglais. Trois années plus tard, Eric Javelle, Julien Lardé et Gabriel Vigne donnent une suite à Coline : MILLE ÉCLAIRS.

Gabriel Vigne - Eric Javelle - Julien Lardé

Gabriel Vigne – Eric Javelle – Julien Lardé

Mettons de côté les possibles difficultés que rencontre un groupe pour confirmer ou composer un second album et plongeons nous directement dans les onze titres de MILLE  ÉCLAIRS. Il se dégage immédiatement une cohérence et un équilibre sur cette nouvelle production. Le choix du français pour tous les textes renforce cette impression.

Le trio parisien évoque tour à tour la trentaine, la complexité des relations humaines et les sentiments amoureux. Les morceaux recèlent de ce romantisme à la française fait de poésie et teinté d’indie music. Les comptines musicales de Baden Baden pourraient être cataloguées « chanson française ». Mais le résultat est tout autre! Les références musicales du trio (Grandaddy, Radiohead ou la pop anglaise en général) et la présence de Barny Barnicott au mixage (Arctic Monkeys, Cloud Control, etc.) offrent une musique percutante et remplie de nuances. Aux titres dynamiques à l’instar de L’élégance avec, Hivers ou A tes côtés, Baden Baden offre la possibilité de souffler avec des instrumentaux comme Finalmente ou Criminel et le calme de M.A.C. L’écoute prolongée nous amène à effectuer un parallèle avec Girls In Hawaii pour ses mélodies finement ciselées et l’équilibre musical.

L’album sortira ce 9 février. Le groupe français effectuera une série de dates (en ce début d’année) en France, Suisse et Luxembourg avant peut-être un passage en Belgique. Nous sommes curieux d’écouter la mise en place des nouveaux morceaux en live. Nous ajoutons l’interview du groupe réalisé par nos soins avec l’aide de Delphine Caurette (Webpromo) pour clore notre chronique.

Second album pour Baden Baden où l’on sent parfaitement le choix assumé du français pour les textes. Comment avez-vous procédé au sein du groupe pour ce choix définitif et l’intégration à votre expression musicale?
Baden Baden : le choix s’est fait naturellement. Les premiers titres qu’on a écrits pour « Mille Éclairs » étaient en français et au fil de la composition, c’est devenu quelque chose d’assez naturel et spontané. On a toujours aimé composer dans les deux langues, et on exclut pas d’y revenir sur un troisième album mais pour celui-ci, c’était plus difficile, là où le français prenait naturellement sa place dans les instrumentations. Au final, cela donne peut-être quelque chose de plus cohérent et bavard, dans le sens où écrire dans sa langue maternelle permet d’avoir plus de mots pour décrire des émotions.

Que vous a apporté Barny Barnicott (Cloud Control, Bombay Bicycle Club, etc.) dans le mixage?

Baden Baden : une vision vraiment différente de ce que nous imaginions pour les mix. Les intentions dans les maquettes n’allaient pas du tout dans la même direction, si bien que les premiers retours ont même été un peu douloureux. Il nous a fallu un peu de temps pour rentrer dedans mais au final et après quelques allers-retours, on est très content du résultat. Le plan de départ était d’avoir un point de vue étranger dans tous les sens du terme, et c’est pour cela qu’on n’a pas choisi un français. Comme pour un peu échapper à la façon dont sonnent les productions chez nous. On a réfléchi à plein de mixeurs potentiels et c’est Frédéric Lefranc qui nous accompagne depuis nos débuts, qui nous a parlé de Barny et de son travail sur « Dream Cave » de Cloud Control. On a aimé sa façon de voir les choses et on a décidé de bosser avec lui. Les prises ont été faites avec Fred en Juin 2014 et Barny a mixé en Juillet et Août. Au final, il a su donner une vraie homogénéité aux morceaux et une texture très caractéristique aux voix et aux chœurs notamment.

Eric Javelle (chant/guitare) s’est isolé le long de la Manche pour écrire. La pochette de Mille Éclairs représente de l’eau. L’ambiance maritime serait-elle chère au groupe?

Baden Baden : c’est quelque chose qui se ressent dans les textes par la force des choses, dans la mesure où pour la moitié des titres, la composition s’est faite en Normandie. Après on aime l’idée selon laquelle le hasard, les rencontres et des lieux influent sur la façon de raconter les histoires, et que surtout il faut laisser les choses se faire spontanément. Le clip de « Evidemment » un titre de « Coline », notre premier album, a été fait sur un bateau et a été co-réalisé par Carl Von Arbin qui a signé l’artwork et pris la photo qui illustre la pochette.

Pourquoi insérer des instrumentaux sur l’album comme Finalmente ou Criminel?

Baden Baden : Finalmente permet de prendre une grande respiration avant de se plonger dans la suite, et Criminel avec ses dialogues japonais ouvre la porte à l’imaginaire. A des interprétations diverses et propres à chacun.

Milles Éclairs n’est-il pas une déclaration d’amour à la musique anglo-saxonne que vous écoutez quotidiennement? Les sonorités, les guitares, les sons, etc.

Baden Baden : si bien sûr! Mais à notre manière et en français!

Quelles sont les inspirations pour des titres comme A tes côtés ou Hivers?

Baden Baden : pour l’instrumentation, il y avait toujours la recherche de quelque chose d’urgent. Des mélodies et des arrangements totalement assumés et qui ne laissent pas respirer l’auditeur. C’est pour cela aussi qu’il y a d’autres morceaux beaucoup plus contemplatifs sur l’album pour respirer… 11 titres comme ces deux-là, cela aurait été sans doute vite usant. Pour ce qui est des textes, le sujet est assez similaire. L’album ne parle pas uniquement de ça, mais ces deux titres parlent de la vie à deux, de la difficulté des sentiments ; Une vision plus sereine sur « à tes côtés »… parfois plus désabusée… ou peut être juste plus réaliste pour Hivers.

Il y a deux années, je faisais connaissance avec vous au Botanique à Bruxelles. Je vous avais trouvé fatigué. Vous m’aviez fait part de la difficulté à combiner vos activités professionnelles et le groupe. Avez-vous pu modifier cette problématique de l’époque et allez-vous pouvoir vous consacrer à 100% à Baden Baden?

Baden Baden : on a davantage de temps aujourd’hui pour faire de la musique, mais aussi la volonté de continuer des trucs chacun de notre côté par souci d’équilibre et aussi parce que matériellement se consacrer 100 % à Baden Baden ne serait pas sérieux.

Avec le recul, comment appréhendez-vous Coline, votre précédent album? Ou quel regard portez-vous sur ce LP?

Baden Baden : on aime beaucoup cet album, c’est notre premier, et donc une partie de ce qu’est notre groupe aujourd’hui. Il nous a permis de rencontrer des gens géniaux, un tourneur, un manager, un label, une équipe sur la route, Arno et Jérôme qui nous accompagnent sur scène. Cet album nous a ouvert pleins de portes et motivé à continuer et à réfléchir vers quoi nous souhaitions aller.

Site web officiel de Baden Baden