Damon Albarn @ Royal Albert Hall, Londres

Royal Albert Hall

J’avais quitté Damon Albarn aussi satisfait que frustré cet été, malgré le génie du concert. Et pour cause, il n’était resté jouer qu’un peu moins d’une heure au festival Beauregard. Il était donc nécessaire de se donner rendez-vous, lui et moi. Et j’ai choisi sa première des deux dates au Royal Albert Hall.

Songhoy BluesCette fois-ci, ce concert exceptionnel de D. Albarn (dans un lieu culte de l’art britannique) nous laissera sur une satisfaction totale. Mais avant d’aborder ça plus en détail, on débute par Songhoy Blues qui a le privilège d’ouvrir la soirée. Si ce groupe vous dit rien, c’est un groupe malien avec lequel D. Albarn a collaboré pour donner naissance au projet « Mali Music » dont il est le producteur.

Bien que Damon soit touche à tout, c’est une musique qui s’éloigne de son répertoire pop attendu ce soir (ce qui en aura peut-être laissé quelques-uns sur la touche). Pas moi! Sans nous faire atteindre les cieux, on a pu passer 30 minutes assez plaisantes sur des sonorités plus festives, avec toute l’énergie et la joie du chanteur. Ça a su me rappeler par moment le recommandable Atomic Bomb! Music Of William Onyeabor.

Damon Albarn

Plus tard, c’est donc à Damon Albarn de rentrer sur scène. Il mettra moins de 4 secondes à faire lever tout le monde (les places sont toutes assises) et pas beaucoup plus pour arroser les premiers rangs. Du Damon Albarn! Pendant tout son show, on retrouvera l’énergie qu’on lui connait, tel un compétiteur : les poings serrés en l’air. Et haranguant toujours plus la foule qui l’acclame déjà sans discontinu à la fin des morceaux.

L’acoustique de la salle, ronde et avec sa hauteur de 41 mètres ne fait qu’augmenter la sensation de bruit provoqué par les cris et les applaudissements des gens présents ce soir (et qui de ma propre impression semblait être composé d’un assez bon nombre d’étrangers). Cette comparaison ne parlera pas à tous mais j’ai parfois eu l’impression d’être dans ma Tribune Loire du Stade de la Beaujoire (Nantes) avec Albarn en chef pour toujours plus nous inviter à la folie.

Damon Albarn

Une folie parfois retenue pendant les morceaux, surtout lors de la première heure du concert puisque celle-ci se concentrait surtout sur des titres de l’album solo Everyday Robots (6 lors des 14 premiers morceaux), et de quelques autres titres de « The Good, The Bad & The Queen », Gorillaz ou Mali Music (c’était une première en concert) avec ses amis de la première partie. La setlist complète est ici.

The Heavy SeasEn tout cas, ça ne nous a pas empêché de profiter d’une orchestration et d’une interprétation magnifique des morceaux de son premier (vrai) album solo. Il est comme toujours accompagné de ses choristes gospel, The Heavy Seas, et de quelques autres musiciens. Cette salle du RAH, où se déroule annuellement le plus grand festival de musique classique au Monde (The Proms), délivre un son côtoyant forcément la perfection.

Pour la seconde partie du concert, ce sont les featurings qui se sont enchaînés sur un rythme fou. Après les membres de Mali Music, c’est Graham Coxon qui vient rejoindre son pote de Blur. Ils interprèteront 3 morceaux ensemble. L’un d’eux, The Man Who Left Himself, n’avait pas été joué depuis les années 90, une période difficile pour eux nous dira Damon Albarn en rigolant. Forcement, on échappe pas à Tender (en plus d’End Of A Century) qui est devenu l’un des plus gros succès live de Blur avec son refrain simple mais enivrant. La foule reprend les paroles.

Graham Coxon

Après Mr Tembo, De la Soul prennent place sur scène pour Feel Good Inc. Le plaisir est total. J’ai toujours rêvé de voir Gorillaz en concert et le spectacle qui est offert ce soir n’est plus si différent. Le début de la chanson sur ce petit sifflement pour nous faire silencieux, qui laisse place aux cris assourdissants de Maseo, ce bonheur. La folie s’installe.

De la Soul

Et il reste un autre titre incontournable de Gorillaz à jouer ce soir : Clint Eastwood. Celui-ci se fait accompagné de Kano. Là encore, un bon moment de folie et des paroles reprises par la foule.

Le concert se terminera avec l’un des musiciens qui a inspiré Damon Albarn : Brian Eno. Il accompagne le chœur gospel sur Heavy Seas Of Love. Magnifique fin pour un concert qui nous aura fait rêver pendant 2 heures!

Kano

Initiative appréciable pour les deux concerts au Royal Albert Hall de DA : Grace au travail d’Abbey Road Studios, le live du soir était enregistré puis vendu en double-CD dès la fin du concert (disponible sur internet également). De quoi repartir de ce lieu avec le meilleur des souvenirs..

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