Mon samedi @ Pukkelpop (Portishead, Snoop, St Vincent, FKA Twigs, Float Fall, etc)

Live-report et photos du jeudi.

Live-report et photos du vendredi.

Bilan et Top 10 du festival.

C’est déjà la dernière journée et je pense pourtant en être qu’à mon deuxième jour. Une chose ramène plus que tout à la réalité : mes jambes. Il est devenu de plus en plus dur pour elles de tenir le rythme effréné des concerts. Heureusement dans un sens, cette journée va cette fois-ci être vraiment plus tranquille que les précédentes.

MaybeshewillJe débute tranquillement à 11h15 par Maybeshewill qui nous livre un set avec la même efficacité que Forest Swords ou Slowdive. Leur rock instrumental sans aucun chant et tout juste quelques dialogues enregistrés nous reste dans la tête. Ils n’ont rien à envier au post-rock de groupes plus célèbres comme Mogwai. Ce qu’on remarque à cette heure-ci, c’est que le public est déjà largement présent. De nombreux connaisseurs semblent déjà occuper le chapiteau puisque les applaudissement sont généreux. Jouer en matinée ne doit pas toujours être rassurant. Cet engouement si tôt doit être un bonheur pour le groupe.

BRNSJe profiterai de la pause après leur set pour me reposer jusqu’au concert de BRNS sur la même scène. Je ne vais pas en faire des tonnes. C’est bien simple et depuis 2011, j’ai fait quatre festivals avec un Pass et BRNS m’a toujours suivi. Que ce soit à Dour, à Rock en Seine, au Pukkelpop 2013 et même aux Vieilles Charrues! L’arrivée prochaine du premier album Patine le 10 octobre permet néanmoins de découvrir un peu plus de nouveaux morceaux. J’ai encore du mal à juger ces nouveautés. Les titres me semblent un peu moins expressifs que le tout premier EP Wounded. Cela devrait se régler lorsque j’aurai enfin la possibilité d’appréhender les morceaux sur l’album. Bon, j’en suis aussi à mon cinquième concert en moins de deux ans. Il y a une lassitude logique.

The Neighbourhood : un boys band au Pukkelpop ?

The NeighbourhoodDirection la Main Stage, après une première averse, pour voir les jeunes américains de The Neighbourhood! J’avais adoré l’album « I Love You » en 2013. Dans un style sombre assez proche, je classais l’album derrière (mais pas trop loin) celui de Daughter. Mais les comparer aux anglais en live serait faire injure à ces derniers.  On m’avait prévenu (en insistant) que c’était très mauvais en live.

Cela m’a permis de me préparer et de finalement trouver quelques qualités : le chanteur a une bonne présence sur scène même si il fait le « malin » dans ses attitudes. Comme un Alex Turner, ça ne respire pas l’authenticité. Il faut dire que le jeune public féminin des premiers rangs est assez facile à séduire. Pour la musique, si ce n’est le temps d’une chanson (et encore, pas intégralement), cela ne ressemble en rien à la qualité de l’album. Jouer de jour n’est peut-être pas d’une grande aide dans ce cas. Mais ce n’est pas ce qui excuserait les limites vocales du chanteur, évidentes sur scène. C’est bien dommage..

Le contraste 2013 – 2014 de Float Fall!

Float FallComme vous aviez pu le lire dans notre compte-rendu du Pukkelpop 2013, on avait été extrêmement déçu par leur concert. Le pire de l’édition précédente alors que j’en faisais l’un de mes groupes les plus attendus. On n’avait d’ailleurs pas manqué d’éloges envers eux avant le festival 2013. C’est donc avec des attentes réduites que je les ai revu. Et également avec peur que mes craintes se confirment et nous fassent définitivement perdre espoir sur ce groupe. Malgré un single Someday toujours aussi emballant qui a augmenté l’exposition de ce groupe.

En 2013, c’est peut-être le succès de ce single qui a poussé le festival a soutenir ce duo de Louvain. Le reste du concert 2013 n’était qu’une electro minimaliste ennuyante.  Le concert de cette édition 2014 fut totalement différent. A la hauteur de la chanson Someday! Ça me laisse penser que le groupe s’était présenté au Pukkelpop 2013 avec une ébauche de travail. Le chant (qui se faisait rare) fait désormais partie intégrante de chaque chanson. C’est un plaisir de profiter de ce duo de voix et du contraste entre la douceur de Rozanne (chant, synthé) et le timbre plus grave du guitariste Ruben. Ils se sont adjoints deux musiciens supplémentaires. Rozanne Descheemaeker joue également du cor d’harmonie pour apporter encore plus de richesse aux morceaux. Mon impression me dit qu’ils prennent aussi plus de plaisir aujourd’hui que l’année passée. Forcément avec un travail abouti, ils peuvent être fier d’eux.

Le public va leur donner toutes les raisons d’être satisfait. On pourra toujours épiloguer en disant qu’ils jouaient « à domicile ».. Mais on ne retirera pas les faits : ils ont eu les plus belles ovations de ces trois jours. Trois ovations exactement dont deux impromptues alors que le concert n’était pas fini! C’était beau et mérité. Je n’ai pas eu l’occasion de voir beaucoup de concerts « émotionnels » ce week-end. J’étais plus souvent dans des concerts aux ambiances folles ou alors devant des groupes post-rock. Avec Float Fall, mes yeux ont eu l’occasion de s’humidifier pour la seule fois du week-end. J’ai aussi pu frissonner comme pendant Robyn.  Et ça, c’est très bon. Cette émotion n’arrive que devant les meilleurs concerts et les meilleurs groupes et Float Fall en fait partie. Me voilà entièrement rassuré et comblé! Ça aura été retardé d’un an mais je peux (enfin) les aimer de tout mon cœur.

Il n’y a pour l’instant toujours aucune info sur la sortie d’un EP ou album. Mais vous pouvez revoir le concert ici.

Arthur BeatriceJe redescends de mon nuage pour aller voir Arthur Beatrice. J’avais fini par volontairement ne jamais écouter le groupe pour le découvrir au Pukkelpop. On ne s’éloigne pas énormément musicalement du précédent concert (encore deux voix au chant) avec plus de pop et de rafinement. La batterie joue aussi un rôle important pour nous hypnotiser à elle seule. Un set de quarnte minutes reste cependant un peu court pour s’immerger totalement dans l’univers de ce groupe. Ça donne envie de les revoir dans d’autres conditions. C’est l’objectif d’un concert en festival. Et c’est réussi dans ce cas.

Glass AnimalsEnsuite, je prends place pour Glass Animals. Entre électro et R&B, les beats enlaçants et sensuels des britanniques séduisent. Leur trip-hop juxtapose tout au long des sentiments contraires : il y a aussi bien l’envie de rêvasser que de danser même si mes jambes se font lourdes. Une vraie réussite! Avec sa programmation « indie » de qualités (aux genres divers et variés), mes plus de trente-cinq heures de musique au Pukkelpop devait étancher ma soif de concerts. Mais à l’inverse avec cette qualité, le besoin de revoir Glass Animals se rajoute à une longue liste d’artistes et groupes.

James Vincent McMorrow

J’avais prévu de voir Bill Callahan et James Vincent McMorrow. Mais l’excitation n’est pas aussi grande que ma douleur des jambes et du dos.. Je profite autant que possible des faibles minutes assis. Je jette quand même un œil  sur JMV. C’est joli. Mais ça me rappelle trop Bon Iver pour éveiller de l’intérêt aujourd’hui. Ce n’est pas vraiment ce que je recherche en venant à Kiewit.

La déception : FKA Twigs

Avec , la chanteuse anglaise FKA Twigs est l’une des plus hypes de l’année 2014! J’avais donc hâte de la voir après avoir pu écouter un peu son premier album (LP1). Sur album, il n’y a rien à redire. J’adore (bien davantage que ). Des morceaux fascinants qui hypnotisent l’auditeur. Comme The Weeknd (et à moindre mesure James Blake), cette production amène le R&B bien plus loin qu’on ne l’a jamais vu en confondant à merveille les genres. Plus expérimental, plus obscur, plus osé! Le set est composé de nombreux effets grisants sur la voix, au synthé également, etc. Une  musique en avance sur son temps.

En live, la danse est largement mise en avant puisque l’artiste au style unique a longtemps pratiqué le ballet. Je n’ai pas adhéré. Ses danses langoureuses continuelles ne suivent pas le rythme de la musique.. Ce n’est pas secondé par le son qui est très mauvais. Les basses de la Castello m’explosent les oreilles. C’est la première fois depuis trois jours que j’entends un son si mauvais. Pas de demi-mesure ici puisque c’est une véritable horreur! Le plus inquiétant est que le groupe ne semble jamais s’en plaindre (j’ai même lu des critiques positives de ce même concert). Il y a donc une forme de dégoût qui s’installe assez vite.

Sa danse ne ressemble plus qu’à une artiste se pavanant de son air arrogant. Je ne condamne pas sa façon de danser. Mais quand il est impossible de lier sa musique (car mauvaise ici) à sa danse, un décalage s’installe entre son ambition scénique et la réalité. Sur ce concert, c’est impossible d’en tirer quelque chose de positif. Ça ne ressemble en rien aux qualités de l’album. C’est le concert le plus imbuvable du Pukkelpop 2014.. Le pire de mon année et parmi les exécrables toutes années confondues. Est-ce que se reculer un peu et profiter du concert de loin aurait permis de profiter de meilleures conditions d’écoute? Possible.. Suffisamment pour que ça devienne bon? Je ne pense pas.

Dans tout les cas, c’est difficile de rester sur un avis live aussi négatif alors que l’album est magnifique. Un contraste pareil n’est pas possible. J’espère la revoir sans avoir à payer cher (ce qui compte tenu de la hype risque rapidement d’être impossible).

C’est un temps mort qui se présente à moi dans le planning. Je n’ai aucune envie de voir Jake Bugg. Je décide de faire un tour sur la Shelter pour voir Touché Amoré, groupe post-hardcore américain. Mais pas si hardcore que ça puisque j’adhère! Bizarrement, ça ne semble jamais être la grosse folie sur la Shelter. Les slammeurs sont immédiatement « attrapés » par la sécurité, pas de pogos (c’est autorisé ce coup-ci) non plus. C’est débile à écrire/lire mais le chanteur se démarque bien. Il est toujours souriant et poli entre les chansons. En plus de leur musique, cela donne une image vraiment appréciable au groupe.

La bonne humeur du Snoop

Snoop DoggJe n’ai jamais vu Snoop Dogg. J’ai bien du mal à m’imaginer à quoi m’attendre. Cela fait quelques années que le travail de Snoop Dogg est imprévisible (pour rester poli) entre les featurings immondes (D.Guetta, Jean Roch, etc.) et le passage raggae avec Snoop Lion.. La première chose qui va m’étonner est qu’il se produit à l’heure (pas non plus de DJ Set pour gagner du temps).

Finalement, l’image du rappeur « crédible » et « sérieux » des années 90′ est assez loin. Snoop Dogg assume totalement son côté ambianceur voir décalé. Il ne s’ennuie même pas à jouer ses propres morceaux et reprend majoritairement des tubes « populaires », hip-hop ou pop. C’est très bon pour l’ambiance même si ça ne confère aucun charme au concert. On a le droit à des titres plus en phase avec sa carrière comme Still Dre. C’est toujours un plaisir de se dire qu’on a entendu cette chanson en live par un rappeur aussi mythique que Snoop Dogg. Au final, c’est un bon moment mais totalement dispensable. Au même moment, Kelis a livré un concert visiblement assez remarqué sous la Marquee.

Folie et sensualité avec St Vincent

Annie Clark, de son nom de scène St Vincent, avait tapé en plein cœur au festival de Dour en 2012. Je ne l’avais pas revu depuis et j’avais hâte. Elle ne décevra pas du tout mes attentes. Depuis ce temps, elle a continué d’offrir des albums toujours aussi audacieux : Love This Giant (avec David Byrne) et St Vincent. On retrouve toujours ce même son de guitare saturée, accrocheur pour mes oreilles. St Vincent est une artiste qui s’offre un champ de liberté assez large avec ses instruments. Elle aime improviser et s’amuser avec sa guitare. En contrepartie, c’est une artiste qui divisera toujours l’opinion avec des albums pas si simples d’accès. Mais en live, elle fait du même coup basculer ses concerts rapidement dans la folie. Et là, cela devient très facile de séduire l’audience.

Les morceaux se complètent généralement d’une « chorégraphie » bien sentie, dans une démarche volontairement « robotique ». Un style qu’on retrouve dans la majorité de ses clips. Pour notre plus grand plaisir, on n’est jamais à l’abri à ce qu’un morceau transite d’un état calme à un état de démence. Cela contribue à rendre le show toujours plus imprévisible et vivant! Reste à savoir si une partie de cela est calculée.. Mais elle le cache bien (et c’est ce qui importe). Sur la fin, elle viendra secouer les premiers rangs en grimpant dans le public. Elle se permet de volatiliser au passage les premières lunettes (en plastique) croisées sur son chemin pour se les mettre avant de les relancer quelques minutes plus tard.

Impossible de ne pas dire un mot de l’attirance naturelle qu’elle suscite sur son public (façon cachée de dire « sur moi »).  Pourtant, celle qui a été nommée parmi les personnalités les mieux habillées de 2014 selon Vanity Fair n’avait pas revêtu ses plus beaux habits. Mais Annie Clark n’a pas besoin de cela. Via son regard, ses mouvements ou la profusion de riffs sur sa guitare, je la contemple avec admiration..

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Les légendes QOTSA et Portishead

Je termine mon festival avec deux « vieilles » têtes d’affiches affichant la vingtaine d’années : Queens Of The Stone Age et Portishead. QOTSA est le premier groupe à se produire sur scène. L’un des rares groupes de « rock pur » du week-end. Je n’ai jamais totalement adhéré mais c’est la première fois que je les vois : une bonne occasion (en 2011, j’avais préféré voir Selah Sue au Main Square Festival). Le show est solide. On retrouve une setlist qui offre forcément les bons moments d’une discographie de seize années et six albums. Pourtant, on est un peu sur les mêmes défauts qu’Editors ou The National : c’est un show prévisible.. Je ne suis déjà pas leur premier fan ce qui peine encore plus à me faire vibrer.

PortisheadDans ces conditions, il est plutôt conseillé de se rendre un peu avant la fin au concert de Portishead. Les organisateurs ont eu la bonne idée de la faire jouer sous le chapiteau de la Marquee. Mais il n’est alors pas impossible que cette scène soit rapidement complète. C’est donc des premiers rangs que je profite du concert des anglais. Sans surprise, la communication est réduite à son maximum. Beth Gibbons ne jette quasiment aucun regard vers le public. Mais la musique suffit à elle-même pour nous faire partager d’intenses émotions. C’est beau. On retrouve également un petit travail scénographique autour de la diffusion d’images directement filmées du concert. Comme déjà dit dans le live-report de vendredi, c’est semblable à The National et à Sigur Ros. Seul petit point noir au concert : pendant près d’une dizaine de minutes, il faut véritablement lutter contre le mur du son. C’est volontaire de la part du groupe puisque c’est reproduit à chacun de leur concert. Mais quelle souffrance! Les premiers rangs se bouchent tous les oreilles. Même les protections auditives ne suffisent plus. Annie Clark qui regarde le concert avec ses collègues en fait de même. La fin de ce passage sera accompagnée d’une ovation. Probablement parce que nous sommes tous heureux que cela s’arrête. En revanche, les autres ovations seront légitimement réservées à la qualité intrinsèque du concert de ces légendes de Bristol.

Le festival se termine doucement devant le DJ Calvin Harris, qui mettra dans un second état les gens  qui adhèrent à sa musique. Comme c’est la tradition, viendra ensuite un nouveau feu d’artifice pour clôturer le festival. Je ne les compte plus!