Mon vendredi @ Pukkelpop (The National, Royksopp & Robyn, Macklemore & Ryan Lewis, etc)

Live-report et photos du jeudi.

Live-report et photos du samedi.

Bilan et Top 10 du festival.

LuciusAprès un jeudi de « feu », je me dis que le vendredi montrera forcément une baisse de régime.. Le début de la journée se fera un peu plus en douceur : je suis le concert de Young Buffalo de loin. Un groupe américain dont les influences sont prises chez Arcade Fire ou encore Vampire Weekend. Ça sonne pas mal mais il faudrait d’autres conditions pour mieux les juger. La scène où se produit Nick Mulvey semble avoir un petit problème sur une enceinte. J’en profite pour alors aller voir un peu Lucius. Ce duo féminin a la particularité  de ne chanter qu’à l’unisson. Comme si les amies ne formaient qu’une seule voix. Elles sont accompagnés d’un synthé et un clavier. C’est bien gentil tout ça mais ça ne les rend pas intéressante pour autant. Je m’ennuie ferme en moins de dix minutes. L’album Wildewoman n’était de toute façon pas plus emballant.

Nick MulveyJe retourne voir Nick Mulvey. Celui qui se produira au Festival Les Inrocks en fin d’année rend les choses déjà plus intéressantes. Une guitare, une voix et la folk de cet anglais opère déjà sur nous. Joli! Il va falloir écouter son album solo « First Mind« .

MLCDJe vais mettre les pieds sur la scène Wablief!, réservée entre autres aux groupes belges. C’est My Little Cheap Dictaphone qui s’y produit. Du rock-psyché qui a le droit à une scénographie agréable. Malgré l’étroitesse de la scène, on a droit à trois grands écrans verticaux diffusant des extraits de clips d’un joli effet. Ce groupe peut sonner comme inconnu pour le public français. Pourtant, ils ont déjà été récompensés du prix de groupe de l’année et album de l’année aux « Victoires » (Octaves) de la Musique belge francophone. Les anglais comme le Sunday Times les ont également consacré album de la semaine en 2010. Ils ont participé cet été à plusieurs festivals avec un show remarqué aux Ardentes à Liège. On retrouve également durant le set la chanson « What Are You Waiting For » dans l’OST de Little Big Planet 2. Pas un concert qui marquera les esprits mais une belle réussite tout de même!

Boy & Bear

Boy & Bear

En me dirigeant vers le Club, je peux entendre au loin quelques minutes de Drenge qui est en train de jouer son single « Fuckabout« . Ça rend aussi bien sur la Main Stage. Leur rock-grunge rappelle un peu Parquet Courts que j’avais vu l’an dernier dans ce même festival. J’ai bien envie de les voir en salle. Sous le chapiteau du Club débute le set de Boy & Bear . Parmi la quinzaine de « petits » groupes vu au cours de ces trois jours, les australiens me font l’une des meilleures impressions. Ils défendent leur très bon album Harlequin Desir sorti l’an dernier avec réussite. C’est suave. On peut fermer les yeux et voyager avec eux.

Other LivesArrive ensuite l’un des gros dilemmes du festival : Other Lives ou Sharon Van Etten ? Je choisis Other Lives qui sur l’été 2012 avait bluffé tout le monde. Enfin, surtout ceux qui ne les connaissaient pas du tout. Moins de surprise ici puisque je connais déjà les albums. Ils joueront quelques nouvelles puisque Tamer Animals, dernier album en date, a trois ans. Ils ont entre temps fait les premières parties de Radiohead, rien que çà! C’est très mélodique. On sent une très grande application de la part des musiciens. Le chanteur se fait discret et poli. Il garde un certain retrait avec le public. Certainement sont-ils aussi en réglage. Le groupe n’avait plus joué sur scène depuis 18 mois. Et Pukkelpop était leur premier concert de la tournée estivale 2014. A ce titre, nous n’avons certainement pas eu le meilleur d’eux. J’ai trouvé ça bien mais pas aussi marquant que je ne l’aurais cru.

First Aid KitOn peut ensuite aller s’écouter First Aid Kit sur le Club. C’était l’un des premiers groupes attendus du jour. Je ne connaissais pas avant l’album sorti cette année et je suis vite tombé sous le charme. Ce charme perdure en live, grâce aux divines voix des deux sœurs suédoises et d’une orchestration soyeuse.

Omar SouleymanMalheureusement il faut les quitter un petit peu avant la fin pour Omar Souleyman que j’attendais également beaucoup. Sous le Castello, c’est la folie. Pour preuve, il est dans un premier temps simplement impossible de rentrer sous le chapiteau. Des festivaliers profitent donc du concert depuis l’extérieur du chapiteau. J’ai jamais vu ça ici. Heureusement au fil des minutes, un turnover semble s’installer. Une fois à l’intérieur, je me rends compte qu’effectivement, si l’éléctro du syrien est hyper festive et efficace, la trop grande similitude des titres lasse après une demi-heure. J’avais décidé de ne pas en voir plus, préférant profiter du set presque intégral des jeunes suédoises. Ça me va!

Wild BeastsJe continue ma journée avec le petit groupe de rock indé Wild Beasts. Ils ont sorti l’album Present Tense cette année et avaient connu un énorme succès critique avec Smother en 2011. Je n’ai jamais trop su quoi en penser même si je reconnais le côté rafraîchissant de leur production. C’était le bon moment pour me faire un avis en live. Et bien, j’ai toujours du mal à me prononcer. Je trouve l’ambiance assez froide. Rien d’exceptionnel à en retenir.

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Premier passage sur la Main Stage durant la journée avec Balthazar! Et toujours une grande réussite. Je ne vais pas revenir plus longtemps dessus puisque j’en ai déjà parlé à travers mon live-report au Stereolux et à Beauregard. Troisième fois donc que je les voyais et toujours la même satisfaction! Toujours des frissons! Toujours de l’amour vis-à-vis de ce groupe.. Le fait de les voir dans leur pays est la cerise sur le gâteau. C’est impeccable comme show. Regardez un extrait ici.

Retour sur la scène du Club pour Kurt Vile & The Violators. C’est très beau sur album, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais là, on est au Pukkelpop et j’attends autre chose désormais. Quand il n’y a aucune énergie du groupe ni émotion transmise, il est difficile d’être comblé. Un concert ordinaire en somme.. Pendant et après ce concert, des grosses averses de pluie tombent sur le terrain du festival. Les plus courageux vont quand même voir Ed Sheeran sur la Main Stage. Sans surprise, il séduit surtout le public féminin et jeune.

Thurston MooreMoi, j’attends au sec Thurston Moore au Club. Ça sera l’un des regrets du festival car ça avait l’air très bon. J’ai préféré assurer ma place dans les premiers rangs pour de The National. L’ancien membre de Sonic Youth jouait avec son nouveau groupe pour la première fois. J’ai aussi pu noter la projection d’une sorte de film/documentaire de propagande chinoise pendant le concert. Ça  se prêtait bien à l’ambiance de sa musique. J’espère le voir en salle. Car 20 minutes, quand l’artiste ne joue que 5 morceaux en 50 minutes, c’est rien. Pas de chance non plus, à Rock en Seine il a été programmé face à Janelle Monae. Ce qui m’avait découragé un peu plus à y aller le dimanche.

The National a fait du The National ..

Mais donc pour The National, je suis facilement dans les premiers rangs. C’est déjà ça. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour que le bain de foule de Matt Berninger se fasse à mes côtés (trois ans que j’attendais ce moment depuis le Main Square Festival 2011). C’était peut-être mon concert le plus attendu du Pukkelpop malgré Outkast, Janelle Monae ou encore St Vincent. Le concert a été très bon. Avec le recul je constate pourtant que cela n’a ma procuré aucune émotion particulière. Je ne sais pas si je suis déçu d’eux ou de moi-même sur le coup. Il y a déjà eu des concerts incroyables qui ne facilitent pas la comparaison. Ok.. Mais on parle de The National! C’est un groupe que je chéris. Une fois en trois années, on ne peut pas dire non plus que j’en ai abusé… Peut-être que mon avis aurait été autre si Matt avait pris son bain de foule dans ma zone. The National a finalement fait du The National.

Leur principal qualité est aussi le principal démon du groupe. Puisque musicalement c’était au top et qu’il n’y a rien à contester. Peut-être est-ce moins extraordinaire que je ne le pensais, contrairement à Sigur Ros? Ce ne sont que des suppositions car je ne comprends pas moi-même. Le groupe doit peut-être aussi se reposer après des tournées trop longues? C’est invisible sur scène car ils semblent se donner à 100%. Matt Berninger a le même air perdu et déchaîné qu’en 2011. Je ne connaissais pourtant pas le nouveau show par cœur. Même si j’avais connaissance du style visuel adopté. C’est d’ailleurs assez semblable à Sigur Ros et Portishead : de petites caméras placées sur scène qui diffusent le concert de l’intérieur avec de multiples effets sur les images.

Autre questionnement avant et encore plus après le concert : comment peut-on tourner autant et toujours avoir la même envie? Le bain de foule de Matt Berninger est devenu une véritable marque de fabrique du groupe. Quand on pense à un concert de The National, c’est la première chose à laquelle on va penser. Il serait compréhensible qu’il puisse en avoir marre. Bon, il boit beaucoup. Je sais pas si ça l’aide. Dans tout les cas, cela reste une « obligation » presque « contractuelle » sous peine de décevoir les fans. Difficile de savoir si c’est l’envie qui manque un peu chez eux ou si c’est moi. Comme dit précédemment, c’est imperceptible et improuvable. Cela peut se comparer au sportif de haut niveau qui à seulement 90% de ses moyens physiques peut perdre toute son aura. Ce sont des détails mais ces 10% suffisent à faire la différence entre la normalité et l’exceptionnel. Mon jugement, c’est aussi celui d’un professeur qui sanctionnerait plus durement la copie d’un élève trop doué, pour l’inciter à vouloir faire toujours mieux et plus!

J’ai peut-être tort sur mon ressenti. Et comme je l’ai dit, c’est sans un doute resté un très bon concert. The National quand même.. Simplement en dessous de mes attentes (trop grandes ?). Je n’aurai jamais pensé être rassasié de The National mais il faut croire que c’est le cas ! L’une des images ci-dessous est trompeuse : il n’y a pas eu de pluie. C’est bien dommage car ça aurait pu sortir ce concert de la routine (frustrant d’autant qu’il a plu avant et après le concert).

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Röyksopp & Robyn : Le choc!

Ce n’est pas le concert suivant qui risque d’être plus tendre dans mon impression sur The National. J’arrive au milieu du concert de Röyksopp et Robyn : plus long set du festival avec deux heures! Il me fera rapidement regretter d’avoir vu les américains! J’apprendrai plus tard que la première partie (Röyksopp seul) était assez molle. Finalement aucun regret! Mais quand j’arrive, Robyn est désormais sur scène et la Marquee est en train d’exploser. Les festivaliers dansent, les paroles sont reprises par tous, sans avoir besoin du soutien de la suédoise. Maintenant, je me sens bête à ne connaitre aucune des paroles (sauf le facile Do It Again, à voir ici en live). J’aimerais tellement les crier avec eux. La chose que je peux néanmoins me permettre : me laisser emporter par l’electro-dance des trois musiciens et bouger, avec eux.

Robyn est époustouflante de maîtrise sur scène. On retrouve un peu la même énergie gestuelle et communicative que (en beaucoup plus dansant) dont je vous parlais hier. Sans aucun doute LE concert (que j’ai vu) du festival! Le concert d’une vie, aussi! Nine Inch Nails avait su taper aussi fort dans mon cœur l’an dernier. Sinon, j’ai peu d’équivalent. La petite touche positive supplémentaire ici réside quand même dans la participation totale du public. Merci à lui! Jugez plutôt par vous-même :

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Macklemore & Ryan Lewis : Too much?

Je n’ai plus de jambes.. Mais je suis bien forcé de me jeter sur la Main Stage pour Macklemore & Ryan Lewis. Le passage est difficile pour se rapprocher de la scène. Visiblement Macklemore & Ryan Lewis sont bien la tête d’affiche de la soirée. Ça fait un long moment déjà que j’ai arrêté d’écouter l’album. Mais l’appétit revient facilement.. Car nous sommes en fin de soirée.

Chaque titre ou presque profite de la bonne humeur de Macklemore, des clips décalés, des déguisements, canons à confettis, ice bucket challenge, feu d’artifices, drapeau belge, etc. Tout y passe pour séduire le large public de la Main Stage. Ça pourrait sembler bien trop folklorique si derrière le duo américain n’assurait pas. Mais ils rendent leur show très divertissant, tout en restant professionnel. Trop bavard pourrait-on reprocher. Ça ne m’a pas dérangé vu le public fou et communicatif! Cela nous offre une combinaison très agréable tout en profitant du meilleur stand du festival : le petit stand de fruits sur l’extrémité droite de la scène. Boire un vrai jus de fruit ou se prendre une coupe de fruit frais, c’est possible au Pukkelpop. Et c’est le bonheur.

Bon! Je m’éparpille. Pour revenir sur le concert, cela reste une direction artistique live contestable surtout que l’album est très bien. Aujourd’hui et après 25h de musique en deux jours, moins de cérébral ne me dérange pas. C’était pas mal du tout mais un peu moins de feux d’artifices serait peut-être un juste milieu pour tout le monde. Encore que, on s’en fout ? Macklemore & Ryan Lewis en concert, c’est comme une comédie débile mais qu’on ne peut s’empêcher d’adorer. Avec Outkast, ça permet aussi d’oublier l’escroquerie Eminem de l’an passé. L’escroquerie justement, on l’aura peut-être demain avec Snoop Dogg?

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