CR du Dimanche aux Charrues (Lily Allen, GiH, Birth of Joy, Bombay Show Pig, etc)

TotorroJe remercie d’abord le magazine Plugged, grâce à qui j’ai pu aller aux Vieilles Charrues dimanche. Malheureusement je suis le porte-malheur de ce festival : Un jour l’an dernier, annulation d’Elton John. Un jour cette année, annulation de Miles Kane.. remplacé par les BB Brunes. C’est nul mais objectivement en une journée les Charrues ont réussi à remplacer Miles Kane par un groupe aussi « populaire ». On rentre dans l’enceinte du festival tandis que Yodelice se produit sur la scène. On s’y intéressera guère puisque nous l’avons déjà vu il y’a deux semaines à Beauregard. La journée débute réellement avec les rennais de Totorro. Ils nous prouvent de nouveau après Juveniles, Mermonte ou Popopops (et bien d’autres) que Rennes a une scène musicale de qualité. Totorro transmet une énergie semblable aux membres de Juveniles, dans un style plus « direct » puisque post-rock. On leur prête des ressemblances avec Mogwai. Leur album « Home Alone » est sorti le 28 Avril.

Girls In Hawaii

« Flavor » pour clôturer le set, effet garanti.

Girls In Hawaii

On continue avec Girls In Hawaii, on les a vu plus tôt dans l’année pour leur tournée française et on est donc pas surpris de les voir maîtriser à la perfection la scène, avec un final toujours aussi dantesque. Le seul point noir étant que les conditions en plein jour ne permettent pas suffisamment de valoriser la musique de GiH.

TraamsRetour sur la scène « indépendante » Graal, avec les anglais de Traams. On est pas loin non plus de la qualité d’un Totorro, même si le groupe pâtit de sa trop faible notoriété pour réunir autant de monde que les rennais. Tandis que la barrière de la langue et la discrétion des membres ne favorisent pas la communication avec le public. Et puis du post-punk crade en plein jour c’est pas l’idéal. On aimerait eux aussi les revoir en salle ou de nuit, comme Suuns l’an dernier.

Bombay Show Pig

Bombay Show Pig décevant

La programmation n’étant pas la plus folle qu’on ait connu, c’est le moment d’un premier temps mort d’une heure avant l’arrivée de Bombay Show Pig sur la même scène. C’est l’un des groupes que j’attendais le plus, on m’en avait dit du bien et l’album Vulture / Provider me confortait dans l’idée que ça allait être cool. J’ai pourtant fini assez déçu. Le concert est assez plat, loin de la puissance des Black Keys (qui se sont pourtant calmés) ou The Kills. Pourtant, c’est pas faute du groupe d’annoncer après une première partie de set sage qu’on va enfin pouvoir se bouger. On peine pourtant ne serait-ce qu’à taper des pieds. Fait rare en concert, j’ai trouvé le volume sonore global justement assez faible, de même pour les voix. La bonne humeur de la batteuse est ce qu’on retiendra le plus, même si c’est dommage que ses ondes positives ne parviennent pas aussi facilement qu’espéré jusqu’à nous. A la fin du concert, elle se montrera généreuse et viendra jeter quelques CDs et vinyles dans le public.

Bombay Show Pig

Au passage, un petit coup de gueule sur la programmation des Charrues : Ils n’hésitent pas à tricher sur la durée des concerts. Officiellement, les VC annoncent souvent entre 1 et 1h10 de concert. Hors, 90% des groupes – et ce n’est pas étonnant – ne jouent réellement ce temps. Bombay Show Pig auront joué 40 min au lieu d’une heure annoncée, puisqu’un seul album à leur actif. Du coup, on se retrouve souvent avec des passages de 10 à 30 minutes où il n’y a absolument rien à faire, si ce n’est consommer. L’objectif recherché ? Seulement 4 à 5 groupes par scène, c’est très faible mais pas surprenant puisqu’ils grattent près d’une heure avec les fausses durées des concerts. C’est moche.

On va jeter un petit coup d’œil devant Etienne Daho avant d’aller bien se placer – et sans complication – pour Lilly Allen. J’étais d’abord septique sur elle, avant de me convaincre psychologiquement, et via quelques retours (Glastonbury) que ce concert serait bien. J’avais certainement oublié la qualité de sa discographie, et du premier album que j’ai écouté il y’a huit ans. Il est vrai aussi que pendant 5 ans, Lily Allen a un peu disparu du monde de la musique pour se consacrer à ses enfants.

En tout cas, chaque morceau joué fut une surprise, provoquant la même réaction sur moi : « Mais je le connais ce morceau/tube. Il est super. ». Mais si les morceaux sont bons et très variées (on passe par tous les genres), c’est bien parce qu’ils sont l’oeuvre d’une artiste « complète ». La voix de Lily Allen est déjà superbe, mais elle donne également toute son énergie sur scène. Elle assume cette scène à taille inhumaine en occupant parfaitement l’espace, entourée de biberons géants.. Souvent, elle se rapproche du public, joue avec lui, joue avec elle-même via les écrans géants et use du second degré dans les danses notamment. Entre les chansons, Lily Allen passe la majeure partie de son temps à rigoler, de tout et de rien (aucun sous-entendu, elle tournait à l’eau). Si elle a dédicacé son tube « Fuck You » à Sepp « Fucking » Blatter (président de la FIFA) pendant Glastonbury, ici elle s’est contentée de nous rappeler qu’elle avait écrite ce titre pour Bush et Tony Blair. Sa prestance est si forte qu’on a finalement à peine besoin de parler des clips décalés diffusés sur la grande toile au centre de la scène, ou des danseuses qui l’accompagnaient. Parce qu’à vrai dire, notre attention n’est facilement portée que sur Lily Allen.

Ce concert  me rappelle mon coup de cœur de l’an dernier pour Olivia Ruiz à Beauregard. Seul défaut du concert et assez frustrant après quelque chose qui semblait si parfait de bout en bout : Les deux derniers morceaux joués étaient certainement les deux plus décevants de la setlist : Bass Like Home et Not Fair si je ne me trompe pas. C’est bien dommage de finir sur deux titres moins populaires auprès du public (il réagissait moins en tout cas), et tout simplement moins bons. Pour compléter mon avis dans ce compte-rendu, l’ami qui m’accompagnait et qui n’était pas du tout confiant a également beaucoup apprécié le concert. On dirait désormais pas non pour la revoir une seconde fois. Cadeau : Son set complet à Glastonbury en vidéo.

Notre journée semble débuter réellement avec Lily Allen. On est enfin dans l’ambiance du festival, on aurait aimé 30 min de plus (elle a joué 1h10). On a donc faim de musique et on est plus que motivé pour enchaîner avec des bons concerts. Sauf que non, pendant 2 heures on a que deux choix qui nous sont proposés : Kavinsky ou BB Brunes. Par élimination, « rien » semble la meilleure décision. Jusqu’à Birth Of Joy. Comme GiH, on avait déjà pu les voir en salle récemment mais quel joie de revoir l’énergie inépuisable des trois néerlandais (comme Bombay Show Pig) sur scène… Le groupe se fait tellement plaisir qu’ils iront au bout des 1h10 que permet le festival. Pour un concert de fermeture, la scène est blindée (p-ê 20 fois plus que l’an dernier pour Suuns à la même heure, mais eux avaient Disclosure en face), les premiers rangs font des pogos, le leader ne rate pas non plus les occasions de faire participer le public. Birth Of Joy est clairement l’un des groupes les plus rafraichissants à voir sur la scène rock actuelle. Il faut noter que la scène Graal a changé d’emplacement par rapport à l’an dernier, elle est aujourd’hui plus propice à ce que les gens viennent écouter les concerts qui s’y trouvent (nombreux stands autour). Avec 30 STM en face, ça aidait aussi.

Cela reste une journée mitigée car je n’ai pas l’habitude de me contenter de si peu pour un festival. Mais n’est-ce que la faute des VC ? L’enchainement initialement prévu Lily Allen – Miles Kane – Birth Of Joy aurait été d’assez haut niveau. GiH et Birth Of Joy ont assuré mais je les avais déjà vu, ce qui atténue aussi l’excitation autour d’eux. Bombay Show Pig m’a assez déçu mais je vous conseille toujours d’écouter l’album, j’ai moi-même aussi envie de les revoir en salle. Le concert que je retiens est évidemment celui de Lily Allen. Je me sens d’autant plus privilégié en sachant qu’elle a annulé sa tournée française (sauf à Paris), faute probable à l’accueil assez mitigé réservé au dernier album Sheezus.