2013, les albums manqués sur CdS

On agit de concert en cette fin d’année avec @acidbatgirl & @OK_Li pour citer les albums que nous avons manqué de chroniquer sur le blog. Sans en faire un récapitulatif sous forme de « best-of » (Arcade Fire ou d’autres figurent en bonne place sur pas mal de sites web), voici ce qui est passé par nos oreilles et mérite votre attention.

calviDès 2011, Anna Calvi a créé la sensation et vu le tapage qui a été fait autour d’elle cette année, difficile de ne pas revenir sur cette artiste ! Très vite l’anglaise a été comparée a PJ Harvey, Patti Smith ou Siouxsie.  Avec One Breath, elle a su se distinguer des comparaisons incertaines. Beaucoup plus nuancé, ce deuxième album a été vivement apprécié. Un album personnel, onirique. L’écoute de quelques titres suffit pour comprendre que Calvi a une puissance vocale impressionnante dont elle ne nous a pas encore livré le meilleur. Téméraire, elle a forgé sa réputation au rythme de différents concerts lors de sa tournée. Pas sûre que ça réussi à tout le monde de faire découvrir un nouvel album sur scène avant même qu’il ne soit dans les bacs. Pari audacieusement réussi.

https://soundcloud.com/annacalvi

trentemollerLe producteur danois réapparaît avec Lost, signant de la sorte son troisième album. Trentemoller inspire le respect. Un travail minutieux, sombre, étrange façonnant une œuvre  intrigante, produit non pas par un seul homme, mais par une équipe entière. La collaboration de Low, Jonny Pierce (The Drums) Jana Hunter (Lower Dens) ou bien de Sune Rose Wagner (Raveonettes)  font de Lost un album unique, à l’ambiance mélancolique, psychédélique reflet d’une musique électro-minimaliste impressionnante.

https://soundcloud.com/trentemusic

Au_Revoir_Simone_Move_in_Spectrums Move in Spectrum constitue déjà le quatrième volet du trio Au Revoir Simone. Loin d’être novice, le groupe a prit le temps nécessaire pour nous offrir ce nouvel opus. Voila désormais près de dix ans qu’Erika Forster, Annie Hart et Heather D’Angelo trimbalent leur synthé partout où elles vont, ce qui est payant. Move in Spectrum est un album moderne composé de titres plus lumineux et dansant qu’auparavant. Signée sous le label Moshi Moshi Records, les protégées de David Lynch ne révolutionneront pas l’électro-pop mais certains de leurs titres feront encore parties, à coup sûre, de soundtrack de différents films / séries.

https://soundcloud.com/aurevoirsimone

Nick-Cave-Push-The-Sky-AwayCrooner invétéré : Nick Cave revient avec Push The Sky Away. Après trente ans de carrière, Nick Cave et ses Bad Seeds n’ont plus rien à prouver. C’est donc en toute simplicité qu’ils nous livrent cet opus. Rien de bien nouveau, on sait à quoi s’attendre. Comme à son habitude toutes les émotions sont présentes. Accompagné d’un chant juste et profond, Push the Sky Away est un album abouti. Pas de place pour le rock pur et dur de l’époque Grinderman. 2013 a laissé place à la douceur, aux mélodies blues. La classe australienne incarnée en un album, apaisant.

 

http://www.youtube.com/user/NickCaveTV?feature=watch

phoenixIl y a des albums qu’on apprécie seulement après plusieurs écoutes. C’est peut-être ce qu’il faut pour vraiment trouver que Phoenix progresse. Pour ma part, je reste mitigée.
Si Bankrupt a sa place dans cet article c’est uniquement au vu du déchainement médiatique qu’il a provoqué. Qualifié de pop postmoderne, les français ont su s’inventer un son (cheap) unique.
Produit par Philippe Zdar, Bankrupt reste dans la continuité des précédentes productions du groupe. Un album qui risque d’être relativement vite oublié, si ce n’est déjà fait. Un album certes travaillé, mais peu convainquant.

https://soundcloud.com/phoenix/entertainment

foalsEn seulement trois albums, Foals a su mettre tout le monde d’accord. Holy Fire fortifie les rudiments qui ont fait leur succès sur les deux albums précédant. Indie à l’état pur, le groupe britannique devient une réelle référence de la scène rock. Holy Fire est différent, fragile, séduisant pour l’individu lambda. Yannis Philippakis et sa troupe change la donne en laissant tomber son côté underground mais ne modifie en rien les ingrédients qui font son succès.

 

https://soundcloud.com/foals

lagoonAttention, génie! Trevor Powers agit sous son « faux » groupe Youth Lagoon. C’est l’exutoire parfait pour ses « peurs » et ses pensées légèrement « tordues ». Son second album s’intitule Wondrous Bughouse avec comme traduction littérale « merveilleuse maison de fous »! Tout un programme! L’album demande un peu d’effort à l’écoute. Mais si vous appréciez cinématographiquement un garçon comme Tim Burton, Wondrous Bughouse pourrait faire une parfaite bande-originale pour ses films! La production musicale du californien évoque tour à tour Syd Barrett, MGMT ou Mercury Rev. C’est psyché, doux, folk.. Le tout saupoudré d’électronique. Un must!

https://soundcloud.com/fatpossum/youth-lagoon-mute

washedoutDans une veine similaire, on ne pouvait passer sous silence le second (à nouveau) album du natif de Géorgie (Etats-Unis) : Ernest Green alias Washed Out. Même si la presse spécialisée a regretté un « enlisement » pour ce second opus. Il faut avouer qu’Ernest sait y faire dans des mélodies pop voire dream-pop. Des petites perles enfilées autour d’un concept album avec la nature comme trame. Sur des mélodies épurées, Washed Out perd un peu de consistance sur le second effort. Il n’empêche que l’américain a du talent!


https://soundcloud.com/washedoutofficial

obelOn revient au Danemark avec la pianiste Agnes Obel. La belle a l’art de marier la douceur dans sa musique. Le mélange violoncelle/piano/violon y est pour quelque chose. La berlinoise d’adoption a réalisé & produit elle-même Aventine à son domicile. Plus « riche » dans les arrangements, Agnes Obel dépose sa voix tour à tour claire ou feutrée sur douze titres qui composent le second opus. Le charme s’opère à nouveau avec ces ritournelles, le son pincé des cordes du violon (pizzicato) et une ligne musicale typique teintée de simplicité. A écouter en sirotant un thé bien chaud!

https://soundcloud.com/agnes-obel-1

savagesOn fait un grand écart question style musical mais on reste lié à la gente féminine pour Savages. Les quatre londoniennes ont sorti cette année Silence Yourself. Ce quatuor nerveux aura été la bonne surprise d’une scène rock moribonde. Là où Black Rebel Motorcycle Club ou QOTSA nous ont laissé sur notre faim en 2013, Savages mixe parfaitement punk/rock/new wave et le tout sans fioriture. L’album est une sorte de « cocotte minute » prête à imploser. Ça ne ronronne pas, çà griffe! Le groupe est taillé pour la scène où les onze titres qui composent Silence Yourself prennent une autre dimension. On retrouve également en live l’énergie hypnotique de la chanteuse Jehnny Beth. Énergique!

https://www.youtube.com/user/SAVAGESBANDLONDON

dodosOn a galvaudé le style musical indie depuis quelques années. Il n’empêche que The Dodos lui donne toujours ses lettres de noblesse! Marqués par la perte de leur guitariste Christopher Reimer qui les accompagnait en tournée, Meric Long & Logan Kroeber se sont remis à la musique pour produire leur sixième albums : Carrier. Il est certes moins direct que Visiter (sorti en 2008) et lié à cette disparition. Visiter a compressé le folk, l’électricité des guitares Fender et la voix de Meric. Sur la longueur des onze morceaux, on perd un peu de l’énergie des californiens et leur sens du rythme. Mais plusieurs titres valent à eux seuls l’écoute sur base des jolies mélodies : Confidence, Transformer, Relief ou The Ocean.

https://soundcloud.com/polyvinyl-records/02-substance

moneyPour MONEY, deux choses viennent directement à l’esprit : la voix de Jamie Lee & Manchester. On sait finalement très peu sur ce groupe. A l’instar de WU LYF, les mancuniens entretiennent un certain flou autour d’eux. MONEY a sorti cette année The Shadow Of Heaven. Le quatuor allie sur cette première production : mélodie, poésie & climat éthéré. Durant l’écoute, on cite tour à tour WU LYF pour l’intensité, Joy Division pour certaines références musicales anglaises ou les Cocteau Twins pour les guitares remplies de reverb. Tantôt au piano ou à la guitare, Jamie Lee a une forte personnalité au sein du groupe. Point d’ancrage avec son organe vocal, il peut tout aussi bien fasciner qu’énerver. A vous de trancher..

https://soundcloud.com/bella-union/money-bluebell-fields

majicalEn parlant de chant, ils nous vient à l’esprit Devon Welsh. Ce dernier fait partie du duo montréalais, MAJICAL CLOUDZ. Alchimie du minimalisme (une donne pour ces dernières années musicales), MAJICAL CLOUDZ distille des textes sombres & mélancoliques sur Impersonator. Ce premier album est noir & captivant. Les textes évoquent aussi bien la mort d’un père que de difficiles histoires d’amour. L’obscurité ambiante est rehaussée par des arrangements dépouillés. A découvrir!

https://soundcloud.com/majical-cloudz

nationalDes chemins tortueux, The National en a souvent emprunté. Ici, les atmosphères sont sombres mais élégantes digne de l’americana. C’est ce qui fait la force de la bande à Matt Berninger. Trouble Will Find Me, sixième opus des américains, met tout le monde à genoux. La classe éclabousse cette production et le groupe a le don de s’entourer d’artistes émergents : Sharon Van Etten, St Vincent, Sufjan Stevens ou Richard Reed Perry d’Arcade Fire. On chante sur Trouble Will Find Me : les regrets, l’espoir, l’envie ou la rupture. Matt Berninger y pose sa griffe vocale sans difficulté et sans faute. On ne peut que vous conseiller d’aller les écouter en live l’été prochain!

https://www.youtube.com/user/thenationalofficial

VWDu contraste avec Vampire Weekend? Pas certain.. Modern Vampires Of The City, troisième production des new-yorkais, a pris d’autres directions. Le son est plus sage sur cet opus et moins nerveux. La pop de Vampire Weekend est toujours de qualité. Mais cet album demande plusieurs écoutes avant de se dévoiler. Ezra Koenig, leader du groupe, chante-t-il l’âge de la raison? A vous d’en juger. Il reste quand même des titres où la légèreté est toujours de mise : Unbelievers, Worship You ou Diane Young.

https://www.youtube.com/user/VampireWeekendVEVO

daughterSorti en début d’année, Daughter est une véritable découverte! Cela va peut-être vous étonner mais il y a d’abord la trouvaille d’Igor Haefeli. Guitariste du groupe, il couvre chaque morceau d’une ambiance particulière. Certaines sonorités nous rappellent Archive. Ensuite vient à l’esprit la voix d’Elena Tonra. Cette fragile chanteuse distille un chant précis & doux sur If You Leave, premier album des anglais. Le LP reprend quelques titres d’ailleurs des deux premiers EP’s sortis en 2011. Daughter fonctionne bien sur scène mais il est intéressant d’aller les écouter dans une petite salle pour l’intimité de leur musique.

https://soundcloud.com/ohdaughter

luciusOn terminera par Lucius, band new-yorkais aux sonorités proches des sixties. Wildewoman est leur premier album aux chœurs langoureux et aux mélodies tenaces. Le jeune quintette doit sa particularité au duo de chanteuses formée par Jess Wolfe et Holly Laessig. L’excellente surprise de cet album est qu’il ne sonne pas comme passéiste. A l’instar d’un Jacco Gardner, Lucius ne décore pas ses productions avec des fantômes. Ce sont de réels morceaux teintés sixties mixés avec des sonorités actuelles proches d’Au Revoir Simone, Feist, Ambrosia Parsley ou Luscious Jackson. C’est un album qu’on aime réécouter!

https://soundcloud.com/ilovelucius