Ayo de passage au Stereolux avec Sly Johnson

Mardi, j’étais au concert d’Ayo dans la salle du Stereolux à Nantes. C’était tellement bien que j’ai eu envie d’en dire quelques mots. Mais à l’origine, c’est pourtant l’annonce de Sly Johnson en première partie qui m’a motivé à faire la route pour ce concert. On va donc naturellement débuter par lui. Sly Johnson est un ancien membre des mythiques Saian Supa Crew (d’où mon pseudo Sscrew49) qui stoppèrent leur carrière en 2007 pour que chacun des membres (dont Féfé, chroniqué ici) puisse prendre son envol solo. Chose faite par Sly The Mic Buddah (anciennement) devenu Sly Johnson avec un premier album en 2010 intitulé 74 sur lequel on retrouvait Ayo !

Comme son ami Féfé, sa musique se veut assez éclectique et Sly est aussi à l’aise sur la Soul que le rap et sans oublier sa « spécialité » : le beatbox. Son objectif premier saute facilement aux yeux : mettre de l’ambiance pour bien nous préparer au concert d’Ayo. Ainsi Sly n’hésite pas à parler, nous faire rire et chauffer la salle. Il alterne également certains des titres de son répertoire avec des moments plus « second degré ». Par exemple, il demandera au hasard quelques noms dans la salle avant d’improviser en beatbox pour y intégrer les noms. Le concert fini, je suis finalement un peu déçu : j’en avais presque oublié que ce n’était que la première partie, ça m’est forcément paru très court.

La suite se passe donc avec Ayo. Si nécessaire, il y a lieu de préciser que la salle Maxi est pleine pour sa venue. J’expliquais ci-dessus que j’étais d’abord venu pour la première partie. Mais je connaissais malgré tout chacun des albums d’Ayo. Je les ai d’ailleurs tous appréciés mais sans jamais avoir un véritable coup de foudre qui me fasse rester des mois sur un album. Je vais passer un concert dans des conditions idéales : je n’ai aucune attente particulière ou du moins aucune exigence. Je suis donc prêt à me laisser surprendre par cette chanteuse allemande d’origine nigériane, comme Asa ou Nneka.

AyoEt c’est bien ce qui va se passer, dès les premières notes et jusqu’à la fin je vais être sous le charme. Les raisons à énoncer peuvent être nombreuses : sincère dans sa démarche artistique et ses mots! Ayo est également ravissante, souriante et épanouie. Il y’a un réel engouement dans la salle, rien d’illogique à cela. La scène ne fait pas dans l’extravagance mais reste toutefois belle, aussi réussie que le lightshow. Ayo a une voix magnifique, on s’en rend déjà compte en écoutant ses albums mais c’est encore (beaucoup) plus frappant en live. Impossible également d’oublier les musiciens aux talents incontestables avec qui elle fait un travail remarquable pour rendre le concert aussi touchant que dynamique, selon les chansons. Une « setlist » qui est justement très variée puisqu’Ayo a un répertoire très complet : Soul, Folk, Reggae, Hip-Hop. Et si toutefois ça ne suffisait pas, certains des morceaux sont joués seuls par Ayo accompagnée uniquement de sa guitare. La « petite touche » Ayo, c’est qu’elle communique plutôt bien en français (elle vit à Paris) même si elle s’excusera parfois de ne trouver les bons mots. Et ça aide forcément pour partager avec son public. C’est d’ailleurs une différence assez notable avec Nneka (dont je suis pourtant davantage fan) où les concerts exigent un bon niveau d’anglais pour comprendre ses messages.

AyoPreuve de la qualité du concert  qui ne trompe jamais : j’en ai eu les yeux humides dès la troisième ou quatrième chanson. Difficile aussi de ne pas parler de son passage inattendu dans le public. En étant dans les premiers rangs, on a à peine eu le temps de comprendre qu’elle était dans la salle pour interpréter un titre qu’on la retrouvait déjà juste derrière nous. C’est l’occasion de parler de l’excellente sonorisation de la salle en félicitant aussi Stereolux pour nous avoir offert un concert d’une telle qualité!

Du coup, je n’ai presque pas parlé de l’album en lui-même. Je n’en dirais pas grand chose, je réécoute l’album après le concert et il m’est difficile de ne pas dire que le concert avait quelque chose de magique que son dernier album Ticket To The World ne me permet pas de retrouver. Mais c’est bien pour ça que les artistes se produisent sur scène et qu’on continue d’aller les voir, pour ces moments uniques!

Je vous laisse avec Fire en version acoustique qui est d’ailleurs un très bon exemple d’un morceau magnifié en live alors qu’il est loin d’être mon favori sur l’album (la version album est jouée en feat. avec Youssoupha). Vous pouvez également vous laisser tenter par cet article du « lesoir.be » ici, qui me fait notamment « plaisir ». Le journal partage mon sentiment de malaise vis à vis des concerts de Sixto Rodriguez (dont elle a fait une reprise).