Un samedi @ Pukkelpop (Franz F, Foals, Triggerfinger, Etc) + Bilan

DSC01459Live Report réalisé avec Ok_Li. CR du Jeudi. CR du Vendredi.

Pour ce dernier jour au Pukkelpop, on s’attend à courir tant la programmation est dingue. Cela commence dès 11h50 sur la scène du Club. Pointé dans divers journaux, on se laisse tenter par Andrew Heissler alias Pokey Lafarge. Ce dernier nous offre un voyage dans le temps! Ça sent bon le country blues façon Johnny Cash, le ragtime ou le swing du début 20ème. Pokey Lafarge est accompagné de cinq talentueux musiciens qui auront le temps de se démarquer sur scène durant le set. Notre peur de voir quelque chose d’aussi parodique que l’est Willy Moon s’évapore et on comprend maintenant pourquoi Jack White a signé l’artiste sur son label. Pour compléter, on est amusé par quelques pas de danse amorcés dans le public! Bonne pioche pour le Pukkelpop! Pour les personnes intéressées, il sera présent dans le courant du mois de novembre dans quelques villes françaises.

Avant cela, on a quand même écouté de loin Mintzkov qui n’avait pas l’air tout mal même si on ne peut vraiment les juger du peu qu’on en a vu. Un petit tour sur la toile semble quand même confirmer notre bonne impression : leur producteur a aussi travaillé pour des albums de New Order ou encore Kasabian. D’un point de vue sonorité, on voit même des comparaisons avec dEUS. On réécoutera ça plus attentivement.

DSC01467Je vais faire un tour rapide sur la Castello avec The Haxan Cloak en m’arrêtant devant San Cisco qui fait une reprise « intéressante » de Get Lucky. Puis je continue mon chemin direction The Haxan Cloak pour la simple raison que j’ai quelques fois vu le nom sortir sur Twitter et dans la prog’ du Pitchfork Festival. Je tombe devant l’electro-ambient d’un seul homme, Bobby Krlic. Pas vivant du tout et pas du tout pour moi, je ressors presque aussi vite que je suis rentré.

Retour sur le Marquee avec les anglais de Clock Opera qui nous signale leur unique date en festival cet été! La bande à Guy Connelly & Dan Amstrong travaille actuellement à une suite de leur premier album Ways to forget. On ne parlera pas de buzz avec ce groupe. Mais nous signalons qu’ils méritent plus d’intérêt. Leur indie-pop distillé tout au long du set est agréable et enjoué. Les quatre musiciens sont satisfaits d’être là et se donnent à fond sur les titres Belongings & Lesson No. 7.

On a un peu de temps devant nous donc on va voir la pianiste Regina Spektor sur la Main Stage. Vous voyez le problème : pianiste / Main Stage ! On est un peu consterné pour elle.. Elle semble bien seule sur cette grande scène, et on imagine que nombreux sont les gens désintéressés dans des telles conditions. C’est l’une des seules incohérences dans la prog’ de Pukkelpop, pas du tout cool pour elle. Pire, elle va subir un problème technique qui l’obligera à quitter la scène (temporairement ?) en milieu de set. On quitte nous aussi la Main Stage.

DSC01471Je bouge donc voir I Am Kloot (« je suis une couille » en français!), groupe plus classe qu’il n’y parait. On en parle très peu malgré l’ancienneté des mancuniens (depuis 1999) et les succès critiques en Angleterre. J’avais personnellement une petite hâte de les voir car leurs albums tellement sous-estimés sont des petites merveilles d’indie-pop. Quand on parle d’eux, c’est généralement pour en vanter le chant (la voix qui tremble de John Bramwell!) et les paroles, pointues et poétiques. Leur dernier album « Let In All In » est peut-être l’un des plus beaux de l’année. Je n’y avais jamais prêté attention, mais en les écoutant en live j’ai trouvé une ressemblance, notamment dans la voix, avec le groupe Balthazar. C’est totalement vrai avec Hold Back The Night par exemple. Et si vous écoutiez aussi Some Better Day ?

Malgré un plaisir certain devant leur concert, la programmation de Jagwar Ma en simultané me pousse à rejoindre Olivier. Mis en avant via les premières parties effectuées pour la tournée de Foals, le trio est venu poser son rock dance au Pukkelpop. Gabriel Winterfield (chanteur & guitariste du groupe) n’aura pas mis beaucoup de temps pour trouver ses marques sous le Castello. Évoluant sur la gauche de la scène, il n’hésitera pas plusieurs fois à s’avancer au milieu. Il faillit même terminer au pied du podium.. Howlin, titre du premier album, est passé en revue durant les quarante minutes du set. De l’electro-pop, Jagwar Ma a teinté sa musique d’un son Madchester entre le Primal Scream d’une période et les Stone Roses via le chant et le groove de la basse. Une seule déception, le son général semble par moment étouffé le chant hypnotique.

DSC01481On se rend ensuite au concert d’ Alabama Shakes. Depuis la sortie de l’excellent Boys & Girls l’an dernier j’attendais qu’on daigne enfin les programmer dans une salle ou un festival où je puisse me rendre. Depuis le temps, mon excitation autour du groupe est redescendu mais elle remonte vite avec Britanny Howard qui laisse pantois à peu près tout le monde. On aurait d’ailleurs pu craindre que la scène soit trop grande pour eux mais il n’en est rien. Le groupe est emporté par la puissante voix fédératrice de la chanteuse dont on compare la voix à Janis Joplin pour l’émotion qui s’en dégage. C’est certain, le blues-rock / soul de ces jeunes américains (Brittany n’a que 24 ans) a déjà toute sa place sur la grande scène.

DSC01488L’un des avantages de la Main Stage de Pukkelpop face aux autres festivals (Dour et Rock en Seine), c’est qu’on peut s’en éloigner tout en continuant d’en profiter grâce au son parfait et aux écrans géants. Même en attendant sous le chapiteau du Club, où Deap Vally est attendu, on continue d’entendre plutôt distinctement le groupe de la scène principale. C’est donc ce que je fais jusqu’au début du concert de Deap Vally. Je comprends très vite que je n’y resterai pas longtemps… Ce duo de rock féminin arrive dans des tenues provocantes et dirai-je même dégoutantes. Je n’avais plus vu ça depuis les horribles musiciennes de Willy Moon, et je m’en serais bien passé. Je leur laisse quand même le bénéfice du doute, mais pas pour longtemps car musicalement ce n’est que du bruit. Je zappe.

17 heures et c’est déjà l’heure pour Triggerfinger. J’avais vu ce groupe pour la première fois en 2011 au Main Square Festival et j’en gardais un excellent souvenir. C’est d’ailleurs l’année où ils ont remporté le titre de meilleur groupe belge aux MIA et le batteur celui de meilleur musicien. J’étais donc pressé de les revoir bien qu’en contradiction avec moi-même je ne m’intéresse pas plus que cela à leur discographie. Parce que c’est en live que Triggerfinger se vit! Nos rockeurs belges savent mettre l’ambiance, sans en faire trop. On sent que la complicité entre les 3 membres est totale (leur page Facebook est une bonne occasion de s’en apercevoir et de se marrer). Le grand moment du concert est pour moi la reprise de Likke Li : I Follow Rivers que j’attendais impatiemment. Le groupe s’étant fait une petite spécialité des reprises qui enterrent les morceaux originaux. Des lives du concert donné à Pukkelpop sont disponibles sur Youtube, au choix : Is It By ou All This Dancing Around visible ci-dessous.

La fin de journée s’approche et la Main Stage propose une suite anglo-écossaise avec Foals et Franz Ferdinand. Avec un peu de recul sur le set de la bande à Yannis Philippakis, on se dit que ce live a soufflé le chaud et le froid : la fraîcheur pour un manque de densité sur la longueur du concert et le chaud quand retentit Spanish Sahara. Ce morceau phare de Foals nous démontre toute la subtilité que les musiciens anglais peuvent offrir. Mais nous aurons peu d’occasion d’en profiter sur le reste du set.  Yannis Philippakis a beau venir jouer parmi le public, c’est insipide : Trop automatique et prévisible, l’envie semble manquer. Ils ne sont pas non plus aidés par la Main Stage, bien trop grande pour eux. Mais à qui la faute ? Pukkelpop ou Foals qui ont amorcé un virage volontairement « mainstream » avec Holy Fire ? On a notre idée. On espère justement que Foals rebrousseront chemin à l’avenir afin de ne plus jamais finir dans le générique de 100% Mag.

DSC01538Tandis qu’Olivier préfère attendre Franz Ferdinand, je quitte Foals 10 minutes avant la fin pour revoir Bat For Lashes qui m’avait déjà fait belle impression à Beauregard. La chanson Laura est toujours un véritable succès lorsqu’elle la joue. Juste avant Natasha Khan nous aura offert un moment particulier en oubliant les paroles d’une chanson qu’elle zappera donc, entre sourire et rire. Elle peut bien oublier ce qu’elle veut, sa bonne humeur sur scène qui est facilement transmise dans les rangs de la Marquee nous lui fait tout pardonner.

Notre dernier concert commun sera celui de Franz Ferdinand puisqu’on ne restera pas pour The XX (déjà vu et dispensable) ni HAIM (dommage en revanche). Comme l’an dernier à Dour, Franz Ferdinand mettent le paquet et créeront une nouvelle fois une belle osmose dans le public : Alexander Kapranos commence à s’avancer sur le devant de la scène pour prendre la température du public. Ce dernier répond directement présent en lançant en l’air les supports de bière en carton. C’est un joli visuel pour accompagner l’énergie musicale des écossais. Ceux-ci joueront sans arrêt de nouveaux morceaux (l’album « Right Thoughts, Right Words, Right Action » arrive fin du mois) et les classiques pop rock remuants qui font la marque de fabrique de Franz Ferdinand. Pour un band qui était proche de l’implosion, on est surpris de la cohésion et de l’énergie délivrée. Les écossais ne réinvente peut-être pas l’eau chaude mais ils sont les gardiens d’une musique positive et entraînante.

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Avant de quitter Kiewit, je me laisse quand même tenté de mon côté par le Pre-Show de The Knife pour un cours d’aérobic ! Olof Dreijer (à priori?) est déguisée en fille pour l’occasion et commence par nous lire un message de soutien envers les Pussy Riots avant de débuter le cours. De façon à la fois autoritaire et drôle, lui et ses filles cagoulées nous guident les mouvements à reproduire. Des mouvements auxquels viennent s’ajouter les cris de soutien « FREE PUSSY RIOTS ». Et quand la moitié de The Knife veut le silence, il n’hésite pas à nous le faire savoir par des « SHUT UP ». Avec un fond sérieux et une forme amusante, c’était une belle façon pour moi de clôturer le festival de Pukkelpop. Vous pouvez revivre ce moment avec la vidéo ci-dessous, et pourquoi pas, pratiquer ce cours d’aérobic chez vous.

Notre Bilan du festival

On ne va quand même pas se quitter comme ça sans un rapide bilan de Pukkelpop : Avant de vous partager nos Tops 5, mon avis sur le festival. Cela va être rapide car il m’est paru irréprochable. Toutes les scènes « secondaires » sous chapiteaux offrent des conditions proches du concert en salle. De ce point de vue, c’est pareil que le festival de Dour qui était ma référence. On note malgré tout la Castello et Wablief ?! qui se démarquent par le fait d’être des scènes pratiquement fermées (une seule entrée et sortie). L’avantage non négligeable ? Dès 11 h du matin, vous avez quasiment les mêmes conditions qu’un concert en salle ou de nuit. L’inconvénient ? Il crève de chaud, les gens y vivaient généralement torse-nu. Comme vous l’aurez peut-être lu, de notre côté on quittait vite ces deux scènes.

Pour la Main Stage qui est le point qui me chagrine toujours dans les festivals, c’est ce que j’ai vu de mieux! Le son est toujours bon, on a deux et même trois écrans géants pour profiter agréablement du concert de loin : Ainsi devant la scène du Club on continue de voir et entendre le concert de la Main Stage. Parfait! Et on y circule de façon plutôt correct (sauf vraiment pour les têtes d’affiches) même si la petite taille du festival de Dour joue en sa faveur. Pour les autres scènes, la circulation est toujours aisée, avec des scènes peu éloignées les unes des autres.

Autre bon point non négligeable : Le camping. Contrairement à Dour où il est recommandé d’arriver la veille pour trouver un emplacement pour votre tente (et encore, l’an dernier on a quand même galéré), ici il y’a toujours de la place. On regrettera simplement (mais ce n’est pas le plus important) que les douches soient fermées de minuit à 8h du matin. Il devient impossible d’en prendre sans faire une heure de queue car ici les gens tiennent vraiment à garder une hygiène de vie correcte, en témoigne la grande propreté du festival et camping. On a passé notre tour en se contentant des lavabos. Sinon, sans surprise pour un festival belge la bouffe est évidemment hors de prix (magnum à 5€, boisson 25cl à 3€, etc).

En peu de mots ? Pukkelpop semble être le festival parfait à la frontière entre Dour (pour les nombreuses scènes et découvertes) et Rock Werchter (pour le côté « grosse machine / très pro » et « festival pépère »).

Allez, j’ai fini. Maintenant

 Notre Top 5 !

Celui d’Ok_Li :

1- Girls In Hawaii, 2- Savages, 3- Pokey Lafarge, 4- Badbadnotgood, 5- Poliça / Jagwar Ma.

Le mien :

1- NIN, 2- Daughter, 3- Badbadnotgood, 4- Triggerfinger, 5- Alabama Shakes / CHVRCHES.

Vous l’aurez vu, la très bonne surprise du festival est Badbadnotgood! Si tu veux, tu peux voir leur set complet à Glastonbury, c’est déjà ça. Si je devais élargir ce classement à mes concerts de l’été, je garderais Nine Inch Nails en première place, avec Sigur Ros à Fourvière juste derrière, Youn Sun Nah pour compléter le podium. Et derrière ? Nick Cave et pourquoi pas Vampire Weekend ou très sérieusement Olivia Ruiz ? Je garde également très bon souvenir de BRNS, Suuns et  Rangleklods vus le même jour que Youn Sun Nah aux Charrues.