Un vendredi @ Pukkelpop (Daughter, Girls In Hawaii, Eels, Lucy Rose, etc)

Live Report réalisé avec Ok_Li. CR du Jeudi. CR du Samedi.

Ce second jour de festival (vendredi) a vu l’annulation de Neil Young & The Crazy Horse au dernier moment et a créé un certain vide dans la programmation de la Main Stage. Pourtant on aura à nouveau écouté quelques très bons groupes dont les attendus Girls in Hawaii ou Daughter. Le récit :

On débute poussivement notre journée par Cloud Boat qui ne semble pas trop inspiré la foule. Et pour cause, on peut lire que ce duo londonien d’éléctro planante s’inspire de GY!BE. Peut-être fallait-il s’en convaincre avant le concert pour adhérer à cela dès 13 heures. On va alors voir la dernière partie du set de Chuck Ragan, homme à la voix rugueuse qui nous joue de la folk assez séduisante ce qui déclenche déjà un bel engouement du public sur la scène du Club. Enthousiasme qui s’explique peut-être aussi par le fait qu’il ait été le leader d’un groupe de punk rock nommé Hot Water Music de 1993 à 2006.

DSC01409En tout cas, cette effervescence persistera sur cette scène durant toute la journée avec les différents groupes. Lord Huron, de nouveau c’est de la folk mais dans un style cette fois-ci moins brut. L’américain y défend son album Lonesome Dreams se composant de dix belles ballades folk pouvant rappeler Local Natives (qui se produisent eux aussi en ce jour), Phosphorescent et un tas d’autres groupes similaires. On peut des fois s’ennuyer avec ce style. C’est pourquoi en contrepartie on fera l’impasse sur Local Natives sur la Marquee.

DSC01416On tergiverse ensuite entre Noah & The Whale et BRNS. Les premiers jouent sur la Main Stage, ce qui est de toute évidence beaucoup trop grand pour eux. Autre désagrément, ils quitteront quelques minutes la scène suite à un problème technique. Pour les seconds, ils ouvrent la scène Wablief?! et tout comme dans le Castello, la chaleur y est épouvantable à l’intérieur. En effet, les deux scènes sont fermées afin de profiter d’une ambiance de nuit / salle de concert toute la journée. Un bon point donc mais qui engendre cette situation. Et comme on a déjà tous les deux vu BRNS plusieures fois, on ne reste pas. A l’écoute, on n’oublie pas de mentionner à nouveau l’énergie des bruxellois et un excellent son! On fera de même une heure plus tard en passant furtivement sur la scène pour voir The Black Heart Rebellion, excellent groupe belge post-hardcore / screamo (la preuve). On préfèrera les voir en salle et je vous invite à écouter.

DSC01419Entre temps, c’est Lucy Rose qui prenait place sur la scène du Club et ne laissait personne insensible à son charme. A tel point qu’on a même vu des garçons porter des t-shirts « Lucy Rose ». On ne les jugera pas mais quand même.. On ne s’y attendait pas mais aussi surprenant que cela puisse paraitre Lucy Rose a reçu un accueil soutenu. On pourrait même se laisser tenter à dire que c’est l’artiste qui a reçu le plus bel accueil des trois jours. On ne lui soupçonnait pas d’avoir autant de fans! Ah, et si vous ne la connaissez pas, Lucy Rose est une songwriter pop-folk (encore!) dans la pure tradition anglaise (Bombay Bicycle Club, Noah & The Whale dont elle a fait les premières parties pour les 2).

Amusée et souriante, elle offre une musique au format familier : guitare, basse, batterie & clavier. Mais en écoutant attentivement en live, on remarque toute la subtilité de ses chansons. Certains titres comme par exemple Lines présentent des changements de rythme, des ruptures mélodiques qui apportent de l’intérêt à sa musique. On peut en dire de même pour le single « Middle Of The Bed » où elle a cherché à reproduire le son de la batterie du groupe de Neil Young avec une batterie qui sonne « lo-fi » comme elle aime. Avant de produire son premier album « Like I Used To« , Lucy Rose a en effet beaucoup écouté Neil Young qu’elle admire. Tout comme nous, elle devait donc être déçue de le rater aujourd’hui.

Après ce bon moment et une petite hésitation, on se décide à aller voir CHVRCHES (qu’on m’a déconseillé en live) plutôt qu’Unknow Mortal Orchestra. Et donc la surprise fut belle, on a pris un réel plaisir du début à la fin devant ce trio écossais de synth-pop. Lauren Mayberry y est certainement pour quelque chose, entre son visage angélique et sa voix douce. On attend donc impatiemment leur premier album fin septembre en espérant que les nombreux morceaux déjà sur la toile ne nous gâche pas la surprise.

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Je continue ma route seul pour le concert de Daughter emmené par la voix d’Elena Tonra, groupe qu’on ne présente presque plus et qui est l’un de ceux que j’attendais le plus au Pukkelpop. Depuis que nos trois londoniens ont connu le succès avec leur premier album « If You Leave » (et même avant avec les EPs), des concerts ont passé et j’avais « peur » qu’Elena Tonra ait pris véritablement son aise sur scène, faisant perdre un peu du charme au concert. Finalement, il n’en fut rien. Six mois après la sortie de l’album, on ressent toujours chez Elena une grande timidité. Ironiquement, je me demande alors si c’est un hasard qu’elle tourne à la boisson qui donne des ailes avant le concert. Concert qui aura quelques minutes de retard suite à un problème technique rallongeant le sound check. Et à propos, les nombreuses fois où Elena prend la parole pour nous expliquer ce qu’il se passe, on ne comprend rien : elle parle avec une telle retenue dans sa voix que cela rend incompréhensible ce qu’elle dit. On aurait presque envie de s’agacer et lui dire de parler plus franchement mais non, on fait semblant d’avoir compris quelque chose, et on applaudit chaleureusement.

Avant de monter sur scène, les trois membres se font un gros câlin, et quand le concert peut débuter, rien ne change vraiment. Elena ne trouve toute son aise que quand elle chante malgré une sensibilité à fleur de peau, qui ne rend que les chansons encore plus belles et touchantes. Pour dire vrai, j’en ai un peu les yeux mouillés. Et quand Elena ne joue pas, elle balbutie des remerciements, entre des sourires gênés. Des sourires et regards qui semblent nous dire : « Pourquoi vous êtes tous là à nous écouter ? A nous applaudir ? A nous aimer ? On fait juste notre musique. » C’est encore plus vrai quand on la voit se prendre la tête entre les mains, accompagnée d’un rire nerveux, eux aussi nombreux. En résumé : Adorable et merveilleux. On ne reprochera qu’une attente un peu trop longue entre les morceaux dont le silence n’est au mieux comblé que par les paroles inaudibles d’Elena.

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En parallèle, OK_Li s’est dirigé vers la seconde scène pour un rassemblement « belgo-belge » à Hawaii. Les Brabançons étaient à l’heure « P » comme Pukkelpop! Comment ne pas revenir sur cette émotion qui a envahit la Marquee ce vendredi! Leur retour sur le territoire belge était fixé depuis quelques mois pour le festival limbourgeois. Et l’attente placée dans cette renaissance s’est esquissée en voyant le public afflué durant le « sound check ». Quelques salutations de la part de proches du groupe paraissent détendre les membres de Girls in Hawaii. Ils sont concentrés. Avant la sortie d’Everest (album attendu pour le début septembre), le groupe aura distillé durant le concert quelques titres comme Switzerland, Changes, Not Dead, Misses & Rorschach. Ceux-ci se sont parfaitement fondus aux morceaux précurseurs comme Flavor ou This Farm Will End Up in Fire. Nous retiendrons surtout l’euphorie dans le public et l’émoi dégagé par leur présence sur scène. Les six membres du groupe sont heureux de vivre le moment présent et ils nous l’ont partagé.

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Puisque les femmes nous réussissent plutôt bien aujourd’hui (Lucy Rose, CHVRCHES, Daughter), on se retrouve au concert de Poliça que je commence à bien connaitre puisque c’est ma troisième fois. Comme à chaque fois, c’est beau, c’est parfait. Il serait osé de trouver un seul défaut à ce groupe. Au delà de la chanteuse, le reste du groupe est sacrément bon (mention aux deux batteurs)!

DSC01446La suite se passe avec Eels, tête d’affiche de substitution. Ayant fait les deux dates de sa tournée française, je connais grosso modo le show donc difficile de donner mon avis sans qu’il soit tronqué par le « déjà vu ». Sans surprise j’ai préféré les concerts en salle, avec un public qui l’attendait, dans une ambiance incroyable à Caen (cf. mon live report) et la magnifique salle du Trianon à Paris. On a quand même eu le droit à une prestation très solide mais avec un effet moindre sur moi. On notera la reprise de Beast Of Burden des Rolling Stones que le groupe a d’abord annoncé comme une reprise de Neil Young pour faire plaisir aux fans qui n’auront pu le voir. J’ai lu certains médias dire qu’ils n’avaient pas aimé cette « erreur » et je tiens donc à le préciser : C’était volontaire. Cette chanson est jouée dans d’autres concerts de leur tournée estivale et comme le groupe n’en rate jamais une quand l’occasion de dire une connerie se présente… Ils ont donc joué le morceau de Neil Young juste après, à savoir Cinnamon Girl. Chouette morceau et reprise qui m’a fait penser que ça aurait été quand même bien sympa Neil Young ce soir.

Pas franchement intéressé par Low qui se produit juste après, on rejoint le camping en se couchant sur le set de Prodigy qu’on entend plutôt bien depuis notre tente.