Sigur Rós @ Fourvière

Pour la première fois, mardi, je me suis rendu au festival des Nuits de Fourvière. Je m’étais promis d’aller dans ce lieu unique dès que l’occasion se présenterait. Avec Sigur Rós, l’occasion était toute trouvée. Après quelques déboires SNCF, je file à Fourvière pour découvrir les lieux à quelques heures du concert.

Grand Théatre de Fourvière

Les lieux fermant à 18 heures avant de ré-ouvrir aux spectacteurs à 20 h, on sort donc pour se mettre dans la queue. Dès 18h, nous sommes déjà une vingtaine à attendre tandis que le concert ne débute qu’à 21h30. Sigur Rós jouant sa seule date française de l’été, ils sont très attendus ce soir. Pour se placer dans les gradins, devant plein centre, valait mieux ne pas venir après 19h aujourd’hui. Pour Sigur Rós, comme la grande majorité, je privilégie les places assises à la fosse. C’est bien l’une des rares fois que cela m’arrive. 

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L’attente se fait longue, et on se demande comment le Grand Théatre de Fourvière va pouvoir faire tenir autant de monde dans ce lieu. 21 h 30 , les membres de Sigur Rós peuvent arriver sur scène alors que le soleil se couche. Il ne faudra réellement que 3 chansons pour être dans une ambiance de nuit. Toutes les conditions sont donc réunis pour nous faire voyager pendant deux heures. 2 heures, le temps pour nos islandais de nous jouer 15 titres de leur répertoire dont 5 de leur dernier album Kveikur. Un album par ailleurs plus réussi que celui de la précédente tournée, Valtari. Mais pourtant, si musicalement il n’y a que magie et émerveillement dans nos yeux, j’ai trouvé les visuels en deçà de leur tournée 2012. Les images/visuels occupent une grande importance dans les concerts du groupe, puisqu’un écran large occupe toute la scène de gauche à droite. Et contrairement au concert à Rock en Seine avec des effets vieillis façon « années 30 » filmant les membres sous différents angles un peu comme pour Inni, nous avons ici des « clips », certes réussies mais sans totalement me convaincre bien qu’ils soient parfaitement en accord avec la musique pour nous transporter dans un autre monde. Bon, le truc avec Sigur Rós c’est qu’ils nous ont tellement habitué au meilleur qu’on en attend toujours plus de leur part. Il est peut-être aussi vrai que le concert de Rock en Seine m’aura plus marqué parce que c’était mon premier du groupe.

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Le concert va prendre une autre dimension à partir d’Hoppípolla, forcément. C’est l’occasion pour moi de découvrir le jet de coussins, sport national ici. En effet, pour témoigner de sa joie le public de Fourvière a pour tradition de jeter son coussin (donné préalablement à l’entrée). J’avais lu que ce geste était devenu trop prémédité par le public pour que sa signification ait encore tout son sens. Mais il n’en fut rien, devant l’intensité d’un tel morceau, d’un Jonsí de plus en plus « possédé », on ne peut qu’euphoriquement se lever pour applaudir en y voyant les premiers coussins voler, alors que le concert est pourtant loin d’être fini.

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Après cela, ils viendront réinterpréter 3 titres avant le rappel. La setlist est d’ailleurs ici. Inutile de vous répéter à quel point chaque morceau est génial. Allez, si… Sur Festival on se régale notamment de la voix de Jonsí, de la note tenue une éternité dans un silence de cathédrale. Le silence, une chose d’ailleurs fortement appréciable ce soir. Un public silencieux jusqu’à la toute dernière note de chaque chanson.

Avant cela, il y’avait Kveikur, grand moment aussi que vous pouvez regarder ci-dessous en Full HD comme de nombreuses autres chansons, si vous en voulez encore plus.

Le concert se finira par deux chansons en rappel : Svefngenglar et Popplagið. C’est une habitude vieille de plusieurs années de terminer par ce morceau mais cela fait toujours autant son effet. On ira quand même pas se plaindre d’un final de 14 minutes. Quel moment! Jonsí en fera même tomber l’une des trentaines loupiotes disséminées sur la scène.

Le groupe viendra nous saluera une première fois, avant de revenir une seconde fois nous saluer, et s’amuser en tentant de repousser le maximum de coussins dominant de plus en plus la scène. La communion entre le groupe et le public est réelle. Devant ces moments, on ne peut que se dire que le Théatre de Fourvière est un lieu à part pour voir un artiste.

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Bien que la route soit longue, pourquoi pas y revenir très prochainement ? Pour un concert d’Arcade Fire ou The National… Allez, on verra ça l’an prochain.