Live Report de Beauregard Festival, Jour 3

FakearEn ce dernier jour de festival, on attend impatiemment The Hives, pour enfin outrepasser notre frustration de ne pas les avoir vu se produire dans la région nantaise. Mais on débute d’abord notre journée par Fakear, du trip-hop / electro qui retiendra encore moins mon attention que le groupe caennais de la veille.

On se bouge alors pour voir Juveniles avec la certitude cette fois-ci d’y voir de la qualité puisque j’avais déjà fortement apprécié l’electro-pop de ses rennais à Dour l’an dernier. Les revoir ici est l’occasion pour moi de découvrir les morceaux de leur premier album éponyme pour la première fois en live. Et d’après ce concert ça semble vraiment tout bon. Il va donc falloir jeter maintenant une oreille sur l’album studio. Et on hésitera pas non plus à les revoir si l’occasion se représente, peut-être dès ce mois-ci aux Vieilles Charrues.

La journée débute très bien puisqu’après Juveniles, ce sont aux flamands Balthazar de prendre place sur la scène B. Je vous en avais déjà parlé dans ce live-report à Stereolux, mon avis ne change pas après cette prestation à Beauregard. C’est magnifique et même indécemment parfait. Comme à Nantes, de la première à la dernière seconde, je suis submergé par la grâce qui touche ce groupe. Le mieux à faire pour vous, maintenant, c’est de revoir le concert ici. Et comme si la musique ne suffisait pas, ils sont tous magnifiques à voir sur scène. La preuve avec les photos ci-dessous. Je peux déjà le dire, Balthazar est mon concert préféré de ses deux jours.

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Olivia RuizAprès Balthazar, c’est au tour d’Olivia Ruiz. De la variété française ? Une gagnante de la Star Ac’ ? A priori on est censé s’en foutre et l’ignorer. Mais non, déjà parce que le bon goût de John Beauregard lui a fait choisir l’une des quelques chanteuses françaises pour lequel je n’ai absolument aucune antipathie gratuite. Et surtout parce qu’en live, bah finalement c’est  carrément cool! Les chansons que je découvrais tous mise à part les « singles » passés par les radios sont bons. On s’écarte aussi souvent de la variété pour tomber un peu plus dans le rock. Olivia Ruiz y met de son énergie sur scène pour nous livrer une prestation dynamique, en plus d’interagir à merveille avec le public, en toute simplicité et honnêteté. Et à la façon d’un Oxmo Puccino (avec qui elle a travaillé pour la chanson « Sur la route d’Amsterdam« ), les chansons ne sont pas lancées n’importe comment, on nous amène vers celles-ci avec des mots, si ce n’est pas de la poésie.

Après cette bonne surprise on doit malheureusement (car je le connais finalement que très peu) se contenter d’écouter de très loin Benjamin Biolay pour s’assurer les meilleures places pour The Hives.

The Hives est le groupe que j’attends le plus de la journée. Je n’ai jamais eu l’occasion de les voir avant en concert, mais les diverses vidéos et retransmissions de concerts sur Internet m’en ont déjà dit beaucoup. Je m’attends forcément à ce que ça envoie du lourd. Dès les premières secondes et jusqu’à la fin du concert, ça saute partout autour de moi, ça crie aussi bien sur scène que dans le public.  Mais je n’en sors pas convaincu, pas autant que je l’aurais espéré. Pourquoi ? Parce que sur une heure de show, bah finalement on a pas grand chose. Bon, déjà musicalement c’est quand même limité (on le savait déjà), certes c’est du « garage rock » mais apporter un peu de variété à leur musique ne serait un mal pour personne. Je préfère des groupes comme les Kaiser Chiefs qui font tout aussi bien le spectacle sans négliger pour autant la musique. Et outre cet aspect là, il y’a la répétitivité des interactions entre le groupe et le public : Déjà, on a le sentiment qu’Howlin’ Pelle prend 1/4 du concert pour nous parler. Et dire quoi ? Que le château de Beauregard leur appartient désormais (et nous le répéter) ou réclamer des applaudissements entre chaque chanson. Ah ça, ils ont beau être hyper sympa, ils savent jouer la montre nos suédois. Et pour moi cela fait perdre au concert une bonne partie de son authenticité. C’est beaucoup trop (bien) calibré pour susciter ma joie. Concert sans surprise. Bof.

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Le prochain groupe qu’on suivra de loin, c’est Skip The Use. Et là, je suis en revanche étonné. J’ai toujours pensé que c’était de la merde, sans m’y intéresser davantage. Mais en réalité, c’est bien pire! Rien à voir avec leurs copains Shaka Ponk, Skip The Use c’est bien plus mauvais. Mais l’ironie de l’histoire c’est que le chanteur est malgré tout moins désagréable quand il chante que quand il parle. Cette voix… Bon, en tout cas de ce que j’en constate ce groupe est monstrueusement populaire. Triste.

Nick CaveNick CaveAprès ce petit écart, Beauregard revient à la musique avec Nick Cave & The Bad Seeds. Pour être franc, je ne connaissais que très peu Nick Cave : Le dernier album uniquement et peut-être quelques singles. A l’origine je m’attendais à quelque chose de semblable à Tindersticks et j’ai donc été étonné de voir que ce n’était pas tant posé que cela. Leur prestation fut quand même assez dingue avec pour le plus marquant cette facilité qu’à Nick Cave pour captiver les gens, échanger avec le public, vivre intensément sa musique. A de nombreuses reprises, il vient ainsi chanter devant les premiers rangs. Par exemple, dans l’un des moments forts du concert il passe plusieurs minutes main dans la main d’un spectateur (qui connait la chanson par coeur), yeux dans les yeux. Et ces moments ne sont pas rares et vont particulièrement de pair avec sa voix extrêmement touchante. Mes regrets du concert, je ne les dois alors qu’à moi-même : Celui de ne pas connaitre la discographie des australiens, et pas plus de comprendre suffisamment bien l’anglais pour être encore davantage touché par leur prestation. Mais oui, clairement, une très grosse performance de leur part.

Dead Can DanceAprès le rappel de Nick Cave & The Bad Seeds, on file manger et boire avant d’aller regarder de loin Dead Can Dance car il est difficile de se rapprocher plus, la scène B étant assez surpeuplé. Cette journée semble en effet avoir eu un meilleur succès que la précédente au vue de l’impossibilité de facilement rejoindre les premiers rangs à partir de Benjamin Bioay. Pour en revenir à notre duo étonnant il se compose de la chanteuse contralto Lisa Gerrard et du baryton Brendan Perry. Leur genre musical est assez inclassifiable (cold-wave, dark-wave), un groupe comme Sigur Ros en tire peut-être quelques inspirations. En tout cas, ça m’a bien donné envie de me plonger dans leur discographie. Le retour jusqu’à à la voiture se fera d’ailleurs au son de leur musique. Une petite urgence (cheville cassé d’un pote pendant The Hives) m’oblige en effet à retourner à la voiture avant la fin du concert. Pendant que je m’en vais, d’autres se rendent pour la première fois de la journée dans Beauregard, pour C2C

Avant de conclure par mes meilleurs concerts de mes deux jours, petit retour sur les qualités et défauts de Beauregard pour ma première venue ici : J’ai trouvé l’organisation très bonne avec des concerts bien réparties sur les deux scènes, nous laissant toujours le temps d’aller de l’une à l’autre tout en se plaçant bien sans rien rater des concerts (Rock en Seine m’entends-tu ?). Autre avantage, celui des concerts qui finissent tard (Rock en Seine, m’entends-tu ?) : Miles Kane à 2h00 du matin pour s’éviter les groupies, petit plaisir. Parce que les jeunes, c’est effectivement le seul vrai défaut du festival (en témoigne mon récit du concert de Bloc Party). A croire que la région offrait un Pass à tout nouveau bachelier. Sinon, je salue le fait de proposer 2×50 cl d’eau pour 3€. C’est de plus en plus rare d’avoir la possibilité de se déshydrater en festival sans pour autant se faire voler. Maintenant, il faudra être capable de reproduire des programmations de cette qualité, ce qui est loin d’être acquis quand on ne propose que deux scènes et donc qu’on s’autorise peu le droit à l’erreur. Dans tout les cas, je suivrais de près les annonces de ce festival l’an prochain.

Et donc, un rapide Top de mes concerts préférés : Balthazar et Oxmo Puccino que j’avais tous deux en salle ont encore une fois été parfait du début à la fin. Les surprises ne pouvaient pas être nombreuses comme une bonne majorité des groupes avaient déjà été vu, donc je retiendrais Olivia Ruiz! Prestation pleine, setlist bien variée avec nul besoin d’aimer la variété pour apprécier, une bonne interactivité avec le public, beaucoup de sourires, un peu d’humour, très bon moment.  La déception, c’est sans aucun doute The Hives puisque j’en attendais de toute façon rien des Smashing Pumpkins.