Live Report de Beauregard Festival, Jour 2

Pour débuter ma saison des festivals, mes yeux se sont tournés vers le festival Beauregard qui pour sa cinquième édition nous a concocté une programmation plutôt attirante, sans aucun doute la meilleure depuis l’existence du festival. Pour le reste, les quelques heures de routes auront suffit à me convaincre de faire ce court déplacement samedi et dimanche.

Shake Shake GoOn découvre tranquillement le festival avec l’indie-pop des anglais Shake Shake Go en fond sonore, avant de se poser devant Gablé, un groupe caennais proposant une musique expérimentale vraiment étrange comme peut en témoigner cette chanson (qui n’est déjà pas la plus abstraite). L’expérimentation a ses limites et je n’en suis pas sorti convaincu pour plus de 2/3 titres.

Rover

On se dirige alors sur la scène B pour écouter Rover avec sa voix puissante et fragile, aussi à l’aise dans les graves que les aigus. Pas de coup de coeur mais tout comme pour son premier album on ne peut que reconnaître la qualité de sa voix pénétrante et du romantisme de ses chansons.

Ce samedi débutera réellement par le concert d’Oxmo Puccino. Bien qu’il soit le seul artiste Hip-Hop des 3 jours, ses admirateurs sont étonnement nombreux. Ici, pas de mise en scène (absence du trône de sa tournée « Roi sans Carrosse ») mais pour le reste la qualité du live reste inchangé : Oxmo Puccino fait lever les foules en interprétant le meilleur de son répertoire ainsi qu’en nous offrant un quart d’heure américain où il reprend 3 instrumentales de Dr. Dre (Still Dre, In da Club et avec moins de certitude Lose Yourself). Ce qui me plait toujours autant dans ses concerts, ce sont également chacune des introductions en poésie qu’il fait avant de débuter un morceau, ce qui crée un lien logique entre les chansons. Seul regret mais l’ambiance festival l’y contraint : Le classique mais triste « l’Enfant Seul » n’a pas été joué.

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MaccabeesAprès Oxmo Puccino, retour au rock indé avec The Maccabees qu’on est bien heureux de voir aujourd’hui, eux qui sont si peu présents en France comme ils ne manqueront eux-même pas de souligner. Pourtant ce concert prouve que le public français est réceptif. Si leur dernier album a reçu des critiques mitigées cela ne les a pas empêché le succès commercial puisqu’il a atteint la quatrième place des charts UK à sa sortie. Pour ma part, l’album tout comme ce concert m’a plutôt satisfait malgré une certaine redondance dans leur répertoire qui m’empêche de les hisser à niveau de Fanfarlo ou Bombay Bicycle Club.

Jake BuggOn continue dans cette soirée très anglo-saxonne avec l’un des artistes anglais dont on a beaucoup entendu parlé ces derniers temps et rapidement comparé aux meilleurs comme Bob Dylan : C’est évidemment Jake Bugg. Bien que je n’ai été sous son charme à cause de sa voix qui m’est irritante je suis resté attentif à son concert. Mon avis ne changera pas vraiment même si il faut reconnaître que sa folk nous renvoie cette sensation agréable de se retrouver à parcourir le Texas en voiture (ou à cheval si vous préférez). J’ai surtout apprécié les deux derniers morceaux, à savoir Lightning Boy et  My My, Hey Hey, reprise de Neil Young qui m’a immédiatement renvoyé à l’ambiance de la série Sons Of Anarchy. Donc forcément, ça m’a fait plaisir que ce superbe morceau soit repris. De votre côté, vous pouvez toujours revoir ce concert ici.

Folk toujours avec le même succès public : Ce sont les Lumineers qui arrivaient ensuite sur la scène B. On a suivi ça de loin mais on a pu s’étonner de voir le single vendu à plus d’un million d’exemplaires Ho Hey sortir dès le début de leur setlist (en 4ème position à priori). Quand les premières notes ont débuté, nombreux sont ceux à s’être pressés pour la voir, avant qu’encore plus de monde reparte sitôt le morceau fini. Ou l’impression d’être un groupe qui n’existe que pour une chanson, ce qui ne dit pas pour autant si l’album est mauvais ou non. Je comptais me faire un avis à Beauregard, finalement il me faudra toujours passer par l’album.

Kele de Bloc PartyMais si les gens sont aussi vite partis, c’est également parce que Bloc Party était très attendu sur la scène principale. Le concert a débuté dans une ambiance ridicule. Pendant les 15 premières minutes les récents bacheliers (ou plus jeune encore) peuplant nocivement ce festival pogotaient sans raison non stop à un point où la musique aurait pu s’arrêter qu’ils auraient continué… déjà qu’on entendait pas grand chose du leader Kele. Ça s’est amélioré par la suite, l’occasion pour moi de comparer à leur concert de Rock en Seine 2012 et me confirmer qu’il est malgré tout plus agréable de vivre des concerts sur les scènes de Beauregard que sur la Grande Scène de ReS.

Après ça, on va se détendre devant la charmante Bat For Lashes (de son vrai nom Natasha Khan) et son univers onirique. On se laisse bercer par ses balades romantiques et planantes. Et c’est bien l’envie de la revoir à Pukkelpop qui plane sur moi.

The Smashing PumpkinsLe moment qui suit est (le) moins réjouissant (de la journée) : Le retour sur scène de The Smashing Pumpkins. Je connais peu le groupe et un seul album mais musicalement, c’est quelconque. L’envie ne semble même pas là, même celle de s’habiller avec un semblant de style pour Billy Corgan afin de sauver les apparences. L’interaction avec le public n’existe pas. Quant à la mise en scène, la diffusion d’images et vidéos sous forme d’une pyramide fait mieux que les animations sous Windows Media Player, mais pas vraiment plus.

Miles KaneOn ne tarde donc pas à quitter la scène, pour attendre Miles Kane sur la scène B. L’ayant déjà vu 2x je commence à le connaitre trop bien pour apprécier pleinement ses concerts bien que ce soit toujours un moment agréable. Autant j’avais apprécié et même adoré le premier album, autant pour son second album sorti cette année je n’ai vraiment pas été (encore?) conquis. En conséquence c’est surtout quand il jouait des morceaux du premier album – qui font à mon sens davantage participer et bouger le public – que j’ai profité du concert.

On a ensuite été terminer rapidement notre soirée devant Vitalic.