Live Report de The Eels + 1ères Parties @ Le Cargo, Caen

Après avoir vu pour la première fois Eels au Main Square Festival 2011, et devant la perfection de leur prestation, je m’étais promis de retourner les voir dès qu’ils se reproduiraient en France. Alors c’est sans hésiter que j’ai pris mes places pour le Trianon et Le Cargo. Je me demande d’ailleurs comment ils ont atterri ici, à Caen, mais qu’importe, je félicite en tout cas Le Cargo de les avoir fait venir ici (p-ê la plus petite salle de la tournée : approx. 938 places ?). Ce n’est pas que ce soit proche de chez moi, mais les plus de trois heures de routes les valent bien. D’autant plus que pourtant habitué à l’excellente salle de Stereolux à Nantes, j’ai trouvé Le Cargo au moins tout aussi bien.

Et pour que le déplacement le vaille encore un peu plus, on a en ce 12 Avril le droit à deux premières parties avant Eels : Puddles Pity Party & Nicole Atkins.

Commençons par Puddles Pity Party qui retiens facilement l’attention comme en témoignent les photos ci-dessous. Ce mime arrive dans la salle, semble t’il un peu perdu avec sa lanterne et une mallette pour l’accompagner. Il finit par trouver chemin jusqu’à la scène avant de se lancer dans des chansons tristes, rapidement rejoins par une femme en jupe avec un masque de singe. En tout cas, force est de constater que derrière ce maquillage se cache une voix forte et touchante. Il interprétera notamment My Heart Will Go On (Celine Dion en BO du Titanic) avec brio. Tandis que lui nous séduit par sa voix, sa partenaire fait le singe : Quelques gestes « obscènes » mais qui ne manquent pas d’en faire sourire, et des bananes jetées dans le public. Après une trentaine de minutes il repart comme il est arrivé : par la fosse. Mais nous les retrouverons un peu plus tard dans la soirée. Si vous voulez en découvrir un peu plus, je vous invite à aller sur sa page Facebook qui est ici. Il y’a aussi un court extrait vidéo .

L’autre première partie, c’est Nicole Atkins. On a une toujours une très belle voix devant nous, une voix qui nous vient du New Jersey et accompagnée de sa seule guitare pour nous jouer 30 minutes de son répertoire folk dont Cry Cry Cry. Agréable avant le groupe pour lequel nous sommes tous là. Ça mériterait d’être vu plus longtemps dans un contexte où toute l’attention lui serait réservée.

Il est environ 22 heures quand Mark Oliver Everett dit E arrive sur scène pour débuter les premières notes de Prizefighter avant que tout son groupe le rejoigne. On les retrouve tous affublés d’un survêtement de sport Adidas, ce qui a finalement son petit charme bien qu’en 2011 je les avais vu en costard sur-mesure, ce qui était nettement plus classe. Mais ce survêtement a un sens :  E et sa bande ne sont pas là pour chômer car c’est effectivement sur un rythme plutôt sportif que va se dérouler le concert. 1h30 de concert mais pas moins de 21 chansons qui s’enchaînent quand même assez rapidement. Evidemment, bien que l’accent soit mis sur son dernier album chroniqué ici-même on échappe pas à ces meilleures chansons dont celle qui semblait la plus attendue au vue des réactions : That Look You Give That Guy. La setlist complète est ici. On peut noter quelques covers et l’absence (pas si étonnante) de Novocaine For The Soul, son plus gros succès mais qui remonte à bien loin déjà. Cette setlist montre aussi à quel point le répertoire d’Eels est riche et varié, ce qui leur permet tout au long du concert d’alterner entre douceurs et morceaux bien plus « rentre-dedans ». Sans oublier les solos de batteries et j’en passe qui sont toujours aussi parfaits.

(Note : Les paragraphes qui suivent spoilent le déroulement du concert / la mise en scène)

Mais ce qui me frappe peut-être encore plus dans ce groupe, c’est l’osmose entre ces membres, une joie forcément communicative à toute la salle, conquise. E « danse » une fois telle une marionnette désarticulée, blague à plusieurs reprises sur quelques-uns de ces membres mais surtout réclame de nombreux câlins parfois en criant « GIVE ME A HUG ». Ainsi, il n’est pas rare qu’entre des chansons un câlin entre lui et un membre du groupe vienne se glisser. E y marque souvent une préférence pour The Chet (le guitariste à droite) qui le suit depuis 10 ans. Ils fêteront cet anniversaire devant nous en renouvelant leur voeux de fidélité. Tout comme la dernière fois que je les ai vu, on retrouve quelques passages volontairement ratés : Le batteur qui plein de bonne volonté s’essaye au chant (pour fêter l’union d’E et The Chet) mais de façon assez catastrophique, etc.

Comme la setlist l’indique, Eels ne sont pas avares en rappels. Si en général un rappel n’a rien d’étonnant  eux nous en offrent un avec originalité : Ainsi à la fin de leur second rappel les lumières se rallument, les gens commencent à partir, le staff range du matériel et après quelques minutes les voilà qui réapparaissent pour un dernier morceau, de quoi rendre fou de joie à la foule toujours présente. Mais ce n’est pas du goût de tout le monde, alors voilà que Puddles refait son apparition parmi le public puis sur scène avec un panneau « TAIS-TOI » pour nous dire de nous taire et faire déguerpir les membres d’Eels. Ce qu’ils feront après avoir fini leur morceau.

Pas certain qu’une conclusion s’impose car mes mots semblent assez claires mais faisons-là : C’était génial, comme au Main Square Festival 2011, et tout comme ça le sera pour ces deux dates au Trianon. Eels est peut-être bien le groupe, en terme de musicalité, le plus impressionnant qu’il m’ait été donné de voir en live (Ok, placez-y Sigur Ros aussi). Mais surtout ils sont tellement attachants comme aucun autre groupe…

Une âme généreuse a filmé une bonne partie de la soirée, avec un excellent son. Et c’est par ici. Merci à lui.