avril 04

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Yeah Yeah Yeahs – Mosquito

Garbage Pails KidsBien loin de tout troll je vais vous parler du dernier album des Yeah Yeah Yeahs : Mosquito. Je vais évidemment parler de l’album et comme vous vous en doutez peut-être autant, de la pochette de l’album. Si je n’ai guère plus apprécié que le reste de la sphère internet  » l’esthétisme  » de cette pochette, j’ai quand même cherché à comprendre ce qui a pu pousser le trio new-yorkais à un tel mauvais-goût. Car il y’a une raison à tout.

Pour la plus simple et sans rentrer dans des détails : On peut déjà expliquer en partie le côté décalé en le mettant en parallèle avec les prestations colorées et le brin de folie de Karen O, chanteuse du groupe. Pour le reste ? De quoi s’inspire t’elle ? Des propres mots de l’auteur Beomsik Shimbe Shim : D’une série de cartes à collectionner d’enfants pour le moins étrange du nom de « Garbage Pail Kids » (voir ci-dessus).

Mais rien qui jusque-là fasse un lien avec la musique, ce qui nous intéresse le plus. Il est bien difficile de s’imaginer à quoi peut ressembler l’album à partir de ce visuel. La chanson éponyme de l’album « Mosquito » est un début de réponse. Dans cette chanson Karen O nous oppresse entre autres de nombreux « Mosquito suck your blood », ce qui n’est pas sans me rappeler « Bombs Away » d’Eels sur la forme. Une comparaison totalement personnelle que j’explique par le rythme mais surtout ces paroles balancées à la face de l’auditeur sur un ton presque « agressif », mais ô combien captivant. Car il est bien difficile d’en décrocher une seule seconde. Un morceau qui à tout pour faire figure de second single d’autant plus que selon le groupe nous retrouverons les éléments de la pochette dans plusieurs clips. Il y a en effet la volonté de créer quelque chose de cohérent entre les clips et la pochette (propos de Shimbe Shim en Janvier 2013), d’où l’aspect 3D très détaillé.

Le premier clip pour Sacrilège ne fait pourtant aucune référence graphique au visuel (ont-ils fait marche arrière ?) mais on y retrouve le côté « effrayant » dans ce clip très cinématographique. Un très beau morceau, plus calme mais toujours envoûtant qui m’a un peu rappelé Cat Power. Ce qui est toujours un bon point venant de ma part.

Pour le reste de l’album – parce que je ne passerai pas en revue chaque chanson – on est globalement dans quelque chose qui veut se rapprocher de Fever To Tell.  Le groupe avait la volonté de retrouver le son lo-fi des débuts après s’en être écarté sur le(s) album(s) suivant(s) (j’avoue ne jamais avoir touché à « It’s Blitz« ). Ceci dit de mon humble avis cela reste plus épuré que leur premier album bien que cette sensation se perde un peu sur la seconde partie avec notamment le morceau le plus saturé de l’album : Area 52.

Sinon, une surprise s’est glissée dans l’album : Un featuring hip-hop avec Dr Octagon et une petite touche éléctro pour couronner le tout. Certains trouveront ça certainement déconcertant mais pour ma part j’ai bien aimé ce changement d’ambiance inattendu. Dans sa généralité, on se retrouve face à un album expérimental qui laisse assez contemplatif, une très belle réussite faisant suite à 4 années de silence. Maintenant, je leur laisse simplement le bénéfice du doute pour la pochette puisque selon Yeah Yeah Yeahs, elle prendra tout son sens quand les clips auront été dévoilés. Avec un album de si bonne qualité, je suis déjà tenté de les pardonner bien que je ne risque pas d’acheter le CD de si tôt.