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Au-delà des frontières avec CALEXICO

On avait un peu perdu de vue les membres de CALEXICO. Joey & John ont pris leur temps pour sortir ce septième album. Il faut dire que plusieurs évènements ont jalonné les quatre années qui viennent de s’écouler entre l’album « Carried To Dust » (2008) et « Algiers » : un déménagement pour John Convertino, de nombreuses participations à des bandes sons des films comme The Guard ou Circo, des collaborations musicales avec Nancy Sinatra ou Willie Nelson, les aléas de la vie entre-autre pour leur comparse de toujours Craig Schumacher (ingénieur du son).

Les musiciens ont eu besoin de changement. Cela a teinté les plages du nouvel album. C’est également la localisation de l’enregistrement en Louisiane et les voyages qui ont imprégné la texture americana et mexicaine du groupe de Tucson. Algiers, la sixième plage, est un quartier de La Nouvelle-Orléans marqué par l’ouragan Katrina. Joey Burns (chant, guitare) & John Convertino (batterie, percussion) se sont posés sur place pour enregistrer leur nouvelle production et capter les sensations des lieux. La musique cajun, le jazz ou le blues  se retrouvent en filigrane sur certains morceaux. On sent l’envie d’un son plus européen à l’avenir pour le tandem. Sur d’autres chansons, il y a la collision entre La Havane et le rock de CALEXICO. Une escapade antérieure à Cuba avec Amparo Sanchez a marqué le duo et s’invite musicalement dans le projet. L’incursion (cubaine) est soulignée par le piano et les cuivres sur Sinner In The Sea. Ce morceau a d’ailleurs débloqué la genèse d’« Algiers ». Il est un élément central de ce disque et se termine progressivement en rock 70’s soutenu par un orgue. Les paroles sont ornées d’émigrés à la recherche d’autres lieux, d’autres espaces (l’obsession des frontières pour John).

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Para marque également les esprits à l’écoute de cette nouvelle plaque. Ce morceau prend toute sa dimension (et son ascension) avec la voix claire de Joey Burns et des cuivres. Il a été écrit par Convertino sous l’emprise du film de Terrence Malick « The Tree Of Life » et raconte sa vision personnelle de ce qui l’a touché dans cette œuvre. Le fil cinématographique n’est jamais très loin avec CALEXICO. Algiers, morceau totalement instrumental, évoque le visuel du septième art. Des images défilent à l’écoute de la musique.

Si Other Lives nous a offert l’année passée un voyage à travers l’Oklahoma, CALEXICO de son côté continue de creuser le sillon de l’Arizona ; mais en s’ouvrant sur les portes du sud des États-Unis et en y intégrant un mélange d’influences européennes ou indigènes. Pour les afficionados du groupe, « Algiers » ne les marquera peut-être pas. Mais pour d’autres, il est une bonne façon de découvrir l’univers de CALEXICO et de nous laisser emporter par leurs productions. Nous signalons également le joli graphisme de la pochette du disque et l’excellent site web du groupe.

« Algiers » by CALEXICO – CITY Slang

Site web : http://www.casadecalexico.com/

Vidéo officielle de Splitter :