Live Report de Rock en Seine : Jour 2

Après une première journée assez inégale et avec de nombreux temps morts, j’en attends beaucoup plus de cette seconde journée. L’entrée franchie, on se dirige vers Speech Debelle qui a déjà débuté son set devant une foule très clairsemée. Visiblement, son Mercury Prize remporté en 2009 qui récompense le meilleur album de l’année en Angleterre ne lui aura pas suffit pour populariser sa musique auprès des festivaliers de Rock en Seine. Mais cela n’a rien d’étonnant puisqu’elle est presque l’unique représentante Hip-Hop sur ces trois jours de festival. Ce qui amène incontestablement à se demander quel est l’intérêt pour les festivaliers, et pour l’artiste-même d’être programmée à Rock en Seine. Car Speech Debelle doit pendant la majorité de son set faire avec un public peu nombreux, et pire : généralement assis. Nous n’attendons donc pas la fin de son set pour nous diriger vers le concert d’Of Monsters & Men.

Vue sur la Scène de la Cascade depuis la Grande Roue

C’est alors ma première belle découverte de Rock en Seine. Après Sigur Ros, c’est cet autre groupe islandais composé  de 7 membres qui nous régale en nous proposant une pop/folk radieuse, semble t’il influencée par Arcade Fire. Les membres n’ont d’ailleurs pratiquement pas besoin de demander au public de les accompagner en tapant dans les mains puisque les festivaliers s’y donnent à cœur joie sur la totalité ou presque de leur setlist. Mais si il fallait retenir une chose marquante dans ce groupe, ça serait la voix magnifique du chanteur et guitariste Ragnar « Raggi » Þórhallsson (vous retiendrez?) qui peut nous rappeler Justin Vernon, de Bon Iver.

Après cet agréable moment passé devant la grande scène, on profite

Le punk-rock de The Bots a séduit la scène Pression Live

du seul petit moment où nous n’avons pas à courir d’un bout à l’autre du festival pour prendre un peu de hauteur sur Rock en Seine et profiter de son paysage en faisant un tour sur la grande roue, avec en fond sonore Alberta Cross sur la scène de la Cascade. Car c’est aussi un peu cet esprit très détente, Rock en Seine…  Peu avant 17h35, on se dirige sur la scène Pression Live pour y voir les deux jeunes frères de The Bots. Si cette scène est la plus éloignée de toutes, elle a l’avantage qu’il n’est jamais bien difficile de se placer parmi les premiers rangs. On y sent un grand plaisir chez eux de jouer devant un public en nombre et qui se lancera  fréquemment dans des pogos. Il faut dire que le punk rock énergique de The Bots s’y prête bien et me rappelle The White Stripes ou plus récemment Hanni El Khatib. Etant donné l’âge de ces deux américains (14 & 18 ans), c’est très optimiste pour la suite de leur carrière que nous quittons la scène afin de ne pas rater dEUS, à pas loin d’une dizaine de minutes de marche..

Un sans faute pour dEUS sur la grande scène

On ne présente plus dEUS, l’un des plus grands groupes belges en activité qui démarrera son set en étant déjà au top et en interprétant notamment trois titres de Keep You Close (« Now », « Ghost », « Keep you Close ») ainsi que deux de leur dernier album dont le titre chanté en français « Quatre Mains ».  Malgré le plaisir que suscite leur prestation – mais toujours un peu gâché par la distance à laquelle on se trouve de la scène – je me dirige vers la Scène de la Cascade pour me retrouver sans problème dans les premiers rangs devant Temper Trap. Un choix que je ne regrette pas puisque ces derniers seront l’un de mes 3 concerts préférés du festival.

Prestation somme toute ordinaire avec Noel Gallagher

Avec hésitation, je quitte la scène à dix minutes de la fin pour essayer de ne pas trop mal me placer pour le retour de Noel Gallagher à Rock en Seine depuis sa séparation avec son frère en 2009, ici-même. De nombreux fans sont évidemment là pour lui. Et ils ne le verront bien que chanter puis qu’aujourd’hui Noel Gallagher est encore moins  bavard que d’accoutumée. Ou plutôt simplement comprendre qu’il n’enverra aucune « pique » envers Liam.  Si l’attendue Wonderwall ne sera pas jouée, 5 autres titres d’Oasis le seront. Le reste de la setlist étant bien évidemment des titres de son groupe Noel Gallagher’s High Flying Birds. Prévisible, d’autant plus sur la (trop) Grande Scène, la prestation de son groupe reste extrêmement lisse et n’apporte aucune plus value à l’album.

Je file alors voir Eagles Of Death Metal dont les prestations lives sont d’après les échos souvent bonnes. Toujours assez second degré, Jesse Hugues se présente avec un t-shirt « The Black Keys are my Brothers ». Il enflamme la foule en prenant la pose aux différents coins de la scène ou à coup de phrases subversives (ou pas) se composant principalement des mots « fucking » et « Rock’n’Roll ». Si l’objectif est simplement de mettre l’ambiance, c’est plutôt réussi mais la partie musique l’est malheureusement moins. Car il ne s’agit pas simplement de jouer fort ou de boire une pinte cul sec pour être du bon « Rock’n’Roll ». Quelque peu déçu, je reste malgré tout un peu en espérant que le tube Wanabee In LA tombe. Cela n’arrivera pas à temps puisque son t-shirt me rappelle qu’il est temps pour moi de me déplacer vers la Grande Scène pour les Black Keys.

Revoir la prestation live d’EODM à Rock en Seine

Je me faufile alors autant que possible parmi la masse de gens regroupés pour me placer au plus près de la scène avant le début des Black Keys. Et lorsque les Black Keys débutent leur set, c’est une nouvelle déception. Leur show est conformiste et bien moins bon qu’au Zenith de Paris en début d’année, même si le public jubile sans surprise devant le déferlement des tubes issues majoritairement de Brothers & El Camino. Peut-être est-ce la conséquence d’un faible intérêt des Black Keys pour les festivals, mais leur prestation nous montre bien qu’ils ne sont là que pour faire leur boulot, pas vraiment plus. Et je ne parle pas de « mettre l’ambiance », ils commencent à le faire d’ailleurs un peu trop bien… Mais surtout de jouer avec leurs « tripes ». Les sensations ne sont donc ainsi pas vraiment là ce soir. Je serai alors tenté de quitter la scène pour allez voir The Black Seeds, mais le mal est fait. En voulant trop bien me placer au début du concert, en ressortir pendant le concert me sera désormais impossible. Je reste donc jusqu’à la fin, très mitigé par la prestation de la seule tête d’affiche qui m’intéressait. Et qui n’a d’ailleurs pas vraiment l’allure d’une tête d’affiche puisque c’est après 1h08 de set qu’ils s’en vont..

Je me livre alors à une marche folle, puisque Mark Lanegan – celui que j’attendais le plus à Rock en Seine avec Sigur Ros – se produit à seulement 15 minutes d’intervalles avec la fin du concert des Black Keys. Il me faut donc ressortir de toute la  foule des premiers rangs, puis traverser tout Rock en Seine à toute vitesse. Si j’arrive bien à l’heure, c’est Lanegan qui n’y sera pas. Son set débute avec plus d’une dizaine de minutes de retard mais l’attente aura valu la peine. Casquette vissé sur la tête, de son flegme habituel mais de circonstance avec sa musique mélancolique Mark Lanegan interprète ces meilleurs chansons ainsi que 7 de celles de son dernier album Blues Funeral (lire ma chronique). Tout au long du set, il ne s’adressera au public qu’à quelques reprises en témoignant de timides remerciements. C’est une ambiance qu’on ne peut décrire facilement avec des mots, mais c’est en tout cas l’un des superbes moments de ce Rock en Seine même si j’aurai peut-être un reproche à faire sur le jeu de lumière fixe éclairant le Mark Lanegan Band d’une lumière orange sombre pas de mon goût. Son set fini, il est alors l’heure de quitter Rock en Seine.