Live Report de Dour 2012

Line Up de Dour Festival

DOUR  J-1

C’est au festival de Dour que moi et un ami avons décidé – au dernier moment – de nous rendre pour une première là-bas. C’est avec l’idée de se rendre à l’un des meilleurs festivals d’Europe que nous avons pris la route pour Dour (après avoir raté notre train). En effet, Dour a reçu de nombreuses distinctions ces dernières années dont celles de meilleur festival européen de taille moyenne en 2009 et de meilleur festival au monde des découvertes en 2012 (selon last.fm).

Tout d’abord, avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à signaler un certains abus chez la SNCF qui pourrait être utile aux festivaliers qui aimeraient s’y rendre en 2013 : En partant d’Amiens et en s’arrêtant à 15 minutes de Dour dans une gare belge (celle de Mons ou de St Ghislain), l’aller nous aurait couté une soixantaine d’euros là où il nous en a couté moins de 20€ en s’arrêtant en France, dès Valenciennes,  à trente minutes de Dour. Le choix fut donc vite fait pour nous : S’arrêter à Valenciennes puis préférer le covoiturage.

Avant de définitivement se rendre sur le site du festival pour 4 jours et 5 nuits, un arrêt dans les supermarchés les plus près s’impose : Dans ce « village » de 17 000 habitants qui ne semble vivre que de notre présence, c’est  dans un Lidl a un peu plus d’une dizaine de minutes à pied du site et dans un AD 1 km plus loin que les festivaliers s’approvisionnent, en boissons (beaucoup), en nourritures (un peu). Pour nous-mêmes et les autres, il reste toujours la solution du festishop, petit magasin monté pour l’occasion entre les campings et le site mais qui propose forcément moins de choix, et à des prix moins intéressant.

Si j’insiste sur ces moyens de se restaurer, c’est bien qu’une fois sur le site, comme dans la plupart des festivals, on en a peu pour son argent avec des stands qui bien que proposant plus de choix qu’ailleurs ne rendent pas véritablement hommage à la Belgique (même si les frites étaient bonnes). L’hommage se retrouvant davantage dans l’humour belge : Un sandwich américain sans viande ni frites (mais avec des tomates et une sauce à la con tartinée sur le pain), un « Pain Boudin » sans boudin mais avec une saucisse. Logique. Autre sujet fâchant (toute proportion gardée) : Les retraits. En effet, chaque retrait d’argent sur le site (de minimum 20€) , c’est 1€ de commission. Pas l’idéal, d’autant plus qu’avec les pickpockets on est guère incité aux gros retraits.

JOUR 1 (Black Box Revelation, Franz Ferdinand, Etc)

Bref, passons et intéressons-nous à la musique, mais ce juste après un détour météo. Si à notre arrivée la veille, Dour se composait encore d’herbes c’est dès la fin du premier jour que Dour se transformera en véritable champ de boue, n’épargnant ni le site ni le camping. Mais jamais cette boue allant parfois jusqu’à atteindre la hauteur des bottes le dernier jour ne désagrégera l’humeur des festivaliers. Ce  temps permettra même de rendre encore plus mémorables certains moments, comme ce concert sous un déluge de pluie de la tête d’affiche du premier jour Franz Ferdinand.

Mais bien avant Franz Ferdinand,  ma première journée débute sur la scène orientée rock du « Club Circuit Marquee » avec Juveniles. Un jeune groupe rennais talentueux connu pour son titre « We Are Young » qui lance d’une belle manière ce festival commencé un peu plus tôt sur cette même scène par le groupe Steak Number Eight. Avant les Black Box Revelation, c’est sans grandes attentes que je vais voir Nick Waterhouse (un chanteur crooner) puis Dan San, un groupe de folk aux belles mélodies dont j’ai apprécié l’album mais qui en live, ne m’enthousiasme pas particulièrement. A noter que le bassiste de Dan San est aussi dans le très bon projet « Pale Grey », dont l’écoute est suggérée.

La Last Arena, une scène trop grande pour les Black Box Revelation et nombreux autres artistes

Depuis, 19 heures est arrivé et les choses sérieuses commencent. Les Black Box Revelation entrent sur la Last Arena. Malheureusement, ce qui était l’une de mes plus gros attentes du festival devient l’une de mes plus grosses déceptions. Ce n’est probablement pas leurs  fautes mais plutôt celles des programmateurs ayant décidés de les programmer sur la scène principale, et la seule « ouverte ». En effet, la Last Arena, en dehors des têtes d’affiches (et encore..), dégage l’impression d’une scène bien trop grande et seulement de passage (inévitablement puisqu’elle est à l’entrée). Les gens l’écoutent de loin, la regardent  d’un œil,  en y dégustant leurs premières  frites. Bref, une scène trop grande pour la majorité des concerts qui y auront été programmé lors de ces 4 jours mais peut-être encore plus pour les Black Box qui ne se composent que de deux membres. Les faire jouer à cette heure-ci sur cette scène semble être aussi judicieux que The Kills dans un Stade de France en première partie de Metallica. C’est ma grosse déception de ce festival,  mon envie de les (re)voir demeure donc, mais cette fois-ci dans de meilleures conditions.

Les Great Mountain Fire ne manquent pas d’énergie sur scène

C’est en me redirigeant vers la Club Circuit Marquee que je vais tenter d’oublier cette déception, avec les excellents Great Mountain Fire. Et bien m’en prend puisque c’est  l’une des plus agréables prestations que je verrais de ce festival. Puis viens le dilemme entre Selah Sue & Shaka Ponk, programmés à la même horaire. Direction Shaka Ponk tout d’abord où très rapidement les pickpockets se régalent des poches des premiers rangs lors des pogos – dont les miennes. Une perte de 40€ – bien moins pire que pour d’autres – difficile à digérer et me poussant un peu plus à quitter Shaka Ponk pour aller voir Selah Sue sur la Last Arena. Pas de surprise avec Selah Sue que je vois une cinquième fois : Là encore, une scène trop grande pour sa musique et surtout toujours cette impression d’hypocrisie en voyant Selah Sue parler aux publics comme si elle suivait un prompteur : « Vous voulez quoi ? Je suis ici pour vous », phrase fétiche qu’elle répète à chaque concert  et dont les réponses n’ont aucunes conséquences sur sa setlist.

Plus fort que la pluie, Franz Ferdinand soulève Dour

Après une petite heure à l’écart de la musique (malgré Caribou), c’est l’heure de Franz Ferdinand, il est 23 heures. Je suis en t-shirt, il pleut des cordes mais Dour est enfin chaud. Car Franz Ferdinand assume la taille de la Last Arena, bien aidé par l’heure tardive et ses tubes, pour enfin enflammer le public plus que réceptif.  Qu’importe cette pluie qui ne cesse de tomber, qu’importe les diverses origines du public (français, belge, néerlandais, etc) :  La musique de Franz Ferdinand est universelle et tout le monde se mouille pour reprendre inlassablement ses refrains les plus célèbres  et autres « lalalala ». Le concert se finit, je ne le sais pas encore mais ça sera l’un des seuls concerts « valables » avec The Flaming Lips sur la Last Arena.

JOUR 2 (Klub de Loosers, Murkage, Hanni El Khatib, St Vincent, Dinosaur Jr, Etc)

15h30, la journée commence enfin sérieusement avec Klub de Loosers sur la scène « Dance-Hall ». Une fois n’est pas coutume après Black Box Revelation, c’est une grosse déception. La voix de Fuzati est incompréhensible,  à l’exception peut-être d’une chanson plus calme où Fuzati aura pris le soin de s’asseoir sur le sol. C’est fortement dommageable pour un groupe dont je trouve le seul intérêt dans les paroles. La faute est en partie dû aux balances, mais ce coup-ci le flow de Fuzati, déjà pas très bon sur album, m’a aussi déçu.  Je reste pourtant dubitatif car autour de moi les gens adorent, reprenant la majorité de ces textes. Et mon retour de Dour ne me fera que confirmer cette interrogation puisque d’autres personnes me diront avoir adoré, tandis que j’ai personnellement vu l’un des pires concerts de ma vie.

Les mancuniens de Murkage ont dynamité Dour avec un jeu de scène explosif

Suite à ce concert, on se dirige vers la Magic Soundsystem pour voir Murkage en action, un coup de cœur découvert dans la programmation de Dour avec le morceau . Murkage est un groupe difficile à décrire, qui allie aussi bien l’electro que le hip-hop. Si le mélange parait étrange et surtout rare, le moins que l’on puisse dire est que c’est très réussi. De plus, ces gars de Manchester (oui, ce n’est pas américain !) sont d’une énergie débordante et savent surchauffer une ambiance pourtant déjà chaude: Que cela soit en grimpant sur des amplis, en rejoignant les premiers rangs, en nous incitant à nous asseoir quelques instants ou en rejouant une seconde fois un même morceau, on ne s’ennuie jamais. A la fin, Murkage balance ces serviettes dans la foule. C’est sans refus que j’en récupère une pour ma première douche (chaude, la seule) de Dour, ma serviette n’ayant pas résisté à l’humidité dans ma tente. Cet aparté terminé, si je devais vous les comparer, sans comparer leur musique, je vous citerai « Breton ». Que ce soit en studio ou en live, ces deux groupes tout récents m’auront apporté le même plaisir dans leur concert, la même fraicheur dans leur musique. Et comme Murkage fait les choses bien, leur EP est gratuit sur leur site officiel. Profitez-en.

L’ambiance ne se calme qu’à peine puisque ce qui suit Murkage n’est autre qu’Hanni El Khatib dans « La Petite Maison de la Prairie », une scène à la programmation aussi réussi que la « Club Circuit Marquee » bien que plus calme, car positionnée à côté d’un des deux seuls espaces du site pour se poser tranquillement. Hanni El Khatib, je l’ai déjà vu il y’a quelques mois plutôt en concert et à l’époque j’avais trouvé que le rythme était assez décousu entre les chansons. Ce coup-ci, les temps morts se font plus courts et le musicien venu récemment s’ajouter à son duo (Hanni et son batteur) ne lui fait pas perdre de son efficacité, au contraire des critiques que j’ai pourtant lu sur ces nouveaux musiciens.

J’enchaine un peu plus tard avec Fanfarlo, sur la même scène. Plus calme, mais tout aussi bon avec un chanteur très à l’aise et bavard avec le public. Les ballons de baudruches sont d’ailleurs sorties par quelques personnes, de quoi amuser le public et donner un peu de couleur à ce concert. Un concert donc fortement appréciable pour un groupe qui si il n’atteint pas le niveau d’Arcade Fire reste de grande qualité.

Dinosaur Jr. s’endort sur scène. Il est alors un peu plus de 20h sur la Last Arena.

En attendant St Vincent sur cette même scène,  je me dirige sans trop de motivation vers la grande scène située à côté pour l’apparition de Dinosaur Jr (le tube « Feel The Pain », c’est eux). Ça tombe bien, Dinosaur Jr est semble t’il tout aussi motivé que moi. Pour faire dans les mauvais jeux de mots, on peut dire que ce groupe y porte bien son nom aujourd’hui tant l’énergie déployée sur scène de ces « dinosaures » de la musique est faible. On ne constate que peu d’engouement sur le visage usé et fatigué de Jay Mascis et c’est donc rapidement que j’en quitte les premiers rangs pour me préparer au concert de St Vincent.

St Vincent était en très grande forme

St Vincent, que dire ? Doux et puissant à la fois, c’est magnifique. Peu étonnant de la part de cette talentueuse multi-instrumentiste dont un homme dans le public n’a de cesse de répéter tout au long du concert que c’est la femme de sa vie. En fin de concert, déchainée et lâchant tout ce qu’elle a, St Vincent réalise une partie du rêve de cet homme en lui permettant de la toucher pendant son bain de foule au-dessus de celle-ci.

Il est 22 heures et j’erre déjà sans but dans Dour, la programmation du jour n’étant pas exceptionnelle. C’est donc une nouvelle fois sans engouement que je me redirige sur la Last Arena pour Ministry, un autre groupe « historique » composé de cinquantenaire mais loin d’être de mon gout.

JOUR 3  (BRNS, Destroyer, Bon Iver, Etc)

BRNS se fait plaisir et nous fait plaisir

Aujourd’hui,  il était hors de question de ne pas être à l’ouverture du site car ce n’est autre que BRNS qui ouvre la journée. BRNS, mon plus gros coup de cœur de 2012 avec Murkage et tout simplement le groupe qui m’impatientait le plus avec les Black Box. Il n’est que 13h20, et BRNS (prononcez « brains ») arrive donc sur scène. Leur prestation ne déçoit pas et se passe comme je l’imaginais : Avec cette même force qui caractérise Wu Lyf. Cette même sensation que chaque titre de la setlist est meilleur que le précédent.  Ce n’est que 40 minutes de concert, c’est court, mais c’est intense. Le public est heureux. BRNS tout autant. La complicité se sent dans le regard des membres de BRNS. Ils savent  que leur musique a et aura son public.  Et que dans quelques mois, BRNS aura pris un peu plus de poids. Moi, je n’ai plus qu’à attendre Rock en Seine pour les revoir, au moins une autre fois.

Se balader d’une scène à une autre est de plus en plus difficile avec cette boue de plus en plus profonde quand on est en basket mais nous avons de la chance grâce au positionnement intelligent des scènes à Dour. Car aujourd’hui, toute la programmation qui nous intéresse est sur cette même scène où BRNS vient de finir son set ainsi que sur la Last Arena, à quelques mètres de là. C’est donc au tour de Poliça dans une atmosphère reposante. On apprécie ce moment, tout simplement, en attendant la suite. La suite c’est justement Francois & The Atlas Mountains, un groupe dont j’entends parler depuis 2011 avec d’excellentes critiques qu’il me tardait un peu de voir bien que je n’ai bizarrement jamais écouté leur album avant ce concert. On écoute ce groupe avec un certain recul, mais ça me semble bon, une musique colorée, fraiche et dansante.

Faisant suite à François & The Atlas Mountains, The War on Drugs prend place dans « La Petite Maison dans la Prairie » pour une prestation de qualité mais sans que je lui trouve un charme particulier.  A 19h, il est l’heure de se déplacer – pas pour longtemps – vers la Last Arena avec Nada Surf. Ces derniers ne peuvent qu’inciter mon indifférence,  une prestation banale et sans énergie avec un tube « Always Love » survenant certainement un peu trop tard pour réveiller un tant soit peu la Last Arena.  On retourne dans la « Petite Maison dans la Prairie » pour quelque chose de plus intéressant : Destroyer. Découvert plus amplement lors du live de Coachella, la voix douce du chanteur est enivrante, d’autant plus avec ces 6 autres musiciens jouant entre autres de la trompette et du saxophone.

Il est 21h mais Bon Iver doit déjà jouer.. de plein jour. Ambiance.

Après Destroyer, c’est déjà l’heure de Bon Iver sur la Last Arena.  Il n’est que 21 heures et malheureusement Bon Iver ne se prête pas plus que les autres artistes que j’ai vu sur la Last Arena pour  ce genre d’ambiance. Mais gardons à l’esprit que nous sommes à un festival et qu’il est difficile de tout voir dans des conditions parfaites. On profite donc autant qu’on peut d’avoir Bon Iver en face de nous et quand ce concert passé relativement vite (seulement une heure) se finit, mon envie de le voir dans une ambiance plus intimiste demeure avec le  regret d’avoir une nouvelle fois constaté dans la programmation des festivals que ces groupes qui gagneraient à jouer de nuit sont souvent programmés tôt sans gêne.

JOUR 4 (Disiz, Baxter Dury, The Subways, The Flaming Lips, Etc)

Nos voisins écologistes

Jour 4. Ce jour tant attendu. Je pourrai dire ça car c’est le dernier jour, j’en aurai quelques bonnes raisons : Chaque nuit ou presque, il y’a des trombes d’eau. Nos affaires et nos sacs de couchage n’ont pas résisté à cette pluie et à l’humidité. Je n’ai donc depuis quelques jours déjà plus rien de secs pour dormir, ni même à porter pour la journée. La plupart de mes nuits se sont donc passées en tremblotant comme jamais, torse nu, dans un sac de couchage aux 3/4 trempé, et sous le bruit d’une pluie qui ne cessait jamais. Ce genre de conditions qui nous amène en se réveillant le matin à se poser cette question stupide qu’on ne s’était plus posée depuis nos 4 ans : « Mon boxer est tout trempé… J’ai pissé dans mon froc ou bien ? » mais presque pas si étonnante que cela tant la météo catastrophique nous empêchait de toute manière de sortir de la tente la nuit pour un besoin. C’est ainsi qu’à la question « vaut-il mieux sortir dehors pour pisser à 2 mètres de sa tente OU pisser dans son froc sans sortir de la tente ?», je n’aurai inévitablement jamais trouvé la bonne réponse, si tenté est qu’elle existait. Et dois-je vous parler des toilettes de Dour ? J’en ai ouverte qu’une seule, pour voir. Le papier toilettes dépassait de la cuvette elle-même. Sinon, en plus de tout ça, à l’exception de ma première douche, les douches étaient désormais devenus  froides bien que toujours payantes (2€). Insurmontable. Le rêve, n’est-ce pas ? Mais donc, ce n’est pas parce que je quitte bientôt tout cet inconfort que je suis heureux (Ok, un peu quand même) mais bien car la programmation est excellente. C’est un peu ce qui me maintiens en vie jusque-là. L’idée de pouvoir s’enchainer Givers, Chairlift, Disiz, Baxter Dury, The Subways, The Flaming Lips puis The Rapture me réjouit.

La charmante Tiffany Lamson, du groupe Givers

C’est donc sur la musique joyeuse des jeunes américains de Givers que la journée débute. Un autre groupe qui m’avait marqué lors de Coachella, aussi pour sa charmante musicienne du groupe (JE L’AVOUE !) s’occupant des percussions et du chant avec son petit ami leader du groupe.  Bon, ça serait inévitablement meilleur sous le soleil de Coachella mais tant pis. La journée commence malgré tout sous les meilleurs auspices puisqu’après l’excellent concert de Givers c’est Chairlift qui arrive. Chairlift assure, en douceur, douceur qui ne quittera pas cette scène jusqu’à The Subways. Pour rendre Chairlift encore un peu plus attachant, la musicienne de ce duo nous parle français, et l’avis mitigé que je m’étais fait de leur dernier album s’oublie peu à peu. Givers semble apprécier aussi, puisqu’en backstage, on y voit Tiffany & Taylor se prélasser et danser sur la musique de Chairlift.

A la fin de Chairlift, on change de registre pour rejoindre Disiz. Car c’est aussi ça, Dour : 7 scènes avec chacune un genre de prédilection. Tout le monde y trouve son bonheur. Et le mien se trouve donc en ce moment sur la « Magic Soundsystem ». Disiz est de retour dans le rap français, et au vue de sa forme affichée à Dour, on n’a aucuns soucis à se faire pour lui. Il chauffe le public en lui demandant de mettre une « putain » d’ambiance pour son retour, son DJ joue une seconde voix dans « Mon Amour » pour une interprétation des plus vivante, il divise la foule en deux sur le morceau « Moise » et j’en passe. Sa setlist se compose même de titres utilisant des samples non présent sur l’EP (mais en clip sur Youtube) tandis qu’un peu plus loin dans le concert il enchaine ces 5  « Bête de bombes » à la suite. Une grosse claque qui ne me donne qu’une envie : Très rapidement le retrouver en concert au cours de sa tournée.

Maintenant, place à cet amour de Baxter Dury. Son « Happy Soup ». Mon « Happy Soup ». D’une classe toujours absolu avec son costard cravate, Baxter Dury arrive sur scène avec un ceintre. D’un air amusé, il jettera un peu plus tard cet objet banal dont la foule semble stupidement s’intéresser.  Mais avant puis après cela, Baxter Dury interprète ses meilleurs titres dans une attitude toujours aussi décontracté et avec cette même grande complicité entre lui, la magnifique Madelein Hart et les deux autres membres de groupes. Entre les morceaux, parfois pendant, ils rigolent ensemble. Baxter Dury comme à son habitude présente sa bande, Madelein Hart y est décrite comme l’une des 7 merveilles du monde. Comment ne pas le croire ? Un autre musicien préfère lui se protéger des bêtises de Baxter Dury en allant s’accroupir et se cacher derrière un ampli tout en continuant à jouer le morceau. Ils ne semblent jamais se prendre au sérieux, mais ça ne les empêchent pas de nous livrer une prestation musicale  parfaite. A la fin du show, Baxter Dury rejoins les fans au premier rang pour quelques autographes et photos. Je n’irai pas, j’ai déjà ma photo (de groupie) avec lui. En définitive, Baxter Dury, c’est tout ce que l’on aime entendre. C’est tout ce que l’on aime voir. Et c’est aussi un peu ce que l’on aimerait être.

Rockeur ? Un métier à risque pour Billy Lun (The Subways)

Ma journée est déjà pleine de bon souvenir, mais elle n’en est qu’à la moitié. C’est au tour de The Subways de prendre possession de la Club Circuit Marquee. The Subways aime Dour. Et Dour les aime. The Subways ayant fait ses « classes » et obtenu une certaine reconnaissance lors de précédents passages à Dour. The Subways adopte l’attitude qu’on leur connait : Très joueur avec le public, Billy Lun n’hésite pas à à faire augmenter la température du public. Il n’aura cependant pas besoin de fournir beaucoup d’efforts  dans cette scène bondée pour eux. The Subways déroule leur  setlist en reprenant leurs bonnes habitudes : En nous demandant de s’asseoir un court instant ou encore en demandant à la foule de faire un « Circle Pit » (puis un second), et en nous faisant faire la « Ola », une Ola que le public, décidément trop heureux, continuera  seul. A plusieurs reprises, Billy & Charlotte remercieront ce public incroyable et « Rock n’Roll » en louant son courage,  allusion à cette boue qui nous suit partout. On les imagine sans mal être sincère au vue de l’ambiance surchauffée ici. Billy Lun est dans un état secondaire, il se fait emmener vers l’un des pivots de la scène par les fans. Grimpe sur celui-ci pour prendre quelques mètres de hauteur sur la foule avant de se jeter dans celle-ci. Le concert touche à sa fin. Il restera toujours Arte Live Web, qui rediffuse le concert, pour revivre ce moment.

The Flaming Lips est le 14 ème groupe à voir avant de mourir selon Q Magazine

Ralenti par la boue, on se dépêche tant bien que mal alors à rejoindre la scène principale avec The Flaming Lips qui a déjà débuté son set. The Flaming Lips, un groupe classé parmi les 50 à voir avant de mourir par le magazine américain Q, excusez du peu. Je m’attends donc à quelques surprises. Cela démarre doucement avec quelques jeunes invités à monter sur la scène suite à un concours réalisé au préalable sur internet. Le leader Wayne Coyne continue son set en entrant dans une gigantesque et étrange boule transparente avant de se faire rouler par-dessus le public. Un set que l’on retrouve agrémenté de vidéos sans grandes prétentions mais toujours divertissantes et en rythme avec les gestes de Wayne. Je découvre moi-même The Flaming Lips à cet instant présent, et c’est un coup de cœur. L’émotion se sent dans les chansons de Wayne Coyne, et ses mots. Il s’arrête d’ailleurs au cours de l’une de ces chansons pour apaiser une situation entre deux hommes proches de se battre. Un fait qui reste bien le seul à noter – en sus des pickpockets – lors de ces 5 jours de Dour Festival où la bonne ambiance a toujours régné.

Une fois de plus, quand le concert de The Flaming Lips touche à sa fin il faut déjà s’empresser de rejoindre la scène de The Rapture pour mon dernier grand moment à Dour. The Rapture y reprend une majorité des titres de leur dernier album « In The Grace Of Your Love » dans une ambiance toujours aussi bouillante. On aimerait que ce concert dure une éternité mais c’est impossible. Il est minuit et The Rapture doit quitter la scène.

Avant de quitter Dour, je vais faire un dernier tour sur la Magic Soundsystem pour y apercevoir C2C dont on me vante trop bien le talent autour de moi, d’autant plus qu’ils sont nantais. Mais après un EP moyen, selon moi, et une prestation totalement inintéressante quelques jours avant sur Canal Plus, je n’ai aucune envie d’insister. Alors je m’en vais, la tête pleine de souvenir, les chaussures pleines de boues pour ma dernière étape, sans conteste la plus compliquée de ces 5 nuits : Franchir le passage qui sépare le site du camping, sans glisser et m’étaler dans la boue qui cache d’énormes trous et qui a atteint aujourd’hui des records de profondeur.

On rejoint notre camping pour une dernière très courte nuit, la pire, avant de faire nos affaires en début de matinée. Récupérant ce qui peut être encore récupéré. Abandonnant ce qui ne peut l’être, comme nos sacs de couchage. Puis, 10 heures. Parking du festival de Dour. Un parking qui n’a pas vraiment mieux résisté à la boue que le camping.  C’est donc tel un Sébastien Loeb que je quitte Dour, poussant les rapports à leur paroxysme, braquant un coup le volant à gauche, un coup à droite, et ainsi de suite pour que la 106 ne s’empêtre pas dans cette maudite boue. Après quelques difficultés, nous voilà parti. Au revoir Dour. Et peut-être à l’année prochaine. Avec des bottes.